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Le PSG, le Qatar et l'argent : révélations ?


Extraits du livre-enquête de nos amis Gilles Verdez et Arnaud Hermant


Nasser al-Khelaïfi : "le PSG respecte les lois françaises"

Nasser al-Khelaïfi (ndlr : président du club de football du Paris Saint-Germain, du Paris Handball et de la Fédération qatarie de tennis ainsi que directeur général de la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera Sport) martèle que le PSG "respecte les lois françaises: on le fait aujourd'hui et on le fera demain".

Cela signifie en creux que les impôts des joueurs sont payés en France et pas à l'étranger.

Un salarié du PSG est donc nécessairement résident fiscal de l'Hexagone. Le Qatar refuse, selon Nasser, tout montage via des sociétés offshore, tout versement d'une partie des revenus en droits d'image ou toute autre "astuce", car Doha tient à rester irréprochable.

En revanche, l'impatriation est une solution légale utilisée par la direction du PSG. Cette mesure fiscale concerne les étrangers qui arrivent en France, ou les Français qui ont passé cinq ans et plus à l'étranger. Elle permet d'exonérer totalement de l'impôt sur le revenu 30% des rémunérations. Lors de la saison 2011-2012, Lugano, Pastore, Alex, Thiago Motta, Sirigu, Maxwell, et même Ménez qui, entre Monaco et Rome, a séjourné cinq ans en dehors de nos frontières, ont bénéficié de cette niche fiscale. Idem en 2012-2013 pour les stars Ibrahimovic et Thiago Silva.
(Extrait p. 18 -20)



Une rémunération de base et des primes de toutes natures

A Milan, le président du club reçoit longuement l'agent d'Ibrahimovic, Mino Raiola, pour lui confirmer sa volonté de transférer le Suédois à Paris. Raiola rend compte de cette discussion dans la soirée à Ibra, au domicile suédois de celui-ci. L'homme au catogan ne peut pas vraiment choisir son club, il choisira donc son salaire: il obtiendra 9 millions d'euros net d'impôts par an, avec garanties de protection totale en cas de changement de régime fiscal en France. Jeudi 12 juillet, au Parc des Princes, Leonardo reçoit les représentants du Suédois qui énoncent leurs conditions. Il ne faut que quelques heures au Brésilien pour obtenir le feu vert total du Qatar sur le volet financier.

Mais le PSG doit se livrer à d'intenses séances de calcul, et travailler sur plusieurs versions du contrat en tenant compte des modifications envisageables du taux d'imposition. Les agents du joueur, qui a maintenant donné son accord de principe en se prélassant aux Baléares, ne laissent rien au hasard. Cela prend du temps. De plus, le Suédois, comme tous les grands buteurs, sollicite des rallonges financières pour ses buts, notamment en Ligue des champions, surtout s'ils sont décisifs et permettent la qualification. Il s'agit de primes à la statistique. Nous avons consulté des contrats semblables. Parfois, une surprime est même accordée par "tranche" de cinq ou dix buts.



Tous les moyens sont bons pour augmenter la rémunération de base

Les contrats sont truffés d'avenants ou de clauses parfois surréalistes. Le 20 août 2012, le site brésilien iG Esporte publie l'un de ces avenants, celui du contrat de Thiago Silva. Le média joint la photocopie du document avec en-tête de la Ligue de football professionnel en gage d'authenticité. On y apprend que le Brésilien est lié avec Paris jusqu'en 2016, mais qu'il obtiendra une prolongation d'une saison (jusqu'en 2017 donc) en cas de qualification directe pour la Ligue des champions. Son salaire est de 780.000 euros par mois. Le PSG s'engage à lui verser une compensation de 200.000 euros, car son équipementier, Nike, le rémunère moins que les saisons précédentes, considérant que le PSG n'est pas une formation de catégorie 1 comme l'est l'AC Milan! Evidemment, Thiago Silva, évoluant en défense, ne peut revendiquer de primes de but. Il touchera donc d'énormes primes d'objectif si Paris remporte des titres: 650.000 euros pour un succès en Ligue des champions, 257.000 pour le titre de champion de France, 193.000 pour la deuxième place, 161.000 pour la Coupe de France.

Extrait p. 28-30 | LE PSG, LE QATAR ET L'ARGENT. L'ENQUETE INTERDITE, Gilles Verdez et Arnaud Hermant, Editions du Moment, 250 pages, 18,50 euros en promo à 17,58 sur Amazon