Foutebol
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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Phil Palmer


Le guitariste anglais Phil Palmer apparaît dans plus de 140 albums et a joué avec les plus grands : Eric Clapton, Dire Straits, Robbie Williams, Tina Turner, Wishbone-Ash, Pete Townshend, Bryan Adams et Bob Dylan. Il revenait juste de la tournée Symphonica de Georges Michael en Italie, quand, pour Foutebol, il s'est livré sans retenue, et avec le sourire...


Fan d'une équipe en particulier, Phil ?

Arsenal et Thierry Henry bien sûr. Depuis quelques temps je réside à Rome et je supporte la Roma. Je suis d'ailleurs bon pote avec Francesco Totti.


Quel footballeur incarne le mieux d'après toi le rock’n roll ?

Incontestablement le regretté Georges Best. Au-delà de se montrer un footballeur fabuleux, il incarnait par son esprit et son look, cette folie que représente le rock. Il a vécu comme une rock-star et en est malheureusement décédé.

"Avec Dire Straits, ça a été trois mois de répétitions quotidiennes pour une tournée d'un an et demi. Avec Clapton... trois jours !"


Avec Robbie Williams (fan de foot) en tournée, ça se passait comment ?

Robbie est un fan de foot. (Les yeux brillent, le sourire s'élargit) A chacune de ses tournées, il organise des petits matches entre les musiciens et l'équipe technique. Et croyez bien qu'il ne laisse pas sa part au chien (traduction litterro-foutebalo-émotionnelle...) . Robbie est sur un terrain comme sur une scène. Il va au bout de lui-même.


Justement, sa voix tout comme ton son de guitare semblent venus d'ailleurs. Un peu comme les supporters anglais qui savent chanter comme personne au monde. Tu l'expliques comment ?

Tous les supporters anglais je ne sais pas. Ce dont je suis certain c'est qu'à Liverpool, on atteint le sommet en terme d'émotion. J'ai eu la chance d'aller à Anfield Road et d'entendre 50 000 personnes chanter le célèbre "You'll never walk alone". Décrire ce que l'on ressent est impossible. Les poils se dressent et on peut pleurer. C'est dire...



On imagine alors ce que doivent ressentir les joueurs avant de pénétrer sur le terrain ! C'est pareil en backstage avant de rentrer sur scène ?

Je suppose, puisque je n'ai jamais été footballeur. L'adrénaline monte et on en a besoin. C'est presque vital. L'important est de pouvoir la contrôler. Ce n'est pas facile au début, puis on arrive à la rendre positive. Une fois ce palier franchi, plus rien ne peut nous arrêter !


Peux-tu comparer le rôle de chaque musicien d'un groupe, avec le poste d'un footballeur dans son équipe ?

Le gardien de but est le batteur. La moindre erreur est payée cash. Le guitariste soliste ressemble au numéro 10. Le chanteur, c'est le milieu de terrain. S'il est bon le groupe est bon, s'il est moyen, l'équipe ne gagne pas. Le bassiste correspond complètement au défenseur. Il n'attaque pas, mais stabilise.


La notion de collectif est donc la même en football comme en musique ?

On ne peut pas généraliser. Les musiciens sont à mon avis plus égocentriques que les footballeurs. Beaucoup (de musicos) ont tendance à tirer la couverture à eux. Et ça peut passer en terme de performance collective . Je ne fonctionne pas comme ça. On n'est rien sans les autres. L'alchimie recherchée passe par un collectif, même (et surtout) en musique. Au foot l'individualisme est impossible.


Cela doit nécessiter un entraînement soutenu et continu ?

Dans le foutebol c'est incontournable. Dans le Rock, suivant avec qui vous jouez ça peut passer d'un extrême à l'autre. Avec Murray Head, mieux vaut ne pas répéter (éclats de rire). Il est trop dans l'impro. Avec Dire Straits, ça a été trois mois de répétitions quotidiennes pour une tournée d'un an et demi. Avec Clapton... trois jours !


Le mot de la fin, Phil ?

The comparaison between football and Rock and Roll, is that we realy depend on the service of our team makes to receive the ball and executive... without the service of our team, we cannot score the goal !