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Thierry Henry, légende européenne et rêve américain


Qu’on se le dise, Thierry Henry n’est pas à la retraite. Certes il est parti aux Etats-Unis jouer sous les couleurs des New York Red Bulls. Mais il a prouvé à tous en 6 matchs avec les Gunners qu’il n’avait pas perdu son plat du pied. Pendant deux mois, la statue avait repris vie.



Les mauvaises langues ne retiendront que sa main face à l’Irlande. Les autres retiendront, au choix, ses 229 buts avec Arsenal, son statut de meilleur buteur de l’Equipe de France, ses plats du pied droit, la frappe sous la barre face à Manchester United et Fabien Barthez, son but à la Maradona ou Messi selon les époques face au Real Madrid… bref certains se rappelleront la formidable carrière de Thierry Henry.


La statue supersub

Mais avant de faire le bilan il faut rappeler que celle-ci n'est pas terminée. Son départ vers les Etats-Unis s’apparentait pourtant à une pré-retraite. Il quitte le FC Barcelone sur un second titre de champion d’Espagne et surtout l’Equipe de France après Knysna. Les New York Red Bulls l’engagent et il dit adieu à l’Europe. C’était jusqu’à cet hiver. Après deux échecs en play-off de Major League Soccer (MLS), le revoici à Arsenal. Il revient aider les Gunners, le temps d’un prêt de deux mois, pendant que Gervinho et Chamakh disputent la Coupe d’Afrique des Nations. Il marque 3 buts en 6 matchs. Avec son supersub, Arsenal remonte à la quatrième place de Premier League, et c’est lui qui qualifie les Gunners en Cup face à Leeds United. Contre Milan, malgré une passe lumineuse pour Van Persie, il a été aussi impuissant que ses coéquipiers. Le légendaire numéro 14, devenu le 12 pendant deux mois retourne aux States sur une dérouillée 4 buts à 0.


Henry – Wenger, le couple de toute une carrière

Avant cette expérience, Titi a voyagé de Clairefontaine à Monaco, puis Turin, Londres et Barcelone. Repéré par les recruteurs monégasques alors qu’il fait ses gammes à l’INF, il vient terminer sa formation en principauté et rencontre… Arsène Wenger. L’Alsacien le propulse en équipe première dès l’âge de 17 ans. Il n’en sortira plus. Il joue alors ailier gauche et apprend aux côtés de Sonny Anderson et Victor Ikpeba. Il est sélectionné pour la Coupe du Monde par Aimé Jacquet et rejoint ses coéquipiers Fabien Barthez, Lilian Thuram, Emmanuel Petit et David Trezeguet. Avec son compère franco-argentin ils explosent pendant cette saison. Titi finit même meilleur buteur des Bleus, avec 3 buts sur la route du titre mondial.

Il débute la saison 1998-1999 avec Monaco et la termine avec la Juventus. Transféré au mercato d’hiver il connaît son seul échec en club chez la Vieille Dame. Il marque 3 buts en 19 matchs mais Arsène Wenger ne l’a pas oublié. Entre temps devenu entraîneur des Gunners il cherche un successeur à Ian Wright. Il recrute alors l’ailier gauche pour en faire son buteur. Certainement l’une des meilleures décisions qu’il ait pris dans sa carrière.


Plat-du-pied-petit-filet-opposé

Personne ne s’en doute – sauf peut-être Wenger lui-même – mais il vient de recruter la légende du club et 12 ans plus tard une statue à son effigie sera construite à côté de l’Emirates Stadium. Au début il continue simplement à apprendre. Cette fois-ci c’est aux côtés de Denis Bergkamp. A l’entraînement il se frotte à Lee Dixon, Martin Keown et Tony Adams pour parfaire son jeu. Et il ne tarde pas à martyriser les défenses de Premier League. Il voit arriver et passer Wiltord, Pirès, Kanu, Adebayor. Il compose avec Ljungberg, Overmars puis Van Persie. Il bonifie les passes de Vieira, Gilberto Silva, Fabregas, ainsi que les centres d’Ashley Cole. En huit saisons il inscrit 226 buts, remporte deux championnats et trois FA Cup. A titre personnel il termine 4 fois meilleur buteur du championnat et frôle le ballon d’Or en 2003, terminant 2ème derrière Pavel Nedved. La Juventus ne lui aura vraiment pas réussi. En 2006 il échoue aussi, en troisième position derrière Cannavaro et Buffon. Un palmarès qui paraît presque faible tant il brille tout au long de son séjour londonien. La défense de Tottenham en pleure encore. Fabien Barthez se demande toujours comment Henry lui a mis cette frappe magistrale sous la barre. Ronaldo, Guti et Sergio Ramos veulent récupérer les reins qu’il leur a volés un soir de Coupe d’Europe à Santiago Bernabeu. Tous les gardiens de Premier League ont arrêté de compter combien de plat-du-pied-petit-filé-opposé ils ont encaissé. Il embrasse même la pelouse après avoir marqué un triplé pour le dernier match d’Arsenal dans son mythique stade d’Highbury. Seuls Barcelone et Victor Valdès l’empêchent de réaliser son rêve et brisent le cœur de milliers de supporters d’Arsenal. En 2005-2006, il marque ce fameux but contre le Real Madrid puis emmène ses Gunners en finale de la Ligue des Champions. Jens Lehmann se fait expulser. Robert Pirès est sacrifié par Wenger. Titi dépose un coup-franc sur la tête de Sol Campbell. Samuel Eto’o et Juliano Belletti crucifient Manuel Almunia. Ne restent que les mots de Giuly et Ronaldinho pour réconforter leur pote.



La Champion’s League, enfin

Thierry Henry à la surprise générale reste une saison de plus à Arsenal. Il marque son dernier but contre Wigan puis rejoint finalement le Barca. Son autre club de cœur et surtout celui le plus à même de lui faire remporter la Coupe aux Grandes Oreilles. Pari réussi deux ans plus tard. Il s’impose avec les Catalans – signe du destin – face à Manchester United. Le rival avec lequel il s’est le plus battu pendant ses huit ans Outre-Manche. On ne compte plus ses duels avec Paul Scholes, Gary Neville et Roy Keane. En Espagne il marque 49 buts en trois saisons sous les couleurs Blaugrana et termine meilleur buteur du Barca en 2008-2009. La saison suivante, il perd peu à peu sa place de titulaire au profit de Pedro et vit le calvaire des Bleus en Afrique du Sud. Thierry Henry décide alors de réaliser le rêve américain. Il confie se rendre régulièrement à New-York depuis 1996 et plutôt que d’aller profiter des pétrodollars du Golfe, il s’en va glaner des bons vieux dollars US. Il s’éclate sur les pelouses de MLS, profitant des caviars de l’autre ancien de Barcelone, Rafael Marquez. Ne lui reste plus qu’à remporter le championnat nord-américain. Avant une nouvelle pige l’hiver prochain à Arsenal ?

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