Foutebol
Foutebol
Le foot qui s'amuse à réfléchir


Schweinsteiger, Drogba, ces héros


Chelsea-Bayern en finale de la Ligue des champions, c'est le dernier pronostic qu'un parieur aurait osé. Et pourtant, au terme de deux demi-finales diamétralement opposées, c'est ce verdict qui est tombé.


Sans mental on est rien

Michel Platini avait dit un jour : "Le football est le seul sport où le plus fort n'est pas sûr de l'emporter." On en a eu la démonstration mardi et mercredi soir. Favoris, le Barça et le Real l'étaient à coup sûr. De part leur statut, et au vu des scores des matchs aller. Qu'avaient donc pu échafauder comme plan, les deux entraîneurs adverses ? Défendre à outrance et contrer pour Di Matteo. Tenir les 20 premières minutes et marquer du côté de Heynckes.

La beauté du foutebol, réside dans le fait qu'on peut tout imaginer, rien n'est censé se dérouler comme prévu. Au bout de 43 minutes, même le plus perspicace des devins, n'auraient pu prévoir que les londoniens allaient avoir à subir, un blessé, un expulsé et deux buts à remonter ! A Ce moment là, personne n'aurait misé le moindre cent sur une qualif' des potes de Drogba. Et pourtant. A force de hargne, d'abnégation, d'un peu de chance et beaucoup de courage, Chelsea réussira l'exploit. Au grand dam des puristes, mais le Foutebol c'est aussi ça...

Dans l'autre demi-finale, même si les débats semblaient plus équilibrés, Heynckes avait élaboré une autre tactique pour pouvoir jouer la finale dans son jardin. Tenir 20 minutes puis tenter de marquer. A priori réalisable. Un peu moins quand on est mené 2-0 au bout d'un quart d'heure. Le mental allemand ? Il a mainte fois fait ses preuves. Une fois encore, c'est lui qui va s'avérer déterminant. Pour conduire les Bavarois jusqu'à la cruelle séance de tirs au buts. De mémoire de la jeune femme que je suis, je ne me suis pas souvenu avoir vu des Allemands en perdre une. Mon père me le confirma en ajoutant trente années supplémentaires à ma trop jeune mémoire.

Manuel Neuer commença par détourner les tentatives de deux anciens ballon d'or ! J'y ai vu comme un signe. Et quand l'enfant du pays, Bastian Schweinsteiger s'élança pour frapper le pénalty qui pouvait envoyer les siens au paradis de l'Allianz Arena, le bleu de son regard en dit suffisamment long sur l'issue de sa tentative.
Alors Messieurs les Fouteboleurs, la technique, la tactique, le physique, ok.
Mais pour en arriver à déplacer de telles montagnes, il faut aussi avoir une solide paire de "cojones" !
Au risque de vous choquer...

Jenifer Lajoinie