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Les Bleues peuvent-elles gagner les JO ?


Alors que ce vendredi, l’Euro 2012 commence, nos Bleues sont en pleine préparation avant les JO. Composées d’un groupe de 24 joueuses, elles effectueront 5 stages : un de récupération, un de reprise, un de préparation, un d’affûtage et le dernier d’affinage. Les coéquipières de Camille Abily rencontrent également la Roumanie, la Russie et les championnes du monde, le Japon pour se préparer. Le 25 juillet, la compétition commence face aux USA, un test grandeur nature.

Pourtant, depuis leur 4ème place cet été à la Coupe du Monde, les Bleues n’ont jamais affronté de grosses nations. Certes, elles ont battu le Canada. Mais en règle générale, elles n’ont qu’affronté que les « seconds couteaux » européennes. Elles ont même failli connaître la défaite face aux Finlandaises. Comment peut-on être sûr des progrès du groupe ?

De l’autre côté, les Bleues sont invaincues depuis le mondial. Sûres de leurs forces avec un groupe soudé et une colonne vertébrale solide, les filles de Bruno Bini ont toutes les cartes en main pour imposer leur jeu et créer une nouvelle fois la surprise.

Quelles sont les raisons d’une possible victoire des Bleues au JO ou au contraire d’une déception ?


Les Bleues peuvent-elles gagner les JO ?
1. Oui, elles vont gagner !

--> Avant les Bleues n’étaient pas craintes. Depuis leur 4ème place au Mondial, les adversaires savent ce qu’ils les attend. Un niveau technique sûr, un jeu collectif bien huilé, des ailières performantes, les qualités de l’EDF sont nombreuses. Les adversaires savent qu’elles subiront le jeu et devront être solide défensivement pour pouvoir s’imposer face aux coéquipières d’Eugénie Le Sommer.

--> Les Bleues savent se préparer pour les grands rendez vous. Avant la coupe du Monde de 2011, les filles n’avaient qu’atteint au grand maximum les quarts de finale d’un Euro (2009 et une défaite aux pénalty face aux Pays-Bas). Avec un mental d’acier, elles sont prêtes à en découdre et savent au moment voulu élever leur niveau de jeu et toujours se dépasser. Le changement, c’est maintenant !

--> Si les Bleues connaissent ce succès maintenant tant au niveau footballistique que médiatique, c’est clairement grâce à leur qualité de jeu. Les observateurs l’ont mis en évidence : l’EDF joue bien au football. Passant obligatoirement par le milieu et la qualité de passes d’Elise Bussaglia ou le punch d’Abily, le jeu se veut réfléchi, placé et dynamique. N’hésitant pas à monter, les arrières latérales apportent souvent le surnombre et offrent une qualité de centre indéniable. En attaque, la vitesse de Marie Laure Delie fait mouche, soutenue par Thiney, Nécib, Le Sommer ou encore Thomis dont les caractéristiques de chacune sont différentes et complémentaires. Si Bruno Bini et sa troupe reproduisent le même football, la victoire n’aura jamais été aussi proche

--> Souvent dans le football, on parle de chance du « débutant ». Beaucoup d’équipes découvrant un niveau supérieur ou une compétition internationale crée la surprise ou s’effondre totalement. Avec un groupe solide, un jeu léché, l’expérience du haut niveau, la France ne peut que gagner cette compétition et créer la surprise. Ayons un peu confiance en nos bleues et rêvons !


2. Gagner les JO, c’est une vanne ?

--> L’effet de surprise n’aura duré qu’un été comme le début d’une histoire d’amour fugace et intense. Les Bleues seront clairement attendues cet été lors des JO. Lors de ces derniers matchs, les équipes ont réussi souvent à contrer les Bleues. Nous sommes en droit de nous questionner sur la véritable capacité des filles. Bruno Bini ne change jamais sa vision du jeu et l’équipe adverse n’aura qu’à s’adapter à la tactique et ainsi contrer les plans du sélectionneur. Facile !

--> Prévisible, voilà le terme approprié au jeu des françaises. Bien qu’ayant une équipe de qualité capable de tenir la dragée haute aux grosses équipes, nos filles ne nous surprennent pas. Avec un jeu sur les ailes trop stéréotypées et une entente Thiney-Nécib sur le terrain toujours aussi décevante, l’EDF n’a pas les armes nécessaires tactiques mais surtout techniques pour s’imposer. Il faut rajouter à cela une saison éprouvante pour les lyonnaises (+ de 50 matchs) et la vieillesse de Soubeyrand, vous trouvez la formule magique d’une équipe qui ne passera pas les quarts de finale.

--> Une équipe de football est constitué d’un collectif mais d’un joueur (ici joueuse) décisive, un impact player comme on aime les appeler en Angleterre. La Coupe du Monde 2011 nous l’a prouvé, la France n’en a pas. Bien que beaucoup essaye de mettre en abîme la qualité technique de Thiney et son profil d’impact player, la française n’aura jamais été décisive pendant les grands matchs. Buteuse lors du match facile face au Canada (4-0), elle n’aura jamais replanté pendant la compétition. Ce samedi, face à l’ogre lyonnais, elle a eu la balle d’égalisation à ses pieds et aura une nouvelle fois rater le cadre. Il serait bien trop facile de mettre Thiney comme seul bouc émissaire. Marie-Laure Delie, la buteuse attitrée, aura déçu pendant la Coupe du Monde et on peut se questionner sur sa capacité à être décisive pendant les grands matchs. A moins d’un miracle et d’un sursaut d’une joueuse offensive, la France ne gagnera pas les JO. Une impact player ça ne s’achète pas, ça se forme !


On ne sait pas finalement si les Bleues gagneront. Une chose est sure c’est que le football n’est pas une science exacte et c’est pour cette raison qu’on l’aime tant !

Charles Chevillard