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Thiago Silva, clef du titre pour le PSG ?


La Ligue 1 démarre ce week-end et le PSG semble parti pour la survoler. Il devra, toutefois, composer sans l’une de ses recrues majeures. Thiago Silva, encore à Londres pour jouer la finale des JO avec le Brésil, pourrait lui manquer. Avant de s’affirmer comme le joueur clef de l’effectif parisien. Peut-être plus encore que Zlatan Ibrahimovic.



Et si, finalement, la recrue du PSG c’était lui ? Thiago Silva, le défenseur central brésilien arraché au Milan AC. Zlatan demeure, sans nul doute, l’un des meilleurs joueurs du monde mais celui qui dispute la finale des JO est vu par beaucoup comme un exemple de solidité et d’intelligence défensive. L’intelligence et la solidité. Deux qualités qui ont manqué au PSG la saison dernière pour éviter de se faire coiffer au poteau par Montpellier. Devant, c’était une explosion de créativité. La patte gauche de Nêné. La qualité de passe de Pastore. La crête blonde de Menez. Et ses dribbles aussi, ok. Au milieu, ce n’était déjà pas la même histoire. Motta et Sissoko suspendus tous les trois matchs il fallait trouver une autre solution. Bodmer l’éternel espoir ne se trouvait pas toujours au niveau. Matuidi a passé la moitié de la saison à l’infirmerie. Chantôme étant relégué au placard. Et que dire de la défense… Maxwell, comme tous les arrières latéraux de son pays pense à attaquer avant de défendre. Lugano ne brille que sous le maillot de l’Uruguay. Alex est, comme tout au long de sa carrière, lent et emprunté. Sakho a, tout simplement, connu une saison difficile. Seul Jallet et Camara ont surnagé dans l’arrière garde parisienne laissant bien souvent Sirigu seul à sa peine. Christophe Jallet vient même d’être nommé capitaine du PSG et fait partie de la liste de Didier Deschamps pour son premier match à la tête de l’Equipe de France.

Un premier échec en Europe

Alors, la vraie bonne pioche – si l’on peut encore parler de bonne pioche à ces prix là – sera peut-être Thiago Silva. Et dire qu’il n’avait même pas envie de venir. « J’avais clairement dit que je voulais finir mon contrat au Milan AC » déclare le joueur à son arrivée dans la capitale. Malgré la saignée dans l’effectif milanais, qui a aussi vu partir, entre autres, Seedorf, Gattuso, Nesta et Inzaghi, le défenseur brésilien était plutôt chaud pour rester. Mais il s’est fait une raison et le gros chèque des dirigeants parisiens valait plus aux yeux de Berlusconi que son joueur. Le sens du placement, l’agressivité, la qualité technique et de relance, de l’un des plus solides défenseurs au monde débarquent en Ligue 1. Nouvelle étape dans une carrière qui a véritablement démarré en 2006 avec Fluminense. Formé au club, il l’avait pourtant quitté en 2003 pour une saison avec le RS Futebol puis une seconde avec la Juventude qui lui permet de disputer ses premiers matchs en première division brésilienne. Dans la foulée, c’est le FC Porto qui vient le chercher mais ne lui fera pas jouer un seul match en équipe première. Il fait même l’objet d’un prêt au Dinamo Moscou, sans plus de succès.

Successeur de Paolo Maldini

De retour au pays après deux ans galères en Europe, il devient immédiatement titulaire avec son club formateur. Tantôt derrière, dans l’axe ou à droite, tantôt au milieu, à la récupération. En trois saisons, il se révèle aux yeux du monde et se stabilise en tant que défenseur central. Lors de sa deuxième saison il permet à Fluminense de se hisser à la troisième place du championnat. Il disputera lors de sa troisième et dernière saison au club la finale de la Copa Libertadores. Le club de Rio échoue face aux Equatoriens de Quito. Fin 2008, il se sent prêt pour un nouveau grand saut vers l’Europe et emporte dans ses valises la Coupe du Brésil. C’est le Milan AC qui attire dans ses filets l’énième brésilien à débarquer sur le vieux continent. Thiago Silva arrive au mercato d’hiver et doit attendre le début de la saison 2009-2010 pour débuter sous le maillot Rossoneri en raison de son statut d’extra-communautaire. Sa mission ? Succéder à Paolo Maldini. Rien que ça. Affublé du numéro 33, la légende étant partie avec son numéro 3, il va convaincre tout le monde en un rien de temps. Et donner un sacré coup de vieux à Alessandro Nesta. Á Milan, il n’y a désormais qu’une norme. Derrière, c’est Thiago et les autres. Nesta, Mexes, Kaladze, Bonera ou encore Yepes joueront avec lui ou ne joueront pas. C’est lui le patron, et puis c’est tout. Une stabilité qui permet au Milan de remporter le championnat en 2010, pour la première fois depuis 2004.

Á Paris, la règle sera la même. Il part, a priori, pour être associé à son compatriote Alex. Facile de deviner qui sautera si la paire ne donne pas satisfaction. Une situation qui ne convient pourtant pas à tout le monde. Mamadou Sakho, le chouchou du club issu du centre de formation aimerait être titulaire et semble toujours hésiter à rester. Pour Bisevac et Lugano, la question ne se pose pas. Ils seront relégués au second plan, que cela leur plaise ou non. En attaque, peut-être encore plus qu’en défense, se sera Zlatan et les autres.

Avec Thiago Silva derrière et Zlatan Ibrahimovic devant, il ne fait guère de doute que c’est désormais la vitrine de trophées du PSG qui va se remplir. Celle du Milan risque, elle, de prendre la poussière.