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Le Football féminin peut-il faire bon ménage avec le football masculin ?


A l’occasion du colloque organisé par l'Association Droit et Sport Lyon 3 (Université Jean Moulin) le 30 mai dernier, différents spécialistes du monde sportif étaient présents pour débattre sur la professionnalisation du football féminin en France.


La Fédération Masculine de Football

Le Football féminin peut-il faire bon ménage avec le football masculin ?
La Fédération française de football ne compte parmi ses licenciés, que 2,7 % de femmes. Les pays scandinaves, asiatiques ou encore les Etats-Unis démontrent que la pratique du football est tout autant masculine que féminine. Pour s'efforcer de remédier à ce déséquilibre, la FFF a créé il y a trois ans une commission de féminisation. « Notre commission a plusieurs buts, comme proposer des projets aux différentes régions afin de dynamiser le football féminin et leur proposer une meilleure communication » déclare Laura Georges, joueuse de l’Olympique Lyonnais.

Même si l’une des grandes priorités de la Fédération Française est de développer le football féminin dès le plus jeune âge, Matthieu Rabby, ancien cadre de la FFF, souligne l’évolution assez lente des mentalités : « On a mis 20 ans à admettre qu’il y a des joueuses pros et qu’elles puissent être rétribuées contre leur activité principale, à savoir le football ».

Lorsqu’on évoque le Football avec un grand « F » c’est, la majeure partie du temps, du football masculin auquel on fait allusion. « Je pense qu’on aura fait un grand pas quand on arrêtera de parler du football féminin, on ne parle pas de natation ou d’athlétisme féminin» argumente Pascal Grégoire-Boutreau, ex-grand reporter du quotidien l'Équipe. Un certain rééquilibrage des licenciés, des acteurs du football mais aussi du statut des joueuses permettrait d’avoir une Fédération plus unie sur le plan amateur et professionnel.

Une professionnalisation à deux vitesses

A l’issue du vote du conseil fédéral, les joueuses de football françaises accédaient au statut professionnel le jeudi 5 mars 2009. Il avait été conféré à leurs homologues masculins en 1932. Un intervalle de 77 ans qui symbolise le retard existant entre les deux sexes concernant la reconnaissance de la pratique du football en tant qu’activité professionnelle.

« Ces contrats professionnels, c’est tout simplement l’extension de ce qui se passe dans les championnats amateurs garçons au niveau des championnats féminins que sont la D1 et la D2 » rajoute Matthieu Rabby. « Cette extension même si elle a été relativement longue à aboutir, existe désormais, elle n’est sans doute pas parfaite, et ce qu’on a fait pour les garçons peut être fait pour les filles. »

Deux mondes différents

Les moyens financiers et la sur-médiatisation font du football masculin un monde à part. Même les autres sports évoluent dans une autre catégorie. La comparaison entre le football masculin et féminin est donc contestable. Au contraire le football féminin a son propre style de jeu, une mentalité différente, considérée souvent comme étant plus saine, et une image bien à elle.

« Il y a plusieurs enjeux dans la question de la professionnalisation du football féminin : un enjeu en termes de valeurs, en termes de régénération du football qui semble avoir besoin d’un nouveau souffle » explique Jean-Luc Minier, Responsable de la licence professionnelle à l’IUT de Lyon.

Le football féminin possède son propre univers et défend une certaine idée du football et du sport en général. « J’ai la certitude que le football féminin va poursuivre sa quête de reconnaissance et de médiatisation et surtout croyez-moi, va susciter un véritable engouement. Et ça ne viendra pas forcément des instances fédérales ».

Antoine Monceaux

Crédit photo: DR / F.Porcu / FCFJE

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