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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Le Top 10 des bouchers (1/2)


Maladroits, agressifs, impulsifs ou plus simplement tarés, voilà les joueurs qui garnissent ce top 10. Si vous aimez les cartons rouges, les tacles assassins ou les bastons, vous allez être servis. On se permet de saluer au passage Axel Witsel, Kader Mangane ou Joey Barton qui passent presque pour des amateurs face à leurs « glorieux » ainés.


Cyril Rool (France) :

C’est sans contestation possible le plus beau palmarès du football français. Rien qu’en Championnat de France (D1 et D2 confondues), le sudiste aura récolté la bagatelle de 156 cartons jaunes et 22 cartons rouges en 353 matchs disputés. Pour faire plus simple, cela représente un carton tous les deux matchs. Un record qu’il conservera certainement bien longtemps.
En 17 ans de carrière, Cyril aura écumé la France dans tous les sens : Bastia, Lens, Marseille, Monaco, Bordeaux et Nice. A chaque fois, il marquera le club de son empreinte en se faisant exclure au moins une fois avec chacun de ses clubs, une belle performance. Son premier coup d’éclat remonte à 1994 lors d’un Metz-Bastia. Il se fait exclure pour avoir donné un coup de pied volontaire au trentenaire Laurent Croci. C’est le point de départ d’une carrière riche en événement. Ces derniers s’enchainent à la vitesse de l’éclair. En 1996, une bagarre éclate avec le regretté Marc-Vivien Foé sur le terrain, elle se terminera dans les vestiaires. Deux mois après son arrivée à Nice en 2006, il provoquera une nouvelle bagarre générale dans les vestiaires après avoir s’être fait insulté. Plus tard, c’est avec ses propres supporters que le ton montera…
Entre-temps, Cyril ne causera aucuns gros dégâts sur le terrain même s’il prendra son lot quotidien de cartons. C’est plutôt en dehors qu’il frappera. Fort apparemment. 1999, une grande année pour lui. Il remporte la Coupe de la Ligue avec Lens, pète le pif d’un jeune du centre de formation et adresse des bras d’honneurs et crachats généreux au public troyen lors d’un déplacement du Racing. Aujourd’hui, Rool n’est plus là et même si certains joueurs comme Cyril Jeunechamp montrent leur talent dans ce domaine, ils sont encore très loin du maitre.


Norman Hunter (Angleterre) :

C’est l’époque du grand Leeds United des années sixties et seventies. Une équipe qui glana glorieusement le doux surnom de « Dirty Leeds » en référence au film « Dirty Dozen de Robert Aldrich sorti en 1967. Un film sorti en France sous le nom de « Les douze salopards »… Réputé pour avoir un jeu très agressif composé de joueurs pas forcément très bien dans leur tête, le club du Yorkshire s’est imposé comme l’équipe la plus violente mais aussi la plus forte d’Angleterre durant cette période. En plus du capitaine Billy Bremner qui se massait les jambes au whisky ou du très peu esthète Nobby Stiles, il y avait surtout Norman « bites yer legs » Hunter.
A cette époque, le football anglais est réputé pour son fameux « kick and rush » et sa virilité excessive. Dans chaque équipe, un homme était destiné au sale boulot. Un rôle très important de découpeur et très prisé dont Hunter était l’un des plus efficaces d’où le doux sobriquet dont il fut affublé : « bites yer legs ». Traduisez par le mordeur de jambes pour faire simple… A l’origine de ce surnom, une pancarte brandit par les fans de Leeds à l’occasion de la finale de la Cup 1968 contre Arsenal. Un surnom mérité tant l’abattement du milieu de terrain était énorme. Ses adversaires redoutaient les moindres contacts qu’ils pouvaient avoir avec lui car son objectif prioritaire n’était pas forcément de prendre le ballon… Evidemment, sa liste de victimes est longue. Il restera aussi dans la légende pour sa fameuse bagarre avec Francis Lee (voir vidéo) où malgré l’intervention du capitaine Bremner ou de joueurs des deux équipes, ils vont quand même s’envoyer des pêches dans le style des boxeurs.
Mais le réduire à cela serait immérité car il a tout de même était champion du monde avec la sélection anglaise en 1966 et remporté la majorité des trophées du grand Leeds en étant rarement absent. Finalement, il terminera sa carrière chez les poètes de Bristol, puis de Barnsley, deux équipes vraiment faites pour lui. Malgré son palmarès hors norme, il restera pour l’éternité « bites yer legs ». Alors qu’il se casse la jambe au début des 70’s, l’un des entraineurs de Leeds United, Les Cocker, est informé de sa blessure. La première chose qu’il répondra est : « La jambe de qui ? », pensant que son joueur avait une nouvelle fois frappé. La réputation encore…

(avec la collaboration de Geo Lafitte)



Stig Töfting (Danemark) :

Certainement le plus grand bûcheron que le football nordique ait connu. Un physique de déménageur et une tête de pitbull avec le crâne rasé faisant passer Florent Balmont pour un vulgaire caniche. Mais Stig n’a pas été gâté par la vie et cela explique très certainement son comportement. Alors qu’il n’a que 13 ans, il retrouve en rentrant chez lui ses parents morts. Son père avait tué sa mère avant de mettre lui-même fin à ses jours. Ce drame familial fera qu’il deviendra très vite orphelin et sans parents, il accumula les mauvaises fréquentations. Il sera notamment impliqué dans une fusillade à Aarhus, sa ville de naissance, et accusé d’un vol d’or dans un musée… Le football sera son échappatoire.
Le danois a un très gros caractère et se maitriser sur le terrain est une tâche compliquée pour lui, même s’il y parvient. Il n’a été exclu que quatre fois dans sa longue carrière de près de 20 ans qui a débuté à Aarhus avant de l’emmener dans d’autres villes danoises, en Allemagne, en Angleterre et même au Japon. Une statistique assez surprenante pour un joueur qui aimait particulièrement les tacles très virils. Sur le terrain, il était très craint par ses adversaires, surtout ceux qui affrontaient le Danemark à partir de 1998 et l’arrivée en sélection d’un autre caresseur de chevilles, Thomas Gravesen. C’est sans doute en dehors des terrains que sa réputation s’est vraiment faite et a renforcé son image de joueur violent. Condamné à des peines de prison plus ou moins longues à chaque fois pour des bastons, il sera renvoyé par deux de ses clubs, Bolton en 2003 et Aarhus l’année suivante. Toujours pour le même motif. Après sa carrière, en plus d’être entraineur assistant, il s’essaiera dans un autre sport, fait pour lui : la boxe. Sydney Lee ne s’en est toujours pas remis…


Giorgio Chinaglia (Italie) :

Le joueur le plus rock’n’roll du football italien. Bien avant et bien plus fort que Marco Materazzi, Paolo Di Canio et même Mario Balotelli, il y avait Giorgio Chinaglia. L’un des plus grands joueurs italiens des 70’s et certainement le plus taré. S’il a connu quelques clubs mineurs avant, sa carrière se résume avant tout à la Lazio Rome et au New York Cosmos. Lorsqu’il rejoint les romains en 1969, l’équipe végète en D2. A son départ, le club est revenu en D1 et a même remporté son premier titre de champion (1974). Chinaglia était dans son élément avec cette équipe de malades qu’avait imaginé le génial coach italien Tomasso Maestrelli. A chaque entrainement, ce dernier provoquait ses joueurs afin qu’ils s’insultent tous entre eux. Une fois lâchés sur le terrain, les oppositions étaient d’une violence extrême et les matchs officiels ressemblaient pour les joueurs à « des matchs amicaux » comme le dit Luigi Martini, autre poète de cette équipe.
De plus, tous les joueurs se baladaient avec dans leur sac de sport un revolver. Pendant les mises au vert, ils s’amusaient à tirer des coups de feu sur tout ce qui se trouvait à l’extérieur… En plus de terroriser la botte, les laziales prendront part à deux bastons mémorables en Coupe d’Europe face aux anglais d’Arsenal en 1970 et d’Ipswich en 1973. Au milieu de tout ce beau monde, Chinaglia sortait du lot pour ses talents de buteur (capocannoniere en 1974) mais aussi pour son caractère et son charisme hors norme. Capable de sortir sa bonne vieille winchester pour faire partir des supporters qui lui bloque le passage quand il est en voiture, son geste le plus mémorable de sa période italienne restera sur le terrain, lors d’un déplacement à Milan. Alors que le match se passe normalement, Chinaglia tape un énorme sprint pour aller donner des coups de pieds, que ne dénigreraient pas Cantona, à D’Amico…son coéquipier !
En 1976, il prend un virage à 360° dans sa carrière en rejoignant la ligue nord-américaine qui monte, la NASL à seulement 27 ans. Surtout, il rejoint le club le plus ambitieux et qui se donne le plus de moyens : le New York Cosmos. Autour des Franz Beckenbauer, Carlos Alberto, Dave Clements, Johan Neeskens ou encore du roi Pelé, il se retrouve au milieu d’une constellation de stars avec laquelle l’entente ne sera jamais très bonne, à cause des autres, mais surtout à cause de son égo surdimensionné. Dans sa tête, il était le number one de l’équipe, et Pelé un simple lieutenant… Quand le brésilien lui reproche de tirer n’importe où et n’importe comment, Chinaglia répond : « Je suis Chinaglia. Si Chinaglia tire d’un endroit, c’est que Chinaglia peut marquer de cet endroit ». Au sein de cette équipe d’egos et de fêtards, les joueurs avaient pour la plupart l’habitude de se fumer des clopes et d’aller en boite quand bon leur semble, chacun de leur côté. Oui, Mvila, Mavinga, Griezmann et Ben Yedder sont visiblement nés trente ans trop tôt. Après sept ans aux states, il arrêtera sa carrière, fréquentera la mafia et tentera en vain de reprendre en main la Lazio. Il ne faut pas non plus oublier son soutien au Mouvement Social Italien (FN italien), un parti auquel adhérait la plupart de ses coéquipiers à Rome…
Finalement, Giorgio décéda le 1er avril dernier des suites d’une attaque cardiaque à 65 ans. La dernière mauvaise blague du regretté plus grand bad boy italien de l’histoire.


Dennis Wise (Angleterre) :

Petit mais puissant. La fameuse marque d’adoucissant bien connu du monde de la publicité colle parfaitement à Dennis Wise. Un milieu de terrain de moins d’1m70 avec une tête de psychopathe vissée sur le haut du corps. Ce mélange colle à la peau de l’anglais. Formé à Southampton, il débutera sa carrière dans la meilleure équipe qui soit pour lui à l’époque : Wimbledon. C’est tout simplement l’équipe la plus détestée d’Angleterre dans les 80’s et 90’s. L’époque du « Crazy Gang ». Aux côtés notamment de Winterburn, Jones, Fashanu ou Hodges, cette équipe est constituée de fous furieux qui n’ont aucun respect et ont l’habitude de se fighter, sur le terrain ou en dehors. Capables de déshabiller un de leurs coéquipiers puis de faire brûler ses vêtements tout en faisant une danse indienne autour, ces joueurs n’ont aucune limite.
Au milieu de ce beau monde, le jeune Wise est un élément clé sur le terrain. Son caractère teigneux en font un moteur du milieu de terrain, comme il le sera ensuite à Chelsea, Leicester ou encore Milwall pour ne citer qu’eux. Avec Wimbledon il gagnera une Coupe d’Angleterre avant d’évoluer onze saisons à Chelsea et de découvrir la sélection anglaise. Evidemment, s’il n’y avait que ça il ne mériterait pas sa place dans ce top 10.
Capable de se fritter sur le terrain avec des Patrick Vieira, Thierry Henry ou encore Paul Scholes, Wise récoltera plus de 120 cartons jaunes et 9 cartons rouges dans sa carrière. Il atteindra son apogée en 1999 : il a écopé cette saison là de quinze matchs de suspension au total ! Un beau bilan. En dehors du terrain, il s’exprimera aussi souvent. Il aura notamment agressé un chauffeur de taxi en pleine rue au milieu de l’année 1995 et mis quelques pignes à Callum Davidson, son coéquipier à Leicester en 2002. Il sera licencié par son club dans la foulée. Se faire virer d’une ville jumelée avec Strasbourg, un peu la lose quand même pour Dennis…

Par Maxime Caze sur le-sport-et-moi.net


Maxime Caze