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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Les manifestations au Brésil passeraient par un réseau social indépendant #Ninja


Nos amis brésiliens nous montrent la voie ou bien ?


Si l'info est confirmée, voilà une assez belle démonstration par l'exemple du bien-fondé d'être membre d'un media social indépendant

Ils incarnent les yeux et la voix des manifestations qui agitent le Brésil depuis le 10 juin. Ils rivalisent avec la puissante chaîne de télévision Globo pour rendre compte des événements en direct. Ils ne disposent pourtant pas d’hélicoptère ni de la bienveillance des autorités. Mais ils ont un avantage pour les manifestants et la masse de Brésiliens qui les suivent en temps réel : leurs images sont mises en ligne sur les réseaux sociaux et sont donc accessibles sur des téléphones portables.

Ils s’appellent Midia Ninja, mais le nom des fameuses tortues accolées au mot média en portugais est un acronyme pour Narrations indépendantes, journalisme et action. Thiago Dezain, 23 ans, est un des animateurs de ce réseau de contre-information. "J’ai fait des études d’audiovisuel à Mato Grosso, mais je n’ai pas fini la fac, confie-t-il. Je me suis formé sur le tas, grâce au réseau d’échanges artistiques Fora do Eixo, né à Cuiaba, en 2006. Au départ, il s’agissait de promouvoir des musiciens et d’autres créateurs, d’organiser leurs présentations dans les diverses régions du Brésil. Nous nous sommes rendu compte qu’il nous fallait tisser des liens avec des journalistes ou autres professionnels disposés à impulser une communication alternative".

Le ministère de la culture y a contribué, par sa politique de décentralisation, même si Fora do Eixo n’a jamais bénéficié de subvention. "Les politiques publiques ont favorisé la création hors de l’axe Rio-Sao Paulo et les initiatives dans les régions, explique Pablo Capilé, 33 ans, un des fondateurs de Fora do Eixo. Ensuite, les réseaux sociaux nous ont permis d’optimiser nos ressources. Nous avons même créé une unité de troc, une sorte de monnaie d’échange."


Une expérience innovante

Midia Ninja, surgie en 2012, profite du réseau ainsi constitué et renoue avec le vieux cinéma militant ou d’intervention des années 1960 et 1970, avec la différence que les téléphones ont remplacé les caméras et que les réseaux sociaux permettent d’être en prise directe sur les événements, sans le détour par le laboratoire, ni le moindre délai. Et souvent sans la moindre distance.

Les images mises en ligne, dont la qualité et la visibilité restent aléatoires, sont commentées au fur et à mesure, de vive voix. Le preneur d’images, reporter improvisé, n’est absolument pas un témoin, c’est un participant engagé, parfois provocateur à l’égard des forces de l’ordre. Il sollicite la réaction du public, appelle les spectateurs à rejoindre la rue. Il est souvent très jeune, adolescent, lycéen, issu de la classe moyenne urbaine mobilisée en juin.

Avant la fronde sociale, Midia Ninja avait déjà enregistré environ 300 manifestations. Depuis, 5 000 "citoyens multimédia" de tous les Etats de la fédération ont contribué à couvrir les événements. "Nous avons impulsé le débat sur la démocratisation des moyens d’information", assure Pablo Capilé.

Le cinéaste et blogueur Eduardo Escorel estime qu’il s’agit d’une "expérience innovante", qu’elle a "offert des points de vue alternatifs aux angles usuels des émissions de télévision". Cependant, les images ainsi véhiculées sur Internet souffrent de leur "manque d’édition, c'est-à-dire la sélection, l’ordonnancement et la combinaison qui donnent un sens à tout langage", note-t-il. Résultat, le spectateur peine à savoir ce qui est en train de se passer réellement, il n’en a qu’un aperçu fragmentaire.

Dès qu’il y a des incidents, Midia Ninja est en première ligne. Outre des téléphones, certains activistes ont des mini-caméras vidéo numériques ou des appareils photo. Dans les cortèges, on reconnaît leur charriot de supermarché, avec le matériel nécessaire pour la mise en ligne rapide des documents.




Toute proportion gardée

Foutebol permet de faire RIGOUREUSEMENT la même chose via mobile.

Nous peinons à le faire savoir, nous n'en avons pas les moyens.

Mais nous en avons - sois-en bien assuré - la détermination.
:)

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Source + lien direct sur l'intégrale de l'article : LeMonde.fr