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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Vers un krach européen du foot (2) ?


Premier signal concret d'un malaise profond : la première journée de Liga n'aura pas lieu ce week-end. En cause : le conflit opposant le syndicat des joueurs professionnels à la Ligue espagnole de football. Le problème des garanties financières n'est toujours pas résolu.


La première journée de Liga prévue ce week-end est reportée

En raison d’une grève des joueurs, ont annoncé le président de la Ligue de football professionnel (LFP) José Luis Astiazaran, et le syndicat des joueurs espagnols (AFE), en conférence de presse. "Nous avons mis sur la table aujourd’hui nos positions qui sont très éloignées et nous nous concentrons maintenant sur le fait de pouvoir sauver la deuxième journée de championnat".

C'est quoi le problème ?

Simple : les joueurs continuent de réclamer une garantie de paiement devant les nombreuses situations de salaires impayés dans plusieurs clubs très endettés, voire en cessation de paiement. Entre autres revendications, le syndicat réclame la possibilité pour les joueurs de rompre unilatéralement leur contrat en cas d’impayés sur trois mois consécutifs. Ce qui peut se comprendre assez facilement.

Cette information valide - si besoin était - ce que nous t'annoncions dès le mois de mars dernier dans un article - largement repris (notamment sur le FB du Canal Football Club de Canal) : Vers un krach européen du foot ?.


Fonds de garantie

La LFP (amusant, comme chez nous) avait décidé le 3 août dernier de créer jusqu’en 2015 un fonds pour garantir les dettes des clubs en cessation de paiement jusqu’à une limite de dix millions d’euros par saison, un montant que les joueurs jugent très largement insuffisant. "Nous demandons à la Ligue que soient assurés les salaires des joueurs, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Beaucoup de clubs espagnols, qui se sont déclarés en dépôt de bilan, ne paient pas leurs joueurs, et ce en toute impunité", avait déclaré mardi un porte-parole de l’AFE. Selon lui, plus de 200 joueurs seraient concernés dans les deux premières divisions espagnoles, et les impayés se monteraient aujourd'hui à 50 millions d’euros, soit 5 fois plus.

Concrètement, le syndicat des footballeurs exige l'élaboration d'une nouvelle convention dans laquelle les règles établies primeraient sur la loi de faillite actuellement en vigueur en Espagne, qui permet aux clubs de ne pas s'acquitter des dettes accumulées et gèle le paiement des arriérés. Un mal largement répandu en Espagne où 200 joueurs réclament près de 50 millions d'euros d'impayés et qui concernent de nombreux clubs, parmi lesquels Valence, le Racing Santander, Saragosse, le Betis Séville, Grenade ou le Rayo Vallecano, à la gestion calamito-hasardeuse.


"S'il le faut, il n'y aura pas de football en Espagne toute l'année",

Voilà ce qu'a assuré dans les médias espagnols Toté, joueur d'Hercules Alicante, alors que l'AFE avait initialement appelé à la grève pour les deux premières journées de première et deuxième divisions. Preuve que ce conflit va bien au-delà d'un simple petit coup de calcaire.


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