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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Le paradoxe du football féminin français


On se souvient tous de l’épopée de l’équipe de France féminine de football à la Coupe du monde 2011 et de sa 4ème place historique obtenue en terre allemande. Les bleues ont depuis réussi leur opération séduction auprès du public et des médias hexagonaux. Si de son côté le sélectionneur de l’équipe de France, Bruno Bini, nous assure que ses filles sont restées les mêmes après le mondial, l’engouement dans les stades et derrière la télévision, lui, est bien réel.


Le paradoxe du football féminin français
Une équipe de France en plein essor…

Pour preuve, la demi-finale France/Etats-Unis du mondial féminin représente le record de la chaîne Direct 8 avec 2.430.000 téléspectateurs, soit 17,4 % de part d’audience. Le 4 avril dernier, lors des barrages pour l’Euro 2013 à Caen, un nouveau record d’affluence a été battu dans un stade français. Ce sont 18 000 personnes qui ont assisté à la victoire 4 à 0 des Françaises face aux Pays de Galles. Cet engouement du public n’a pas laissé indifférent les diffuseurs, qui voient en l’équipe de France une nouvelle source de revenus.

« Un bon état d’esprit, une ambiance conviviale, … des valeurs simples qui se font de plus en plus rares dans le sport aujourd’hui », nous rappelle Arnaud Simon, directeur général adjoint d’Eurosport France. La chaîne de TF1 détient désormais les droits TV de la D1 féminine jusqu’en 2014 avec France Télévisions pour un contrat « symbolique » de 110 000 euros, signé en août dernier avec la Fédération Française de Football.

… Mais un football féminin à la traîne

Si l’Equipe de France n’a jamais été aussi forte et que l’Olympique Lyonnais est l’un des meilleurs clubs européens aujourd’hui, le football féminin accuse pourtant un retard conséquent face à ses homologues européens et d’outre-Atlantique. Le nombre de licenciées est seulement de 60 000 en France, contre 1 million en Allemagne et 2,5 millions aux Etats-Unis.

« L’avenir du football féminin est le club de Lyon et sa structure » affirme Sandrine Soubeyrand, milieu de l’Equipe de France et du FCF Juvisy. Malheureusement, le club de l’Olympique Lyonnais est l’exception qui confirme la règle. Seul club féminin à posséder une structure de haut niveau et des joueuses semi-professionnelles en France, l’OL domine la D1 féminine depuis 5 ans (5 titres consécutifs et une ligue des champions l’an dernier). Les autres clubs ont des destins moins glorieux et surtout plus laborieux. Ainsi, la présidente du club du FCF Juvisy, Marie Christine Terroni, peine à trouver des investisseurs alors que le club est 1er du championnat actuellement. « Notre stratégie est adaptée en fonction de nos moyens financiers et par conséquent sur un centre de formation performant ».

Vers une féminisation du football ?

Une des grandes priorités de la Fédération Française est donc de développer le football féminin. Brigitte Henriques, secrétaire générale de la FFF, en charge du football féminin, détaille les 4 axes stratégiques : la féminisation des acteurs du foot (dirigeants, staff, arbitres), l’obtention de titres, l’augmentation de licenciées et l’innovation des structures. Le projet « Football des princesses » s’inscrit dans cette démarche, à savoir faire évoluer les mentalités en permettant la pratique du football chez les filles dès le plus jeune âge et dans un cadre scolaire.

Nous laisserons donc conclure Thierry Cheleman, Directeur des Sports de Direct 8, qui s’exprimait à l’occasion du salon Galaxy Foot le week-end dernier : « Le Football féminin a besoin d’une équipe nationale forte pour se développer, mais elle ne peut à elle seule développer le football féminin en France ».
Antoine Monceaux, Crédits photo: Rue89

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