Foutebol
Foutebol
Le foot qui s'amuse à réfléchir


Sirigu du risque


Ce dimanche c’est Classico, enfin PSG-OM. Rémy face Hoarau. Ayew contre Ménez. Valbuena vs Nêne. Mais Marseille et Paris ce sont avant tout deux excellents gardiens et un duel entre la doublure d’Hugo Lloris en Equipe de France, Steve Mandanda et celle de Gigi Buffon en Equipe d’Italie, Salvatore Sirigu. Portrait du portiere de la capitale.



Applaudi dès ses premières foulées sur le gazon du Parc des princes par l’exigeant public parisien, l’ex parlermitano est pourtant arrivé avec le statut de recrue la moins attendue de l’imposant mercato made in Qatar. Tout le monde le voyait passer après Nicolas Douchez mais « l’italianisme » de Leonardo (5 joueurs venus de Serie A), et la blessure de l’ex gardien de Rennes ont propulsé Salvatore Sirigu en première ligne, à un poste ô combien difficile à tenir dans la capitale.


Un début de carrière à l’italienne

Quand un Buffon débute à tout juste 17 ans dans les rangs de Parme (avec la réussite qu’on lui connaît), Sirigu lui, à l’instar de nombreux jeunes joueurs italiens, écume les divisions inférieures. D’abord en Primavera avec l’US Palermo où il termine le championnat 2006/2007 avec la meilleure défense et accède aux demi-finales. En parallèle il est intégré en tant que troisième gardien de l’équipe fanion et dispute ses deux premiers matchs en pro. Un en Coupe d’Italie contre la Sampdoria, l'autre en Coupe UEFA contre le Fenerbahçe. Deux matchs soldés par deux défaites et 4 buts encaissés. Il connaît ensuite la série des prêts pour s’aguerrir, d’abord à Cremonese (Serie C) puis à Ancona (Serie B pour revenir poser ses gants sur le banc rosanero avec 34 matchs pour 46 buts pris.

Il débute sa première saison de Serie A dans la peau du remplaçant de Rubinho, mais les passages à vide contraignent Walter Zenga à titulariser Salvatore. Le baptême du feu intervient lors de la 7ème journée contre la Lazio, et le Sarde impressionne en sauvant plus d’une fois son équipe malgré un but encaissé. C’est le point de départ de son intégration définitive au sein du 11 titulaire, compilant 32 présences pour 39 buts encaissés. Son talent, et ses très bonnes performances en font un élément central de l’effectif palermitain. Il se voit offrir un nouveau contrat jusqu’à 2014 et une première convocation en Squadra Azzura. Il sera même dans les papiers de Lippi pour le mondial 2010, mais finalement exclu des 23 partants pour l’Afrique du Sud.


Une confirmation difficile

Il débute la saison 2010/2011 en tant que titulaire et réalise un excellent début d’exercice (gardien le mieux noté de Serie A pour le compte des matchs allers). Mais Palerme enchaîne 9 matchs d'affilée en encaissant au moins un but. Point d'orgue de cette série la terrible défaite 7-0 subie face à l’Udinese au stadio Renzo Barbera. Walterino (son surnom en référence à Zenga) est transpercé 4 fois par Alexis Sanchez et 3 fois par Antonio Di Natale.

Il est également au cours de la saison coupable de quelques bévues (fautes de main, dégagements ratés) qu’on ne lui connaissait pas jusqu’à présent. Il conclue une saison mi-figue mi-raisin avec 45 matchs et 74 buts pris, dont 62 en championnat. Palerme s'incline aussi en finale de coupe d’Italie face à l’Inter Milan. Profitant des forfaits conjugués de Buffon et Marchetti, Sirigu effectue malgré tout son premier match avec la Nazionale contre la Côte d’Ivoire. Avec cette défaite 1-0 il devient le 61ème gardien italien aligné dans un match international.

Un choix parisien atypique et surprenant

Gardien reconnu en Serie A, et vice-Buffon en équipe d’Italie, Sirigu pouvait aspirer à rester encore un peu dans les rangs de l’US Palermo pour ensuite se voir courtiser par un club plus huppé de Serie A. Mais pour une fois c’est lui qui prend tout le monde à contre-pied en débarquant, pour une somme de 3,9 millions d’euros. Il débarque au PSG dans l'ombre de la star annoncée Javier Pastore.

Titulaire dès le début du championnat, le natif de Luoro impose rapidement son style fait d’impressionnantes envolées et de réflexes sur sa ligne. Il prend en l’espace de quelques matchs la température de la Ligue 1 et s’impose comme le pion essentiel de l’effectif parisien. Celui qui est surnommé Salvatore Adamo par le vestiaire démontre un grand professionnalisme, maîtrise très rapidement le français (en autodidacte dans son hôtel), joue le justicier pour sa dulcinée et s’adapte aisément à son nouveau club et à sa nouvelle ville. Moins étincelant depuis quelques matchs, il aura un très grand rôle à jouer dimanche, pour s’imposer définitivement comme LA recrue parisienne, et mettre fin à la valse des gardiens du PSG.




Timothée Delprat