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Pourquoi un troisième gardien en sélection ?!


C'est la question de la semaine. Foutebol l'a posée pas plus tard qu'hier à Philippe Bergeroo, Albert Rust et Michel Hidalgo.



Pourquoi un troisième gardien en sélection ?!

L'inventeur du Carré Magique himself a fort gentiment accepté de répondre à notre question de la semaine : "En 1978, la dernière rencontre n'ayant plus d'enjeu, j'ai décidé de faire participer tout le monde. Mais je reste un fervent défenseur de posséder trois gardiens dans sa sélection. L'importance des rencontres et la spécificité du poste l'exigent. Pensez que le gardien titulaire se blesse à l'échauffement, puis que le deuxième subisse le même sort pendant le match. Comment fait-on alors ? La rareté du fait n'évite pas qu'on le prévoie !".

Pourquoi un troisième gardien en sélection ?!

"Au delà l'aspect sportif, le troisième gardien doit également apporter sa bonne humeur, vivre sereinement la concurrence et créer une saine émulation". C'est l'avis d'Albert Rust, actuel entraîneur des gardiens stéphanois et sélectionné aux campagnes de 1984 et 1986 comme numéro deux s'il vous plaît. "Sur une compétition aussi longue qu'une Coupe du Monde ou un Euro, il est indispensable de disposer de trois gardiens. Il faut que le troisième gardien soit prêt au même titre que les deux autres. Son choix est prépondérant. Il sait qu'il a très peu de chances de jouer. Mais il doit permettre au numéro un de se trouver dans les meilleures dispositions". Des profils correspondants parfaitement à nos amis Charbonnier, Ramé, Landreau ou Carrasso, faut reconnaître.


Pourquoi un troisième gardien en sélection ?!

L'actuel sélectionneur de l'équipe de France des18 ans Philippe Bergeroo témoigne : "En tant que joueur j'ai vécu ce statut de troisième gardien pendant les campagnes de 1984 (champion d'Europe) et 1986 (1/2 finalise Coupe du Monde). Il est à mon avis indispensable d'en convoquer un pour une compétition officielle. Pour ses compétences, mais aussi pour son état d'esprit. Le troisième gardien sait qu'il ne va sûrement pas jouer, mais son rôle est primordial. Vis à vis de l'entraîneur des gardiens mais surtout du titulaire. C'est un complément très important par rapport au groupe. J'ai vécu cette situation. Très enthousiaste au début, on est toujours content d'être sélectionné, et de manière plus pesante sur la fin. On participe à toutes les séances, on reste à la fin pour les spécifiques attaquants tout en sachant qu'on ne sera jamais sur une feuille de match. C'est le jeu."

L'histoire du troisième gardien chez les Bleus à travers les âges by Professor Mam | For addicts only

Dans le cas de l'équipe de France - ndlr : des Bleus comme disent les dvieux (je laisse le "d" exprès devant pour faire comme "djeunes" mais avec "dvieux" - oui ben si t'avais compris, je sais, c'est lourdingue, mais je préfère que ce soit clair. On en étions-nous, déjà ?) - si on remonte jusqu'à la Coupe du Monde 1966 en Angleterre, le cas du troisième gardien en jeu ne s'est produit qu'une et une seule fois.

En 1966, derrière le titulaire Marcel Aubour, ni Carnus ni Schuth n'ont eu la chance d'enfiler les gants. Pas plus que Baratelli en 1982 en Espagne, Bergeroo en 84 et 86, Martini en 96, Ramé en 2000 et 2002, Landreau en 2004 et 2006, Frey en 2008 ou encore Carrasso lors de la - funeste - campagne sud-africaine de 2010.

Le seul à n'avoir convoqué que deux gardiens, reste Michel Platini lors de l'Euro 1992.
La sélection n'était alors composée que de 20 joueurs. Par sécurité autant que pour le récompenser d'une saison très accomplie, le sélectionneur avait emmené dans ses valises Pacal Olmeta, sans que celui-ci ne figure pour autant sur la liste définitive ! Martini et Rousset restant les heureux élus. Le premier disputera les trois matches. Conscient de la rareté de voir ses deux gardiens se blesser, le sélectionneur s'était toutefois couvert.

L'exception s'est pourtant produite une fois. Lors de la Coupe du Monde 1978, le gardien titulaire Jean-Paul Bertrand-Demanes se blesse très sérieusement lors du deuxième match contre l'Argentine (La presse locale l'annoncera précipitamment et à tort... mort) ! Dominique Baratelli lui succède mais n'empêche pas une seconde défaite aux Français qui les éliminent. Michel Hidalgo, le sélectionneur décide donc de faire jouer Dominique Dropsy lors du dernier match. D'où un rappel particulièrement subtil vers la toute la première intervention de Michel Hidalgo à cette question de la semaine en forme de conclusion. Coup du sombrero !