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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Le Calcio va changer


Le foot italien ne semble pas parvenir à quitter la pente descendante. C’est en tout cas l’opinion du grand public. Au niveau européen, il faut remonter très loin pour voir d’aussi mauvais résultats des équipes italiennes. Prandelli a donné raison à Antonio Conte, qui disait qu’il fallait « de nouvelles idées aux équipes italiennes pour concurrencer les autres pays ». En attendant, c’est sur deux fronts que les instances du calcio vont batailler : la justice sportive et les droits télé.


Le Calcio va changer
Calcioscommesse , après calciopoli, a mis en lumière une série d’absurdités dans le chef de la justice sportive italienne. Des faits relayés par certains journaux, étouffés ou légitimés par d’autres, mais qui ont passé les frontières pour arriver en Espagne où l’on a titré « La Juve face à un pays de merde ». Un système jugé obsolète par beaucoup mais véritablement remis en cause quand Naples en a souffert.

C’est Giovanni Malago, le nouveau président du CONI, qui désire fortement un changement. Le changement, c’est ce que beaucoup de monde désire aussi. Mais celui qui est désiré par la FIGC n’est sans douter pas celui espéré par la majorité. Explications : si la notion de responsabilité objective des clubs, et l’instauration d’un vrai débat entre procureurs et accusés seront sans doute des éléments importants de la réforme, la première intention de la FIGC est de se débarrasser du TNAS. Surnommé le « scontificio » par certains (on peut comprendre l’expression par l’office des ristournes), c’est l’organe qui a permis à Conte, dernièrement, ou encore à Naples de voir leur peine réduite. Dans la plupart des cas, le TNAS rend des décisions plus justes en empêche clubs et joueurs d’être punis par des aveux, confessions ou mensonges, appelez cela comme vous le voudrez, de repentis. L’idée de la FIGC, c’est d’instaurer un dernier organe de la justice sportive, à la place du TNAS, qui n’aurait pas le même rôle que ce dernier mais la mission de juger si les règles ont été respectées. Une sorte de cassation. Soit, l’objectif déclaré est un premier niveau de justice plus juste, qui aurait aussi plus de pouvoir.

L’autre changement qui pourrait quelque peu bousculer la série A concerne les critères de redistribution des droits TV, qui fonctionne pour le moment de la manière suivante :
- 40 % en part égales
- 30 % sur le “bassin d’écoute” (5% pour la population de la ville et 25% pour le nombre de supporters)
- 30 % sur les résultats précédents (15% sur les 5 dernières années, 10% depuis la saison 1946-47 et 5% sur la dernière saison)

Ce sont les dirigeants du Chievo et de Palerme qui ont adressé un recours. La critique du système est basée sur trois critères, à savoir les 10% basés sur le classement, le pouvoir décisionnaire de la Lega, qui gère les critères critiqués, et les 25% basés sur le nombre de supporters, l’aspect qui relève le moins du mérite des équipes. Les deux clubs qui ont déposé un recours vont demander réparation auprès du Tribunal arbitral de Milan.

Les changements, c’est bien. Les bons, c’est mieux. La justice sportive pourrait en devenir une vraie mais les réformes amorcées par la FIGC restent pleines d’interrogations. Ce ne sera que dans les faits qu’il sera possible de juger de leur réussite. Les droits TV, eux, pourraient être redistribués via des critères davantage basés sur le mérite. Un système plus sport. Une chose est sûre, le redressement du niveau du football italien devra passer par autre chose.