Foutebol
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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Le Péché originel


Le foot, j'y connais rien, du tout, je me fous du PSG et de l'OM comme de ma première chemise, je me fous du Calcio, de la Champions League, des résultats de l'ASR*, petits, grands clubs, vraiment, rien à battre, je m'en cogne, mais.


Parce qu'il y a un mais

Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours regardé les matchs de l’Équipe de France. Avec intérêt, voire avec passion. Peut-être une énième expression de mon chauvinisme, tare dans l'Hexagone, fierté hors de nos frontières (ça, c'est une autre histoire) mais en fait, non.
Non, parce que je suis trop jeune pour avoir connu la gloire d'un Kopa, et qu'entre son heure et celle d'un certain Platini, il s'est passé quelques paires d'années où le foot français était moyen pour ne pas dire médiocre.

Pourtant, ça me passionnait vraiment, et quand est arrivé Zidane puis la première étoile sur le maillot tricolore, ce fut la récompense, la justification d'un soutien inconditionnel. Et puis il y a eu l'autre final, avec le coup de boule de Zidane. Immédiatement pardonné. On allait pas reprocher à Dieu un coup de tonnerre. Et Zidane est parti.


L'après Zidane serait délicat, on le savait, on se trompait, il fut catastrophique

Pas forcément un problème de joueurs, il en restait de bons, de très bons même, mais un problème d'équipe, d'esprit d'équipe jusqu'à cette apothéose du ridicule, ce sommet du consternant, du pitoyable, la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud avec l'affaire du bus et la grève de Knysna. La grève ! On représente la nation, plus, la fierté d'une nation, et on fait grève !

A ce moment là, il n'y aurait dû avoir qu'une réaction possible, la révocation totale et définitive de cette équipe. On ne fusille plus les déserteurs, tant mieux, mais on les vire. A jamais. Peu importe la perte de très grands joueurs, peu importe l'anéantissement, on repart à zéro, avec des gars qui veulent jouer, qui veulent porter ce putain de maillot bleu. On est fiers. Merde.

Ou alors on continue, sans espoir de rémission, avec ces joueurs marqués à jamais du Péché originel. nous contentant de rares victoires dont on se goinfre affamés que nous sommes, comme le match de ce soir en face d'une modeste Biélorussie qui nous a quand même menés et inquiétés une bonne heure, mais bon, moi, le foot, j'y connais rien.

*Association Sportive Rétaise

Alfred Galahad