Foutebol
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Le foot qui s'amuse à réfléchir


World War Z


Si vous avez envie de voir le film, ne lisez pas mon article. Je vais dévoiler la fin.


Ça s’appelle World War Z, c’est avec Brad Pitt de Marc Forster

World War Z
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Comme un écho, une résonance à ce souci face aux morts-vivants. Dont je parle parfois, cela revient à quelque chose d’essentiel.

Disons que nous revenons à une sorte de base.

Disons qu’il s’agit de cette chose qui s’appelle se défendre.

Tu sais cet outil qui manque à tant…

Discerner le bien du mal, déterminer des limites.

Distinguer le sain du malsain.

Une amie me dit : « Oui, mais il faut le faire avec tact. »

Quoi ? Mais ça dépend de qui t’attaque !

Oh, mon petit violeur, je te dégage, mais avec tact.

Du grand n’importe quoi.

Ce film parle de morts-vivants

World War Z
World War Z
De cette vague qui se répand sur terre. Ils sont ceux qui se jettent sur les autres pour les transformer en morts-vivants à leur tour. Classique, le vampire, le prédateur, le pervers… Les mots que vous voulez…

A l’opposé un homme. Qui a pour mission d’éradiquer la vague. En précisant qu’il ne choisit pas sa mission. Comme le philosophe-roi de Platon.

Il a un axiome : il faut être en mouvement car le mouvement est la vie. Concept qui soutient toute la médecine chinoise (mon petit Shiatsu)… Toute douleur venant de la stagnation…

Gerry bouge, il sait que le mouvement sauve. Il bouge, en restant centré.

La question n’est pas de se lamenter sur cette propagation, puis la recherche de la cause est vite abandonnée. La question est comment ne pas devenir mort-vivant à son tour.

Oasis contre désert.

Gerry trouve une solution.

Il s’agit de changer soi d’attitude, d’être soi dans autre chose, de comprendre ce qui ferai en sorte que le zombie ne t’attaque plus.

Le virologue a une vision de la vie… qui fait penser à ces combats entre le bien et le mal, ce qui semble fort n’est pas toujours si fort, regarde la faiblesse dans ce qui paraît fort. La manœuvre de la manipulation ne fonctionne plus une fois que le regard change, qu’on introduit autre chose, que celui-ci est démasqué.

Gerry bouge, observe, enregistre les données de son environnement, écoute, entend.

Centré, d’une douceur tranquille, ancré dans ses valeurs indétronâbles (ici, c’est la famille, ok c’est un film américain, tous les antiaméricains pourront dégommer le film facilement, ici n’est pas le propos.), Gerry relie les informations et laisse ainsi venir le pas de côté.

« Tout est là » Il s’agit de voir. Etre voyant, avoir la vision.

Pour faire le pas de côté. Sauver sa vie. Ses valeurs. Sa douceur. Son sain. Son sein.

Nettoyer le pathologique pourri qui fait tourner cette société. Le genre : « On est bien d’être mal ensemble. »

Sauf que… les justes sont.

Les vrais sont, il y a différentes ondes.


Une manipulation du Diable qui creuse la faille

World War Z
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Nous faire passer pour tous pareils au premier plan est une manipulation.

Une manipulation du Diable qui creuse la faille.

Va, dégage…

Je me protège du malin.

Si on a du commun et que je crois à la reliance, je suis pour l’unique de chacun.

Il n’y a pas de bourreau quand il n’y a pas de victime.

Le bourreau n’a de cesse que de t’expliquer que nous sommes dans le même panier.

Le changement de niveau 2 comme dit ce psychiatre si cher Watzlawick : "on ne tue pas les morts-vivants, on trouve l’axe pour qu’ils nous évitent."

On procède autrement.

Le vampire va vers ce qui est sain…

Alors pour déjouer son attaque, Gerry s’inocule une maladie. Les zombies ne le voient plus.

Extraordinaire !

Mon Dieu…

Je pense au conte de La jeune fille sans mains qui ne se lave plus pour que le Diable s’éloigne. Comme elle se couvre de boue pour l’éloigner.

Je pense à quand je tombe malade quand un vampire s’approche… Et en effet, ça l’éloigne.

Je n’avais pas compris que c’était un mécanisme de survie… Mais c’est exactement l’idée de Gerry et en plus, mon corps sait qu’il a la capacité de guérir. Alors il se met en mode camouflage…

Ca ne se réfléchit pas, ça se fait.

Se défaire d ’une idée comme ce dixième homme à Jérusalem.

Oui, les zombies existent.

Non, parfois il n’y a pas de tact à avoir.

Du tout.

Comme cette scène est forte : comment sortir du déni (nous les Juifs nous n’avons pas voulu croire aux camps, à ci ou ça et on s’est fait avoir…) avec un dixième homme qui croit en l’improbable. Puisque le mal n’a pas de limite. C’est juste en ça qu’il est le mal : il ne sait pas ce qu’est la limite.

T’as qu’à croire ; ça suffit les conneries.

Mon doux changement de niveau 2, comment te dire merci ?

Encore et encore.

Couper la main infectée, hurler dans l’avion, regard dans regard, s’accrocher au bastingage, traverser les enfers où l’autre te voit t’enfoncer avec cette jouissance perverse, qu’il aime voir ta beauté dont il est jaloux se faner, il a enfin du pouvoir sur quelque chose jusqu’au jour où tu bouges, enlever la barre métallique dans le ventre, se réveiller, y retourner jusqu’à la solution.

"Chaque personne sauvée est un zombi en moins"

World War Z
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« Faut bouger »

S’inoculer la maladie car tu sais qu’au bout du couloir, le vaccin t’attend.

Truander la nature du mal en déjouant.

Hop ! Pirouette !

Héros, héroïne, « le savoir est une arme » quand l’ignorance se répand, leur fameuse soumission dont ils sont fiers.

Les réminiscences d’Hannah Arendt : la capacité à penser, distinguer le bien du mal se faisant de plus en plus rare.

Moi, contrairement à mon ami, j’aime la fin du film où Gerry parle des différentes méthodes adoptés pour lutter contre les morts-vivants (vision d’Israël assez révélatrice… opposée à celle de Gerry)… Comme quoi nous avons tous une façon de faire. Chacun différente.

J’aime sa dernière phrase : « La guerre ne fait que commencer. »

Si, il y eut quelque chose à Hiroshima.

Le déni de la guerre de 14 a engendré la monstruosité de la seconde. Et regarde où nous en sommes aujourd’hui.

J’aime au-delà de tout celle-ci dite par le dixième homme : « chaque personne sauvée est un zombi en moins. »

Mais oui, prendre dans ses bras les petits traumatisés comme personne ne l’a fait avec moi pour éviter d’en faire des zombies.

Mais ne jamais croire que le mort-vivant veut vivre… C’est trop tard pour lui.

Nous ne sommes plus dans la vibration, on n’est pas dans les mêmes ondes.

Garder le meilleur pour traverser les rangées des zombies sans qu’ils nous voient.

Yeah !

Que le malsain ne nous calcule plus.

Viens, ma sœur, plongeons.

J’entends la voix de certains sur les Américains, je ne citerai personne…

J’ai souri. Pffff… CQFD

Marie Debray