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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Zlatan Ibrahimovic, génial mercenaire


Dire que nous nous sommes ennuyés devant Milan – Barcelone serait un euphémisme. La faute à un Alessandro Nesta qui a parfaitement muselé Lionel Messi mais aussi à un Zlatan Ibrahimovic toujours aussi transparent en Ligue des Champions. S’il domine toujours la Série A, mercredi soir il a passé plus de temps hors jeu qu’à porter le danger sur le but de son ancien club.


« Van Persie : le plus gros melon du foot mondial » titraient nos confrères de So Foot dans leur numéro du mois de mars. Zlatan Ibrahimovic n’est certainement pas loin derrière son collègue hollandais. Si les deux joueurs ont en commun d’être des attaquants de génie ils ont aussi pour eux leurs sales caractères. Mais là où Van Perso est devenu Vantastic, Ibrahimovic brille toujours autant par ses coups de gueules que ses buts d’anthologie. Ok, le mec est champion national depuis 8 ans, avec 4 clubs différents dans 3 championnats différents. D’accord, il plante en moyenne 20 buts par an. Certes, au moins un de ses buts fait le tour de la planète chaque année. Mais qu’il est frustrant qu’un tel joueur se perde en pétages de plombs, nonchalance et inefficacité quand son équipe a le plus besoin de lui.

Auteur du plus beau but de l’histoire de l’Ajax

Dès ses débuts à Malmo, dans sa Suède natale, l’Europe flaire le futur crack. En 2000, Arsène Wenger tente de l’attirer à Londres mais veut le mettre à l’essai avant de l’intégrer à son équipe d’Arsenal. Réponse de l’intéressé : « Pas question. Zlatan ne passe pas de test ». Á 19 ans, le buteur affiche déjà une grande confiance et… parle déjà de lui à la troisième personne. C’est l’Ajax Amsterdam, autre club friand de jeunes joueurs prometteurs qui rafle la mise contre 8 millions d’euros un an plus tard. La première saison, Ibra finit tranquillement ses classes et découvre l’Eredivisie. Il s’offre le titre de champion et la deuxième saison découvre la Coupe d’Europe. L’Ajax s’extirpe des deux phases de poules de la Ligue des Champions et s’incline en ¼ face au Milan AC. Le géant suédois fait équipe avec d’autres glorieuses jeunes pousses. Rafael Van der Vaart, Andy van der Meyde et Steven Pienaar évoluent en soutien de Zlatan. Devant il forme la paire avec la future légende de l’Olympique de Marseille, l’Egyptien Mido. Sur le banc – au cas où – Wesley Sneijder et Jari Litmanen se tiennent prêts. Le club échoue à la seconde place du championnat, un point seulement derrière le PSV Eindhoven. Pour sa troisième et dernière saison aux Pays-Bas il remporte son deuxième titre de champion. Il se permet aussi de planter le plus beau but de l’histoire de l’Ajax. Face au NAC Breda il élimine six joueurs, met le gardien sur les fesses et marque d’un plat du pied gauche.

La Série B ? Pas question.

Arsène Wenger revient à la charge pour le recruter à l’été 2004, mais Ibra choisit la Juventus. A peine débarqué dans le Piémont, il relègue la légende du coin, Alessandro Del Piero, sur le banc et David Trezeguet à l’infirmerie. En tout cas en championnat où il marque 16 buts. En Ligue des Champions il laisse la vedette à ses deux coéquipiers et n’est pas capable de mettre le moindre but en 10 apparitions. La seconde saison, il n’inscrit que 7 buts mais se fait plus altruiste, participant au jeu et offrant quelques caviars à ses partenaires Bianconeri. Mais le Calciopoli éclate et la Juve est rétrogradée en Série B. Pas question pour Ibracadabra d’aller en D2. Avec Patrick Vieira ils signent à l’Inter Milan, seul gros club qui ne sera pas touché par le scandale des matchs truqués et qui récupère les deux titres qu’ils ont remporté avec la Juve. Rétroactivement, on découvre que l’Inter était impliqué mais le club n’est pas sanctionné car les faits sont prescrits. Pratique pour Ibra et Vieira qui en profitent pour remporter trois titres d’affilée avec les Nerazzurri. Zlatan s’affirme définitivement comme l’un des meilleurs attaquants au monde avec 69 buts en 3 ans. Il supplante Adriano dans le cœur des supporters.


Les folies de Guardiola

A l’été 2009, Josep Guardiola, l’entraîneur du Barça, qui en a marre de Samuel Eto’o l’échange à l’Inter avec 45 millions d’euros contre le géant suédois. Pep avait décidé de foirer son mercato cette année là. Outre le transfert au double de son prix d’Ibrahimovic, il recrute aussi Dmytro Chygrynskiy pour 25 millions. Les deux joueurs repartiront un an plus tard après une saison a moitié foirée en Catalogne. Ibra score pourtant 16 fois en 25 matchs de Liga et 21 buts toutes compétitions confondues. Il s’offre aussi le titre de champion mais ne se fera jamais au style de jeu barcelonais. Sa technique et son individualisme ne trouvent pas leur place dans le collectif huilé des Blaugrana. Son ego ne passe pas dans le vestiaire. La star au Barça c’est Messi. L’Inter vient même se qualifier au Camp Nou dans une ½ finale de Ligue des Champions restée célèbre. José Mourinho, l’entraîneur de son ancien club n’hésite pas à sacrifier Samuel Eto’o. Alors que l'Internazionale s'est imposée 3 buts à 1 à l'aller à San Siro, le buteur camerounais se retrouve quasiment arrière droit pour aider son équipe à défendre. Résultat : une défaite 1-0. Les Italiens éliminent les Espagnols et se qualifient pour la finale. Les Nerazzurri l'emporteront ensuite 2-0 face au Bayern. En 2008/2009, Ibra est à l’Inter et le Barça soulève la coupe aux grandes oreilles. En 2009/2010, c’est l’inverse. Le Suédois est tricard en Ligue des Champions. Son niveau plus que moyen en Coupe d’Europe n’y est peut-être pas étranger.

Retour à San Siro et renouveau de l’AC Milan

Peu importe, il ne se laisse pas démonter, retourne en Italie et devient le talisman du Milan AC. Prouvant que l’écusson d’un club n’a pour lui aucune importance, il démontre quand même une nouvelle fois toute l’étendue de son talent. Il redresse, presque à lui tout seul, un Milan AC qui vit désormais dans l’ombre de son voisin Interiste. Ibracadabra remporte son 8ème championnat national consécutif et permet aux Rossoneri de retrouver le sommet de la Série A pour la première fois depuis 2004. Il se signale aussi par son humour… qui n’amuse que lui. Á l’entraînement il se permet un high kick dans le dos de son coéquipier Rodney Strasser. Ce dernier se demande encore aujourd’hui ce qu’il a bien pu faire à Ibra pour mériter ça. Cette saison il mène l’attaque du Milan et profite du talent de l’imprévisible Kevin Prince Boateng pour planter 29 buts en 34 matchs toutes compétitions confondues. En Ligue des Champions – quand il ne passe pas son temps hors jeu – il trouve le temps d’en mettre 5 en 7 matchs. Après le match nul 0-0 à l’aller, il tient peut-être enfin sa chance de briller en Coupe d’Europe. Réponse mardi prochain… au Camp Nou.

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