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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Tout va à Volos pour le PSG en Europe


Une chance sur 75. C'était la probabilité improbable pour que le PSG tombe sur l'Olympiakos Volos et ses magouilles lors du tirage au sort du barrage de la Ligue Europa. Une main innocente qui vient rappeler quelques épisodes rocambolesques du club de la capitale en Coupe d'Europe.


Paris et la Coupe d'Europe, c'est une longue histoire d'amour. Vainqueur de la Coupe des coupes en 96, finaliste en 97, demi finaliste de la Ligue des champions en 95, demi-finaliste de la Coupe de l'UEFA en 93, le PSG a garni son tableau d'honneur et sa renommée sur le Vieux Continent. Mais il a aussi toujours eu la bonne idée de se fourrer dans des histoires improbables. Le tirage au sort du barrage de la Ligue Europa le 5 août est venu en ajouter une nouvelle à une liste déjà longue et délirante. La petite boule accolée au PSG ne pouvait pas être plus piquante : l'Olympiakos Volos, 5e du dernier championnat grec, rétrogradé en deuxième division le 28 juillet pour son implication dans une affaire de matches arrangés, tout comme Kavala. Une sorte de Calciopoli sauce Tzatiki avec aux manettes le sulfureux président de ce club qui accédait l'an passé pour la première fois à l'élite du foot grec. Ce bon Achilleos Beos, qui croupit actuellement en prison et qui a été interdit de stade à vie, a voulu aller trop vite dans ses rêves de grandeur substituant l'argent au temps de la construction. Et mettant un beau bordel dans l'organisation de l'Europa League. Ayant interjeté appel de la retrogradation, l'UEFA attend la décision de la commission grecque pour statuer. "Rien n'est encore décidé. Nous attendons la décision de la commission d'appel avant de prendre une décision", a déclaré une porte-parole de l'instance européenne, interrogée par l'AFP. Une instance qui a fait savoir le 5 août, après le tirage au sort, que cet appel suspensif demanderait du temps à être étudier.


Salade suisse et mic-mac roumain

Pas sûr qu'une décision tombe avant le 18 août, date prévue du match aller (retour le 25 août). Le PSG pourrait ainsi jouer un ou deux matches pour rien, gagner sur tapis vert ou encore se voir attribuer un autre adversaire. "Nous n'avons pris aucune décision", a sobrement commenté l'UEFA, qui traite l'affaire avec des pincettes. Une situation inextricable qui rappelle quelques (més)aventures du PSG en Coupe d'Europe. Comme le fameux épisode du match de barrage de Ligue des champions en 97, face au Steuea Bucarest. Les services administratifs du club alors dirigé par Canal avaient omis de jeter un coup d'oeil à un fax de l'UEFA leur signalant la suspension de Laurent Fournier au match aller. L'entraîneur auxerrois avait ainsi pris part à la défaite 3-2 de son équipe, transformée quelques jours plus tard en un 3-0 sur tapis vert. Une boulette incroyable qui avait offert un match de légende au retour avec une victoire 5-0 dans un Parc en transe avec un triplé de Raï et un Leonardo étincelant pour son dernier match à Paris.
La chaîne cryptée, avait encore une fois brouillé les pistes en 2001. Après une saison 2000-2001 finie dans le ventre mou de la Ligue 1, à la neuvième place, le PSG avait effectué un parcours long comme un jour sans pain pour valider son ticket en UEFA. Une qualification venue de nulle part dûe au refus des clubs espagnols de participer à la coupe Intertoto qui avait ouvert aux Parisiens le soupirail de cette défunte compétition champêtre.


Quand la légende croise la tragédie

Mais arrivé à la lumière, le PSG tombait encore sur un éclair du destin. Le Servette de Genève était qualifié pour la compétition. Pas fondamental en soi. Problème, le club suisse était également la propriété de Canal depuis 97 et son achat pour 34 millions de francs. Une acquisition qui faisait alors envisager à Michel Denisot une «synergie sportive» entre le PSG et le Servette. Son voeu allait être exaucé... mais vite effacé par la réalité des règlements de l'UEFA, interdisant à deux clubs appartenant au même groupe de concourir à la même compétition. Canal revendra à la va-vite le club suisse, le 8 août, un mois avant la rencontre que Paris disputera face au Rapide Bucarest.
Un adversaire écarté... sur tapis vert. Emmennés par Ronaldinho, les hommes de Fernandez n'avait pu aller au terme du match retour. Après un fade 0-0 à l'aller, le tableau d'affichage marquait 1-1 à la 115e minute lorsque le noir pris place dans l'antique stade roumain. Rupture de faisceau. Sûr de son fait et de la qualification le président de l'époque Laurent Perpère mit ses joueurs dans l'avion pour un retour express afin de « ne pas mettre en danger leur santé ». Avant qu'une demande du président du Rapid n'arrive sur le bureau de l'UEFA pour rejouer le match, s'appuyant sur un point de règlement qui stipule que le match doit être rejouer le lendemain dans ce cas de figure. La commission de l'instance européenne donnera finalement raison aux Parisiens, aucun générateur de secours n'étant disponible au stade.
Une sortie de secours qui n'avait pas suffit à aller plus loin que les 16e de finale mais qui avait nourri encore une fois la légende parisienne, qui se frottera cette année peut-être à la tragédie grecque. Un premier avertissement pour les Qataris, dont quelques unes de leurs mille et une nuits risquent d'être blanches avec le PSG.