Foutebol
Foutebol
Le foot qui s'amuse à réfléchir


Robin Van Persie, artilleur des Gunners


Avec 7 buts en 3 matchs de Premier League, le buteur néerlandais d’Arsenal n’est pas venu pour enfiler les perles. A tel point que les supporters des Gunners commencent enfin à voir en lui le successeur de Thierry Henry. Portrait de « Captain Vantastic ».



« Bang Persie », « Vantastic », les surnoms comme les superlatifs pleuvent sur Robin Van Persie. Doublé contre Sunderland, victoire 2-1. Doublé contre Stoke, victoire 3-1. Triplé contre Chelsea, victoire 5-3. Si Arsenal a rattrapé une partie de son retard en championnat avec 3 victoires en 3 matchs, il le doit quasi exclusivement à son capitaine-buteur. RVP est dans la forme de sa vie et seul CR7 l’a devancé au classement des buteurs européens en 2011. Il a marqué 29 buts en 28 matchs de Premier League sur l’année civile.

Après une année 2010 une nouvelle fois gâchée par les blessures, Van Persie se déchaîne dès le 22 janvier face à Wigan, en marquant le premier triplé de sa carrière en Angleterre. Rentré blessé du mondial Sud-Africain, il rate toute la première partie de saison et revient en janvier 2011 pour planter 18 buts sur les 19 dernières journées de championnat. Avec en point d’orgue sa frappe dans un angle impossible face à Valdès et le Barça en 1/8^ème de finale de Champion’s League. Même s’il prendra un carton rouge au retour…



Mertesacker et sa mobilité de scaphandrier

Une efficacité qui lui attire les louanges de tout le monde du football. Elle ravit Arsène Wenger qui préfère retenir en conférence de presse le potentiel offensif de son équipe plutôt que les performances calamiteuses de sa défense. « Des erreurs défensives comme celles que nous avons faites en première mi-temps, on peut s'en débarrasser. Mais si on n'avait pas de potentiel devant, ce serait plus difficile à résoudre », déclarait-il après la victoire face à Chelsea. Quand on y pense… Mertesacker et sa mobilité de scaphandrier. André Santos qui adresse la plupart de ses passes à l’adversaire. C’est vrai qu’on préfère oublier et mettre en valeur les attaquants.





De Van Perso à Vantastic

Mais avant de devenir le capitaine et guide des « baby-gunners », Van Persie était plutôt décrié pour son physique d’allumette et son caractère de chien. Blessé 13 mois sur 12, il faisait surtout regretter à Wenger les grandes choses qu’aurait pu faire Arsenal avec son attaquant de génie sur le terrain. Après avoir parié sur lui en 2004 pour en faire le successeur du magicien Denis Bergkamp, le technicien français a dû être patient. D’abord associé à Thierry Henry, le néerlandais apprend et plante une dizaine de buts par saison. Après le départ d’Henry puis d’Adebayor, RVP devient l’unique pointe du club. Critiqué pour sa faible participation au jeu de l’équipe, il ne convainc pas malgré des éclairs de son génie et son sens du but. Et il se blesse. Se blesse à nouveau. Et encore. L’équipe repose alors sur Cesc Fabregas puis sur Samir Nasri. Les deux déserteurs de l’été 2011. Tout le monde se dit alors qu’Arsenal est foutu. Plus de leader technique. Plus de meneur de jeu, ni d’hommes. Les gunners prennent la raclée de l’année à Old Trafford. 8-2 avec Rooney qui montre à Van Persie ce qu’est un attaquant complet. Ferguson triomphe de son éternel ennemi Wenger. La suite donne pour l’instant tort aux critiques. Arsenal refait tranquillement son retard en championnat et Van Persie continue à planter but sur but.

Le melon hollandais

Le maillot Orange, merde, il est beau la vache !
Le maillot Orange, merde, il est beau la vache !
Du côté des Pays-Bas c’est la guerre des ego. Van Persie veut jouer seul en pointe. Van Persie veut virer Kuyt. Van Persie veut Sneijder en soutien. Van Persie veut Van der Vaart au milieu. Au milieu des melons du vestiaire néerlandais, il n’est pas le dernier de la classe. Il pète un plomb quand il se fait remplacer. Mais sur ces 18 derniers mois c’est quand même 11 buts en 19 matchs disputés. Un rendement qui a fait grincer des dents au moment de l’annonce de la liste pour le ballon d’or. « Pourquoi Fabregas plutôt que Van Persie ? » se sont notamment interrogés de nombreux analystes du foot britannique. « A fucking disgrace » aurait pu dire un certain Didier D. Surtout qu’aujourd’hui Van Persie s’affirme enfin dans le bon sens. « J’ai changé, j’ai mûri » assure-t-il. Il râle moins. Il se bat plus. Il mène l’attaque, à la fois en leader et en renard. Arsène Wenger semble avoir trouvé le moyen de recadrer son feu follet : lui refiler le brassard de capitaine.

William Borel