Foutebol
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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Lolo-Raymond : même combat ?


Le France-Croatie de ce mercredi fut, mine de rien, plus riche d’enseignements qu’il n’y paraît. Car, pour la première fois depuis sa prise de fonction, Laurent Blanc était confronté à de vrais choix tactiques mais aussi à de vrais choix de joueurs… Et Lolo n’a pas été loin de nous faire une "Raymond" !


Explications :

Jusqu’à ce jour, notre Président avait la voie toute tracée tel Moïse rassemblant ses ouailles. Le cauchemar de Knysna était si proche et si violent qu’il aurait très bien pu, au début de son mandat, nous sélectionner Potillon arrière droit que personne n’aurait rien trouvé à redire.
Et puis, Karim a marqué.
Et puis le sorbet double parfum Rami Mexes (grande trouvaille de Lolo) a sécurisé la défense.
Et puis…
Et puis il restait désormais à trouver le onze idéal, à savoir un milieu créatif, loin du béton armé massif de son prédécesseur.
Et une animation offensive qui nous redonne les couleurs du printemps footballistique français que l’on attend tellement.




Seulement voilà : ce mercredi, j’ai eu la désagréable sensation de revenir quelques années en arrière.

Visage + nez : Laurent Blanc | Yeux + bouche : Raymond Domenech
Visage + nez : Laurent Blanc | Yeux + bouche : Raymond Domenech
Tout d’abord m’est revenu en pleine figure le spectre de Florent Malouda traversant l’Euro 2006 comme un zombie sans qu’une seule seconde, son statut de titulaire ne soit remis en cause.
Lent, perdant quasiment tous ses ballons, ne faisant aucune différence et, le pire, utilisant plusieurs fois la hauteur de ses crampons pour venir chatouiller les tibias croates.
Bref ! Le même joueur et le même entêtement du sélectionneur.
Et ce n’est pas l’entrée en fanfare à sa place de Ribery qui arrangea son cas, bien au contraire. Quelle différence !

Ensuite, deux milieux de terrains récupérateurs (Matuidi et Diarra) qui, durant leur formation de professionnels, n’ont appris qu’une seule chose : transmettre le ballon en toute sécurité à une distance maximum de deux mètres.
Alou Diarra, dont la faiblesse technique est impressionnante, a bien essayé quelques ouvertures mais ce fut, à chaque fois, une offrande pour l’adversaire.
Matuidi, même si son inexpérience le dédouane d’une critique trop sévère, me paraît être grosso merdo dans le même profil.


Quand on est à la maison, une seul récupérateur suffit

Nous l’avons répété deux mille fois durant l’exercice de feu Raymond, et si possible, un récupérateur adroit de ses deux pieds, en l’occurrence : Yann M’Vila !

A droite, le culot et l’explosivité de Menez sont une bonne nouvelle. Et je verrais bien le petit Valbuena lui tirer la bourre. Ainsi, l’arrière droit adverse se prendrait dans un premier temps les déboulés de Menez, puis, au moment où il pense pouvoir souffler un peu, boum ! Tu te prends, pour la dernière demi heure, l’activité du petit lutin marseillais. De quoi passer, à priori, une sale soirée.

A gauche, c’est réglé, vas y Franckie, c’est bon !
Karim au centre !
(A ce sujet, on s’aperçoit, en voyant Gameiro errer sur le terrain, à quel point il existe un fossé entre une sélection nationale et notre championnat Pierre et vacances.)


Au final, Lolo n’a, bien évidemment rien à voir avec son prédécesseur

Tant le respect qu’il impose de par son passé de joueur, et les conditions mentales dans lesquelles il place ses joueurs sont à des années lumières de ce que l’on a connu.

Mais attention !
Attention à ne pas reproduire les mêmes erreurs, car l’équipe de France de ce mercredi se ferait sortir dès le 1er tour des poules en phase finale.
Et alors, les artilleurs journalistes pourraient bien ressortir leurs plumes d’assaut.
On l’a vu récemment, les cuirasses, mêmes les plus fortifiées ne sont pas éternelles et celle de 98 n’échapperait pas à la règle.


PS : l’équipe type de moi-même :

Lloris

Sagna Rami Mexes Abidal

M’Vila

Diabi ou Gourcuff – Nasri – Ribery

Benzema Menez

FRED PROUT