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Raúl, ange de Madrid, héros de Schalke


Le Real Madrid a fêté mardi ses 110 ans. Si aujourd’hui ce sont Cristiano Ronaldo, Benzema, Higuain et Ozil qui animent l’attaque de la Casa Blanca, un homme l’a menée pendant 16 saisons, Raúl Gonzalez Blanco.


741 matchs. 323 buts. 6 Liga. 3 Ligues des Champions. 2 Coupes Intercontinentales.

Raúl n’est pas un galactique du Real Madrid, il est le Real Madrid. Ironique pour un gamin issu d’une famille fan de l’Atletico. Il a même commencé sa formation dans le second club de la capitale espagnole. C’était jusqu’à ce que les Colchoneros se retrouvent à la dèche et que le président du club, Jesus Gil y Gil dissolve toutes les catégories jeunes. A 15 ans, Raúl ne reste pas longtemps sans club et pose ses valises au centre de formation Merengue. Deux ans plus tard, il fait ses débuts en équipe première face à Saragosse. Son premier but arrive en plus lors d’un derby face à l’Atletico. A l’époque il joue tantôt ailier gauche, tantôt numéro 10 mais Raúl est avant tout un buteur. Au point d’être nommé trois fois d’affilée attaquant de l’année par l’UEFA, de 2000 à 2002. Avec lui le Real remporte les Ligues des Champions 1998, 2000 et 2002. Il brille aussi dans les Clasico avec 11 buts marqués face au Barça.


Raúl – Morientes, duo d’enfer

Ce sont aussi ses partenaires d’attaque qui feront sa renommée. De Zamorano à Higuain, en passant par Anelka, Owen ou Van Nistelrooy il a formé la paire avec de nombreux grands joueurs recrutés à prix d’or. Mais deux duos marqueront sa carrière. Bien évidemment celui avec Ronaldo. Les deux attaquants avaient une telle créativité et un tel talent qu’ils auraient pu aisément faire le boulot tous seuls. Mais en plus il avaient à leur service une armée de Galactiques. Le jour où Beckham, Figo, Zidane, Ronaldo et Raúl étaient alignés ensemble les défenses adverses passaient au choix pour des plots, des piquets ou des poteaux. Mais encore plus qu’avec Ronaldo, lorsque l’on pense à Raúl, on l’associe à Morientes. Son pote, celui avec qui le Real a remporté ses 3 dernières Champion’s League. Les deux Espagnols se trouvaient les yeux fermés avec le maillot de la Casa Blanca mais n’ont jamais connu la consécration avec l’Espagne.




Malédiction en Equipe d’Espagne

Le numéro 7 n’a connu que des désillusions avec la seleccion. Malgré son but contre le Nigeria – une volée du gauche dont Van Persie a maintenant fait sa marque de fabrique – la Roja est éliminée en poules en 1998. A l’Euro 2000, il manque un penalty dans les arrêts de jeu du quart de finale face à la France. Les Bleus s’imposent 2-1 et décrochent le titre dans la foulée. En 2002, blessé il regarde ses partenaires se faire éliminer par la Corée du Sud aux tirs aux buts en ¼ de finale. En 2006, c’est une sélection trop confiante qui se fait surprendre par la France et le but du « vieux » Zidane. En 2008 et 2010, il n’est pas retenu par Aragones puis Del Bosque. Ce sont Torres et Villa qui mènent l’attaque et remportent les deux premiers titres de l’Espagne depuis l’Euro 1964. Comme si cela ne suffisait pas, David Villa a même le toupet de dépasser son glorieux aîné au nombre de buts marqués. Il compte désormais 51 buts contre 44 à Raúl sous le maillot de l’Espagne.




Toujours décisif à 34 ans

2010 est aussi un tournant dans la carrière de l’Ange de Madrid, puisqu’il quitte son club de toujours et s’engage à Schalke. Il perd sa place de titulaire sous Pellegrini et malgré l’envie de Mourinho de le garder au club il choisit de partir car il ne se sent plus capable d’aider le Real à gagner des titres. Il réalisera dans la foulée une saison fantastique avec Schalke. Associé à Huntelaar il forme un nouveau duo d’attaque redoutable. Les deux renards emmènent le club de la Ruhr en ½ finale de la Ligue des Champions. Avec 19 buts en 51 matchs, tous plus beaux les uns que les autres, il prouve qu’à 34 ans il peut encore être décisif. Lors du match face à l’Inter il se met définitivement les supporters de Schalke dans la poche. Auteur d’un but, après la victoire 2-1 des Allemands il se rend en tribunes au milieu du Kop en entame avec eux un chant. Les supporters du Real Madrid ne l’ont pas oublié non plus. Si à l’inverse de Ryan Giggs il a quitté son club de cœur, il reste pour beaucoup l’icône de la Casa Blanca.