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Liberté



Eugène Delacroix, La liberté guidant le peuple, 1830
Eugène Delacroix, La liberté guidant le peuple, 1830
Un pays

Où l’on peignait une femme seins nus

On l’appelait liberté

Une femme guidant un peuple

Une femme qu’on prit pour la mettre sur les timbres

Une femme symbole d’une chose que nous appelâmes Répubique

Toute une histoire pour en arriver là

Un processus, des combats, des morts, des encore, des réveils




Regarde comme elle est belle



Regardez-la, vous qui êtes titillés par des femmes montrant leurs seins

Regardez-la, vous mes autres, qui l’avons en notre coeur

La respiration et la douceur de vivre



Ce tableau date de 1830

Quelle est la date d’aujourd’hui ?



Car je la regarde, je me souviens de nos timbres, d’une envergure, d’un bonheur de vivre, de la beauté, de nos civilisations, de quelques subtilités, de ces esprits de nos Lumières, de Voltaire…

De la peau, de la générosité de ces hanches, des discussions sur les soutiens-gorges, des pores de la peau qui respirent, du corps et sa liberté, de son expansion, de son assurance, de sa densité



Les pieds nus de la liberté

Ancrés dans le sol

Toucher, affronter, s’affirmer,

Ses seins fermes et lourds

Comme une force implacable,

La mèche de ses cheveux sur la nuque,

Le souffle sur le cou

Elle avance



Elle est nôtre

Marie Debray