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Le football féminin comme outil d’intégration à Séville


A Séville, le football féminin, directement importé des plateaux andins, est un excellent outil d’intégration pour les jeunes immigrées sud-américaines. La ville de Séville est un grand temple du football féminin avec une dizaine d’équipes sud-américaines, pour un total de 150 joueuses. Cafebabel a mené l’enquête et est revenu sur cet outil d’intégration au cœur de l’Andalousie.


Le football féminin comme outil d’intégration à Séville
Ce phénomène se retrouve dans d’autres villes espagnoles où l’immigration andine est importante. Il a explosé au début des années 2000, quand des milliers de Boliviens, Équatoriens et Colombiens sont arrivés en Andalousie pour chercher du travail. Les 15000 immigrés sud-américains que compte aujourd’hui la région de Séville forment une communauté qui a réorganisé ses espaces de convivialité traditionnels autour de bals, de barbecues, de matchs de volley-ball, mais surtout, pour les femmes, de tournois de football.

Chaque année, les Mundialitos sont ainsi l’occasion d’un grand championnat de football féminin entre les différentes sélections nationales de Séville. Ces rencontres permettent un contact entre les communautés sud-américaines et la population locale, le tout dans un esprit festif favorisant l’intégration.

Mais ces tournois renforcent également les relations intra-communautaires en encourageant la création de réseaux professionnels et de solidarité au sein de populations particulièrement touchées par la crise. En effet, les immigrés sud-américains travaillent essentiellement dans les secteurs les plus fragilisés depuis deux ans (bâtiment, exploitations agricoles), et bon nombre d’entre eux se trouvent désormais au chômage. Mais pour les femmes, qui elles, travaillent le plus souvent comme aides à domicile, le football permet, via le bouche à oreille, d’être informé sur les besoins des familles en personnel. Le terrain de football est donc un lieu où se déploie une impressionnante entraide entre les coéquipières, dépassant largement le cadre sportif.

Ainsi, Alicia, 26 ans, originaire de Potosi (Bolivie), travaille aujourd’hui comme interna (fille au pair) dans une famille la semaine, s’occupe d’une personne âgée le week-end, mais est également milieu de terrain de l’équipe Bolivia et de la sélection bolivienne aux Mundialitos.

Critiquant les limites de ce type d’intégration, l’association Animae Vitae, qui gère les terrains sur lesquels ont lieu les rencontres, a créé, face à des Mundialitos qui n’incluent que des équipes sud-américaines, des tournois réservés aux équipes mixtes (joueurs et joueuses de plusieurs nationalités). L’association promeut également la participation des immigrés aux championnats municipaux afin de faciliter les rencontres avec les locaux. Mais cette expérience de tournois mixtes n’a réussi qu’en partie : les Munidalitos restent le tournoi le plus attendu car les équipes sont de vraies sélections nationales et, surtout, parce que les dates et horaires du championnat municipal sont en accord avec ceux du travail des immigrées sud-américaines.

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