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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Marie-Christine Terroni, l’image de Juvisy


48 heures avant la rencontre de l’année entre Juvisy et Lyon (20 h 45 ce samedi), le match de l’année, Marie-Christine Terroni s’est ouverte à nous. Sollicitée comme jamais elle ne l’a été, la présidente du club francilien contrôle la ferveur médiatique autour de son club. Protectrice dans l’âme, elle est l’ange-gardien de Juvisy.


Marie-Christine Terroni, l’image de Juvisy
Hormis quelques figurines de footballeurs en métal, la déco intérieure du cocon de Marie-Christine Terroni ne laisse rien transparaître de son activité. La présidente nous reçoit dans sa maison essonnienne, nichée à quelques kilomètres de Juvisy, son club, sa « passion », sa « vie ». Une activité énergivore et chronophage qui cohabite au quotidien avec la profession de cette célibataire de 44 ans, Italienne de naissance et bercée aux exploits de Michel Platini dans les années 1980.

Juste derrière la maison, dans un local qu’elle partage avec ses collaborateurs, elle a en effet installé le siège de son entreprise, la bien nommée « Arrière-cour ». Une agence de communication, secteur dans lequel cette femme investit en temps normal la moitié de son temps. « Mais depuis trois semaines, je suis entièrement mobilisée à l’organisation de ce match qui déchaine comme jamais l’intérêt des médias », confie celle qui préside aux destinées de Juvisy depuis trois ans. « Le téléphone sonne sans arrêt, ma messagerie a explosé et j’ai dû appeler mon fournisseur téléphonique pour régler ça. C’est du jamais vu. Mais que c’est mérité pour Juvisy et pour l’univers du football féminin ! Alors, on se montre disponible parce qu’on n’oublie pas que beaucoup avant nous se sont battus pour la reconnaissance du foot féminin. »

« L’image, ça me connaît »

Soudainement propulsée dans l’univers m’as-tu-vu du football médiatique, la présidente ne fuit pas ses responsabilités. Avant de recevoir les journalistes du 13 heures de TF1 à son domicile, et si elle reconnaît cultiver une certaine pudeur, elle ne fuit pas l’engouement que provoque le choc de samedi, qui décidera du titre, peut-être son premier en tant que présidente de Juvisy. « L’image, ça me connaît, dit-elle. J’évolue dans la communication depuis plus de 20 ans. Je sais ce que je veux pour mon club, et je sais comment l’aider à entrer dans le moule. »

Un moule qu’elle veut différent de l’Olympique lyonnais, rival d’une saison, adversaire d’un soir samedi. « Nous défendons des valeurs humaines, répète-t-elle. Nos joueuses de haut niveau ne sont pas différentes des fillettes qui viennent découvrir le foot à Juvisy. Nous portons la même attention à chacun car nous vivons au sein d’une même famille. Que ce soit Gaëtane (Thiney, l’internationale évoluant à Juvisy) ou la petite qui joue en poussins, tout le monde peut compter sur tout le monde. C’est la philosophie que j’inculque ici. » Cette famille, Terroni l’a intégrée comme joueuse, « d’abord latéral gauche puis gardienne médiocre en équipe 3 », s’amuse-t-elle, Et dont elle se félicite de fêter prochainement (le 23 juin prochain) le 40e anniversaire. « Nous organiserons une journée fantastique autour de toutes les générations de Juvisy pour célébrer le club et le foot féminin. Il faudra avant ça se remettre de la fiesta que l’on aura faite en cas de victoire samedi. » Humaine, franche, la présidente respire bien au rythme des filles de Juvisy.

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