Foutebol
Foutebol
Le foot qui s'amuse à réfléchir


Les héros meurent toujours à la fin


En ce moment sur M6, tous les mardis, repasse la fantastique, au propre comme au figuré, saga de George Lucas, Star Wars


Les héros meurent toujours à la fin
Fresque qui emprunte autant à la SF (Asimov) qu'à la mythologie grecque ou à l'histoire récente (l'avènement du nazisme). Ne sois pas inquiet ami lecteur, je ne tenterai pas une exégèse du chef-d’œuvre de Lucas, j'en serais d'ailleurs incapable, je veux juste m'intéresser à son unique héros, le vrai, pas le sympathique mais un chouïa insignifiant Luke Skywalker, ni à ce béni oui-oui d'Obiwan Kenobi, non, je veux parler du personnage central, celui que nous aimerions être, malgré tous ses crimes, celui que nous sommes, malgré nous, un être bon au départ que la vie a gâché et dont la seule rédemption sera la mort, le terrible et fragile Dark Vador.


Comme Robert d'Artois, le prince déchu des Rois Maudits, avec qui il présente de nombreuses similitudes, Dark Vador accomplira un destin qu'il ignore et que tout le force à accomplir.

Jedi a la puissance extraordinaire, rencontrant très tôt son seul amour possible, Dark Vador marche vers une vie rêvée. Comme le comte d'Artois. Du sang de Saint Louis, guerrier infatigable au physique parfait (ne cherchez pas à le visualiser, c'est la figure de Jean Piat pour l'éternité), le Baron Rouge est promis à un avenir brillant, celui d'un des hommes les plus puissants de la France de Philippe Le Bel, comme Vador, il mourra en guerre, lui contre son pays, Vador contre lui-même, ce qui est presque la même chose.

La raison de ce bannissement, de cette déchéance ? On leur a volé, la chose la plus précieuse au monde, pour Vador, c'est sa mère; pour Robert c'est son comté d'Artois; pour les deux, c'est la même chose, leur destin, la vie qu'ils auraient dû avoir. Cette impossible spoliation les emmènera du coté de la fureur, de la folie destructrice, du coté obscur de la Force, ils le savent, ils ne pourront pas faire autrement, ils en mourront.

Ces deux héros, c'est toi, c'est moi, c'est nous tous à qui on a volé quelque chose, ce quelque chose qui nous empêchera d'être ce que nous aurions dû être, avec, inévitable conclusion, la mort, la mort au bout, qui nous excusera de tous les péchés commis. Il y en a tant. Les héros meurent toujours à la fin.

Alfred Galahad