Foutebol
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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Ukraine, Blokhine a la pression


Etre le pays hôte d'une compétition internationale peut procurer un avantage. Mais également générer une pression supplémentaire pas toujours facile à supporter.


Seule la France

Si on s'en réfère aux statistiques, cette caractéristique se vérifie plutôt en coupe du monde. Pour deux raisons essentielles. La première édition a vu le jour en 1930 (contre 1960 pour l'Euro), l'autre étant de jouer sur son continent. Avant et après que le Brésil ne l'emporte en Suède en 1958, pas un Européen n'a gagné en Amérique (Nord ou Sud) et vice et versa. Exceptons le Brésil en 2002 (en Asie) et l'Espagne en 2010 (en Afrique). L'Euro n'a vu que trois représentants l'emporter à la maison depuis 1960. En sachant que quand l'Espagne et l'Italie sont sortis vainqueurs en 1964 et 1968, il n'y avait que quatre équipes en lice ! Seule la France en 1984 a réellement prouvé la véracité de cette thèse. Certes, un certain standing et niveau sont requis. On peut organiser un Euro en Albanie (sauf le respect que j'ai pour cette nation qui a tant souffert), il y a très peu de chances, sinon pas, que les coéquipiers de Lorik Cana ne soulèvent le trophée.

20 ans d'existence

Depuis 2000, il n'est plus rare de voir l'Euro organisé par deux pays conjointement. L'un à plus forte renommée pouvant (sportivement et économiquement) entraîner l'autre dans son sillage. Mais ne nous méprenons pas. La Pologne et l'Ukraine sont deux grandes nations de football. A sa décharge, la dernière a pour elle de n'avoir que vingt ans d'existence. Etat indépendant depuis la disparition de l'Union soviétique, elle a encore plus de mérite à s'en sortir. Mais elle reste le berceau de bien jolis talents, toutes générations confondues.

Le Dinamo Kiev en filigrane

Longtemps, et toujours aujourd'hui, l'Ukraine n'a dû son identité footballistique que par la notoriété du Dinamo Kiev. Pas moins de dix joueurs font partie intégrante pour cet Euro des 23 sélectionnés. Depuis quelques saisons, il est fortement concurrencé par le FC Shakhtar Donetsk. Des arguments suffisants pour permettre à l'équipe nationale de bien figurer ? Peut-être. L'équipe s'appuie sur quelques vieux briscards à qui on ne l'a fait plus (Andriy Chevtchenko, Anatoly Timochtchouk, Andreï Voronine, associés à la fougue et l'insouciance de pépites en devenir ( Yaroslav Rakitskiy, Andriy Yarmolenko). Comme nous le disait récemment le journaliste Bernard Lions, " Je vous rappelle au passage que l'Ukraine est le pays des trois ballons d'or (je vous laisse les chercher. Bien fait !).". On lui répond. Andriy Chevtchenko, en 2004, Igor Belanov en 1986, (je sais personne ne s'en souvient) et le sélectionneur actuel, l'illustre Oleg Blokhine (fils spirituel de Valeri Lobanovski, et pas seulement pour sa couperose...) , en 1975. Sur les épaules duquel aujourd'hui, la pression devient grandissante. Surtout après trois matchs de préparation totalement ratés !