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Mexique, où es-tu passé?


En difficulté dans la course à la qualification au Mondial, le Mexique n’a pas non plus fait belle figure en coupe de Confédérations face à l’Italie. Une triste équipe qui contraste avec celle qui, il y a un an, a décroché la médaille d’or aux Jeux Olympiques. Un tournoi à ne pas prendre à la légère vu le finaliste malheureux, le Brésil, fort ressemblant à celui qui aujourd’hui déploie ses forces en coupe des Confédérations. Pourtant, seul quatre titulaires des JO le sont aujourd’hui avec la sélection aztèque.




Mexique, où es-tu passé?
Corona dans les buts, la paire Reyes – Mier, Ponce, Jimenez ou Salcido sur les côtés de la défense, Enriquez, Herrera et Marco Fabian dans le milieu, Peralta buteur et Dos Santos, Aquino ou Cortes sur les flancs. Tant de belles individualités au service du collectif aztèque, il y a un an, aux Jeux Olympiques. Une équipe qu’on disait forte, l’une des plus fortes du tournoi, mais dont on n’imaginait pas accrocher la victoire finale. Une raison : la présence du Brésil de Neymar, Hulk, Damiao, Thiago Silva et consorts. Pourtant, six matchs plus tard, la médaille d’or est remise aux mexicains, victorieux en finale de leurs ennemis sud américains. Douze buts marqués pour quatre pris. Cinq victoires, un nul, aucune défaite. El Tri a survolé le tournoi.

Un an plus tard, la sélection de De La Torre se bagarre pour décrocher son ticket pour le Brésil. Troisième ex-æquo avec le Costa Rica, derrière les USA, le Mexique peine à assouvir sa supériorité sur la zone CONCACAF. El Tri ne cesse de décevoir ses fans, qui plus que les faibles résultats, critiquent le jeu de leur nation. Un jeu qui contraste tant avec celui de la sélection s’étant déplacée aux JO qu’avec celui de toutes les équipes de jeune, toutes ou presque sur le devant de la scène.

En tout, seuls huit médaillés d’or sont aujourd’hui dans le groupe mexicain : Corona et Salcido , deux des joueurs de plus de 23 ans, Reyes, Mier, Herrera, Aquino , Jimenez et Dos Santos. Quatre, seulement, étaient titulaires face à l’Italie : les deux « vieux » , Dos Santos et Aquino. On observe une nette fracture entre les deux sélections. Pourtant, c’est en misant sur la formation que les aztèques ont retrouvé le devant de la scène footballistique américaine mais aussi mondiale.

Mexique, où es-tu passé?
Des choix contestables
Même si José Manuel de la Torre, le sélectionneur mexicain, utilise le même schéma que les équipes de jeune (4-2-3-1), il ne fait pas évoluer ses joueurs dans les mêmes dispositions. En effet, la tactique de base des aztèques se base sur un trio au milieu de terrain. Un triangle dont les bases sont posées par deux milieux défensifs aux profils différents, en l’occurrence Herrera et Enriquez aux JO. Le premier étant le box-to-box, le relayeur, technique, capable de donner de bonnes passes, tandis que le second est le vrai récupérateur. Au-dessus de ce triangle, un milieu offensif meneur de jeu, Marco Fabian lors des JO. Auteur d’un seul but mais de prestations remarquées et sextuple buteur au réputé tournoi de Toulon quelques semaines auparavant.

Tout le contraire du milieu de Manuel de la Torre, qui positionne de milieux défensifs de formation, dont l’un est clairement de trop. Lors de premier match de coupe des Confédérations, Zavala a touché deux fois moins de ballons que Torrado et n’en a récupéré que quatre. Le jeu du Mexique n’avait aucune fluidité et le ballon transitait très mal de la défense à l’attaque. Ce qui a fait que Dos Santos, qui avait pour rôle celui de meneur de jeu, n’a su donner qu’une vingtaine de passes.

Des choix qui expliquent le faible niveau de jeu de cette équipe, la principale raison de la colère des supporters. Des fans qui pour beaucoup demandent la démission du sélectionneur. Et plus que le style de jeu et les hommes qu’il place sur le terrain, c’est la sélection qui est critiquée. Pas de Carlos Vela, de Marco Fabian, de Peralta (meilleur buteur mexicain aux JO), etc … ainsi que des joueurs cantonnés au banc au profit de choix plus conservateurs les uns que les autres.

Mexique, où es-tu passé?
Une large fracture entre les jeunes et les A
"On dirait que nous avons retrouvé la bonne habitude de gagner des tournois avec les sélections de jeunes. Ça nous permet de rêver", confiait Sergio Almaguer, entraîneur du Mexique à FIFA.com. Sa sélection débutera le 22 juin la Coupe du Monde U-20 en Turquie. Le mini Tri aborde le tournoi avec de grandes attentes après la médaille d'or olympique décrochée à Londres 2012 et, surtout, le sacre lors de la Coupe du Monde U-17 en 2011. Une sélection qui, justement, sera composée de plusieurs jeunes champions du monde.

La formation, c’est ce qui a permis au Mexique de retrouver les hautes sphères du football mondial. C’est d’ailleurs souvent un savant mélange entre expérience et jeunesse qui fait la force de la sélection majeure. Mais si la recette paraît toujours aussi bonne aujourd’hui, on souffle que le cuisinier n’est pas à la hauteur. Manuel de La Torre ne semble pas attaché au groupe médaillé d’or en 2012. Un choix qui ne lui réussit pour le moment pas vraiment.

Le Brésil trop loin du Mexique ?
Le Brésil sera le prochain adversaire du Mexique lors de la coupe des Confédérations. Ce n’est pas tellement de perdre contre cette nation qui inquiète les aztèques mais surtout de ne pas participer à la coupe du Monde qui y sera organisée. Pourtant, le Mexique est mal parti. La situation n’est pas non plus catastrophique mais les supporters sont en droit de s’inquiéter. Il sera difficile, avec un tel niveau de jeu, d’obtenir de meilleurs résultats. Le prochain match les opposera au Honduras, avant les USA , Panama et le Costa Rica. Avec un match d’avance, les aztèques sont troisièmes et accusent déjà deux points de retard sur les USA. Une situation compromettante.

A la place de Manuel de La Torre
Luis Fernando Téna, actuel adjoint du sélectionneur aztèque et coach de la sélection médaillée d’or, ne doit certainement pas approuver les choix de son supérieur. Et à sa place, il réfléchirait peut-être comme suit. Si le plus beau Mexique vu ces dernières années est bien celui des JO, il paraît intelligent de s’appuyer sur ce dernier, dont la base est son milieu de terrain : Enriquez, Herrera, Marco Fabian. Il faut ensuite le compléter des indiscutables : Hernandez, Dos Santos, Salcido ou Guardado. Et finalement composer sa défense. Voilà à quoi pourrait ressembler le Mexique de Fernando Tena, celui des prochains échéances ? En cas de remerciement du sélectionneur, on peut imaginer que son adjoint prendrait le relais…
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