Foutebol
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Le foot qui s'amuse à réfléchir


La gauche va gagner le championnat


Les huit premières villes du classement de Ligue 1 sont gérées par la gauche ; parmi les quatre dernières, trois sont administrées par la droite ; au sein de l’élite, 14 clubs sur 20 sont adossés à des conseils municipaux socialistes ou apparentés. Oui, et alors ?



Un petit peu de n’importe quoi aujourd’hui. De toute façon on s’en fout, c’est dimanche, c’est la crise. Tout part à vau l’eau. Tous à poil ! Je te propose de lire ceci comme tu parcourrais d’un regard hautain le fameux classement des Français préférés des français du Journal du dimanche.
1er : Noah,
2e : l’Abbé Pierre et Jean-Marc Thibaud,
3e : Zinédine,
4e : Simone Veil…
Pfff.
Une lecture à peu près aussi pertinente qu'un merveilleux Message à caractère informatif :
 

Alors voilà. J’ai constaté que les huit premières villes du classement de Ligue 1 sont gérées par la gauche, que parmi les quatre derniers trois sont administrées par la droite et qu’au sein de l’élite, 14 clubs sur 20 sont adossés à des conseils municipaux socialistes ou apparentés. Voilà, c'est dit. Bon... La preuve en images :
  • Montpellier : Hélène Mandroux (PS)
  • Paris : Bertrand Delanoë (PS)
  • Lille : Martine Aubry (PS)
  • Rennes : Daniel Delaveau (PS)
  • Lyon : Gérard Collomb (PS)
  • Toulouse : Pierre Cohen (PS)
  • Lorient : Norbert Métairie (PS)
  • Saint Etienne : Maurice Vincent (PS)
  • Marseille : Jean-Claude Gaudin (UMP)
  • Caen : Philippe Duron (PS)
  • Sochaux : Albert Matocq-Grabot (DVG)
  • Dijon : François Rebsamen (PS)
  • Evian Thonon Gaillard : Marc Francina (UMP), Jean Denais (UMP)
  • Bordeaux : Alain Juppé (UMP)
  • Brest : François Cuillandre (PS)
  • Auxerre : Guy Ferez (PS)
  • Valenciennes : Dominique Riquet (UMP)
  • Nancy : André Rossinot (UMP)
  • Nice : Christian Estrosi (UMP)
  • Ajaccio : Simon Renucci (apparenté PS)

Faut-il chercher dans les livres d’histoire politique plus que dans France Football, la différence radicale de fond de jeu, entre le Brésil et l’Argentine ? C'est possible...

Alors... Qu'est-ce qu'on fait de ça maintenant ? On nanalyse un brin ?
Deux voies s’offrent à nous. Un petit chemin tortueux et cabossé qui tendrait à affirmer qu'on tient là une explication à la déliquescence de la Ligue 1 et du foot français dans son ensemble. Et une autoroute éclairée comme en Belgique, affirmant que, au contraire, on possèderait enfin la preuve irréfutable de l'excellence de la gestion de la gauche, propice à l’extase, à l’épanouissement de tous y compris l'élite.

Mais ne tombons pas dans cette facilité crasse.
Nous savons que la gestion du foot et les logiques qui le meuvent sont plutôt de droite. Le pognon à outrance, la loi du plus fort et j'en passe... On sait aussi que la gestion des clubs n'a rien à voir avec les municipalités qui les hébergent. À Lyon Jean-Michel Aulas n'est pas vraiment sur la même longueur d'ondes que Gérard Collomb. À Paris, Bertrand Delanoë n'a pas choisi le Qatari Nasser El Khelaifi. À Ajaccio, Alain Orsoni, l'ancien président du Mouvement pour l'autodétermination, est peut-être un pote de Simon Renucci mais bon... Oui à Lille Michel Seydoux aurait déclaré adorer Martine Aubry... mais qui peut vraiment le croire sur parole ? « Nos relations sont sportives, pas du tout politiques », explique t-il.
 


Voilà on n'a pas vraiment avancé.
C'est comme une petite mallette avec des outils dont tu n'auras jamais aucune utilité. Celle où il y a les toutes petites clés à molette, le cadeau à la noix. A moins que... Profitant de l'ébriété générale, tu pourras éventuellement t'en servir pendant le repas de Noël, quand ton tonton trop à droite commencera à t'échauffer les oreilles avec ses habituelles « feignasses de syndicalistes ». Tu pourras lui balancer « Mais alors explique moi pourquoi 75% des clubs de L1 sont issus de villes gérés par la gauche, hein ? » Avant qu’il ne puisse répondre – laissé là, pantois, saisi par la surprise et le néant ouvert par la vacuité de l’argument - il faudra vite t’éclipser, profiter de ton petit effet et prétexter une dinde à découper, ou avec qui discuter le bout de gras in the kitchen.
 


On y reviendra sans doute un de ces dimanches, mais il est compliqué de trouver des liens entre le foot et la politique.
Le Catenaccio italien, violent, bas de plafond, renfermé sur lui-même, avait-il à voir avec un quelconque héritage des années fascistes ? Il semblerait que non. Le football total des Hollandais des années 70, s’est-il appuyé sur la dimension libérale et inventive d'une société progressiste en diable ? Bof. La Movida espagnole trouve-t-elle un prolongement dans l'équipe qui atteignit la finale du championnat d'Europe en 1984 ? Mouais... La France s'est-elle sentie libérée après l'élection de Mitterrand en 1981, pour laisser s’exprimer sa créativité inégalable ? Créativité, battue en brèche par une Mannschaft ultra réaliste, intraitable bulldozer depuis le franchissement de la ligne Maginot ? Peut-être. On a entendu des choses dans ce goût là... Faut-il chercher dans les livres d’histoire politique plus que dans France Football, la différence radicale de fond de jeu, entre le Brésil et l’Argentine ? C'est possible...

Là-dessus, je te laisse.
C'était vraiment très intéressant.