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XI de Légende / Cafu (LD)


Au poste de latéral droit, il s’impose comme une évidence. Avec un palmarès à couper le souffle et une maitrise du poste totale que ce soit dans le registre défensif ou offensif, le brésilien Cafu mérite amplement sa place dans le XI de légende. Que ce soit au Brésil ou en Italie, il a toujours été indispensable dans ses équipes et il l’est également dans celle-ci.


Des débuts en fanfare

XI de Légende / Cafu (LD)
Né le 7 juin 1970 à Sao Paulo dans une famille composée de six enfants, Marcos Evangelista de Moraes va débuter à jouer au football comme la plupart de ses compatriotes dans les favelas de la cité brésilienne. Il va évoluer dans plusieurs clubs de la ville plus ou moins importants durant sa jeunesse : le Nacional Atletico Clube, Portuguesa ou encore Itaquaquecetuba. En parallèle, il jouera aussi quelques années au futsal, sport très réputé aussi au Brésil et qui aide à travailler la technique de façon très poussée. A la fin des années 1980, il a de nombreux courtisans qui viennent de toute la ville pour s’arracher la jeune pépite. Mais alors que des clubs comme l’Atletico Mineiro ou les Corinthias s’intéressent à lui, il optera pour le Sao Paulo FC. Un choix qui se révélera être très judicieux.

Lorsqu’il débarque dans ce qui est l’un des clubs les plus populaires du pays, Sao Paulo est au sommet du football brésilien. Après avoir débuté avec les équipes de jeune, son endurance et sa capacité à se projeter vers l’avant vont lui permettre d’intégrer l’équipe première et de rapidement en devenir un titulaire. C’est à ce moment que Marcos va devenir Cafu, en référence à l’ancien ailier supersonique Cafuringa. Pour sa première saison en 1989, il remporte un championnat Paulista. Mais c’est au tournant des années 1990 que sa carrière va se lancer pour ne plus jamais s’arrêter.

En 1990 et après une mauvaise saison, Sao Paulo décide de changer d’entraineur et fait venir sur le banc Telê Santana, coach de la sélection brésilienne des années 1980, connu pour être des losers mais qui reste malgré tout la plus belle équipe qu’est connue la seleçao dans son histoire autour d’esthètes comme Zico ou Socrates. Santana est un apôtre du beau jeu porté sur l’offensif. Cafu va donc se régaler, tout comme son équipe. Jusqu’en 1994, il va être champion du Brésil mais aussi et surtout double vainqueur de la Copa Libertadores et de la Coupe Intercontinentale. Cette dernière sera remportée la première fois face au FC Barcelone de Cruyff et la deuxième face au Milan d’Arrigo Sacchi. Pour faire simple, les deux meilleures équipes européennes des années 1990. Ça vous place une équipe.

1994, un nouveau tournant

Entre-temps, Cafu n’a pas laissé indifférent le football brésilien en général. Ainsi, le 12 septembre 1990, il se voit offrir sa première sélection dans un amical face à l’Espagne. Ce sera le début d’une longue et riche histoire avec la seleçao. Si les premières années, il n’est pas vraiment un titulaire à part entière, il apparait régulièrement dans le onze et lorsqu’arrive le mondial aux Etats-Unis en 1994, il compte déjà une bonne vingtaine de sélections. Mais malgré cela, il aborde le mondial dans une position de remplaçant dans l’esprit du sélectionneur d’alors, Carlos Alberto Parreira, le mec qui se prendra un vent par notre Raymond national en Afrique du Sud seize ans plus tard. Comme tout le monde le sait, cette Coupe du Monde sur le sol américain fut certainement la plus chiante de l’histoire et ce Brésil là l’était aussi particulièrement. La folie offensive de Cafu n’était pas vraiment dans les plans de Parreira.

Mais en finale, face à l’Italie, le titulaire du poste Jorginho se blesse au bout de 22 minutes et Cafu fait donc son entrée en jeu. Si ce changement n’inversera pas la physionomie d’un match insipide, le latéral de Sao Paulo remportera sa première Coupe du Monde et s’imposera ce soir là comme titulaire au poste de latéral droit, surtout qu’après ce mondial au pays de l’Oncle Sam, Parreira quitte la sélection pour rallier la côte méditerranéenne et Valence. A la fin de cette même année, Cafu obtient un bon de sortie de la part de son club et tente l’aventure européenne juste après avoir été élu footballeur sud-américain de 1994.

Un court passage en Europe avant le retour au pays

Le latéral brésilien rejoint donc l’Espagne, là où l’attend un contrat au Real Saragosse. Il arrive dans une équipe au sommet de son art qui squatte la première partie de tableau de la Liga cette saison là. Si en championnat il dispute la quasi-totalité des rencontres, il ratera LE match de l’année et même peut être de l’histoire du club espagnol. En effet, engagé dans la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe, le Real parvient à se hisser en finale face aux anglais d’Arsenal. Mais pour la finale, c’est l’homme du cru né à Saragosse, Alberto Belsué qui lui est préféré. Cafu ne rentrera pas en jeu alors que son équipe l’emportera sur un lob totalement fou de Nayim sur David Seaman à la dernière minute de la prolongation. L’aventure espagnole va tourner court pour le brésilien, déçu de na pas voir pris part à cette finale. Il va donc rentrer au pays à l’été 1995.

Mais alors qu’il doit s’engager à Palmeiras, une clause l’en empêche. A son départ en Europe, le Sao Paulo FC s’était donc assuré qu’en cas de retour au Brésil, le joueur qu’il a formé n’évoluerait pas dans un autre club de la ville. Et Palmeiras est comme la plupart des grands clubs brésiliens situé dans cette ville. Bloqué par cette clause, il est donc transféré dans un autre club du pays, le Juventude de Caxias do Sul, situé totalement au sud du pays. Mais les choses vont se délier rapidement et au bout de quelques semaines seulement, Cafu peut rejoindre Palmeiras. Il va évoluer sous le maillot vert durant deux saisons. Deux saisons qui ne lui permettront pas de garnir son armoire à trophées mais par contre, il s’installera définitivement sur le flanc droit de la défense de la seleçao. A 27 ans, il est dans la force de l’âge et est le meilleur latéral brésilien et l’un des meilleurs du monde. Il va donc retourner en Europe et prouver que le meilleur joueur à ce poste là, c’est bien lui.

Le meilleur latéral droit du monde

Dès son arrivée, il devient l’un des éléments clé de sa nouvelle équipe, l’AS Roma. Avec le club romain, il titille les sommets durant ses premières saisons mais termine finalement toujours bredouille. Dans le même temps avec son Brésil, il participe à la Coupe du Monde 1998 où avec son pendant sur le flanc gauche, Roberto Carlos, il forme la moitié de la paire de latéraux la plus folle du moment. Mais malgré tout, ce Brésil tombera sur une Equipe de France euphorique en finale et après avoir connu le bonheur d’une victoire en finale quatre ans auparavant, il va connaitre cette fois-ci la déception. Au pire, il peut se consoler avec une Copa America remportée l’année précédente et une autre l’année suivante ce mondial sur le sol français.

Mais il va toucher la consécration avec la Roma. Au tournant des années 2000, les dirigeants romains effectuent un recrutement cinq étoiles pour la saison à venir avec les arrivées de Samuel, Zebina, Emerson et surtout de Gabriel Batistuta, alias « Batigoal ». Sous les ordres de Fabio Capello et dans un 3-5-2 ambitieux, Cafu évolue sur le côté droit du milieu de terrain. Un positionnement dans lequel il se régale. En effet, son endurance lui permet d’enchainer des allers-retours incessants entre la défense et l’attaque. Cette capacité hors du commun lui vaudra le surnom de Pendolino dans la boitte, en référence à un train connu pour effectuer le même type de trajet sur les rails que Cafu sur un terrain. Avec Samuel, Cafu, Candela, Nakata, Tommasi, Montella, Delvecchio , Totti ou Batistuta, cette équipe va ravir les fans d’ISS Pro Evolution mais va surtout permette au club romain d’aller chercher son premier (et dernier) titre de champion d’Italie depuis 1983. C’est à cette période là qu’il se permettre d’humilier d’une façon abusive un certain Pavel Nedved qui n’est pas n’importe qui avec…trois coups du sombrero à la suite ! Un chef d’œuvre encore dans la légende aujourd’hui. Les deux saisons suivantes, la Roma ne remportera rien et Cafu, âgé alors de 32 ans, quitte le navire après avoir connu une nouvelle consécration, mais sous le maillot auriverde.

En 2002, le Brésil parvient à se qualifier pour le mondial au Japon et en Corée du Sud, mais pas vraiment dans la facilité. Le latéral de la Roma est vivement critiqué, notamment par le renommé coach Vanderlei Luxemburgo. Mais ça, Cafu s’en tape et va répondre présent. Alors qu’Emerson était prévu capitaine, ce dernier se déboite l’épaule et doit déclarer forfait. Pour lui succéder au capitanat, Luiz Felipe Scolari décide de mettre le brassard sur le bras du latéral. Un choix judicieux. Le Brésil domine cette Coupe du Monde, notamment grâce à un Ronaldo en feu et Cafu soulève la Coupe du Monde dans la nuit de Yokohama et devient ainsi double champion du monde. De plus, il devient aussi le premier joueur de l’histoire à disputer trois finales de Coupe du Monde consécutivement. Autant dire que Cafu c’est du très lourd. Mais alors qu’il est dans la trentaine, il est loin d’avoir fini.

Milan pour finir en beauté

Après cinq ans dans la capitale italienne, il décide de rejoindre la capitale de la mode en ralliant le Milan AC, fraichement sacré champion d’Europe. Bien lui en aura pris puisqu’avec le club de ce bon vieux Silvio Berlusconi, Cafu va compléter son armoire à trophées. Dès sa première saison, il remporte son deuxième Scudetto après celui glané avec la Roma trois ans auparavant. L’année suivante, il passera tout près de la victoire en Ligue des Champions pour sa première finale. Malheureusement pour lui, il perdra la finale la plus folle de l’histoire aux tirs aux buts face à Liverpool après avoir mené 3-0 à la mi-temps ! En 2007, Milan aura sa revanche sur les reds en finale mais sans Cafu, blessé, et donc absent. Malgré tout, il aura grandement contribué au titre milanais avant d’arriver à ce stade de la compétition et est évidemment considéré comme champion d’Europe.

Une victoire après une année compliquée pour le football italien avec le scandale du Calciopoli mais aussi pour Cafu. Ce dernier connaitra un problème de passeport qui aurait pu lui valoir d’aller en taule, seulement quelques jours avant le début du mondial en Allemagne. En effet, il y a un quota de joueurs étrangers à respecter en Italie et en obtenant la double nationalité, on libère une place pour un autre joueur étranger. Sauf que pour Cafu et d’autres joueurs de Série A comme Dida, ces naturalisations ne se feront pas forcément dans les règles dictées par la loi. Finalement, il sera acquitté et n’aura plus de soucis avec la justice.

Il terminera donc sa carrière avec Milan de façon saccadée à cause des blessures et du poids de l’âge, surtout pour un joueur comme lui qui misait énormément sur une condition physique monstrueuse. Après une dernière saison avec le Milan AC en 2007-2008 avec même pas 20 matchs de disputés dans la saison, il met un terme à sa carrière à 38 ans après s’être forgé l’un des plus beau palmarès du football mondial et donné un rôle d’une importance encore plus forte au latéral dans une équipe.


Max Caze