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La Juventus de 96 réaccusée de dopage


Mercredi, une petite bombe a explosé dans le petit monde du football. Peu de dégâts, qui ont apparemment rapidement été nettoyés. On parle de la Juventus, qui en 96 aurait été préparée à l'EPO avant sa finale de C1. Des faits que beaucoup disent connus, ou pas étonnants. Un reportage hollandais sera bientôt diffusé. Retour sur les faits.


Un article complété par les textes suivants sur mon blog perso :
Dangereux football?
Médicalisation = dopage?


La Juventus de 96 réaccusée de dopage
En 2007, la Cour de Cassation déclare prescrits les faits de fraude sportive dans le procès de l'ex-administrateur-délégué de la Juventus Turin, Antonio Giraudo, et du médecin du club turinois, Riccardo Agricola. En appel, en décembre 2005 à Turin, les deux hommes avaient été relaxés de l'accusation de fraude sportive ainsi que d'usage et de distribution d'EPO (érythropoïétine). Le pourvoi en cassation avait été formé par le Parquet de Turin.

Six ans plus tard, Giuseppe d'Onofrio et Alessandro Donati, deux scientifiques italiens présentés par la Nos comme des spécialistes du dopage, tirent leur conclusion après avoir eu accès à des documents saisis lors de perquisition dans les locaux de la Juve en 1998. Pour les deux scientifiques cités par la Nos, il ne fait guère de doute, au vu des documents reprenant notamment des analyses des échantillons sanguins de joueurs, que les Turinois «ont été préparés à l'EPO» avant leur finale face à l'Ajax. Selon son site internet, la Nos diffusera dimanche soir, à 22 h 15 (20 h 15 GMT), un reportage complet censé étayer les dires de d'Onofrio et Donati.

Pour ceux qui, de près ou de loin, connaissent l’affaire, la question est simple : quels éléments nouveaux pourront être apportés à l’histoire ? Pour l’expliquer, il est important de résumer l’affaire.

Tout commence en 1998 quand Zdenek Zeman, à l’époque entraîneur de la Roma parle dans une interview de « l’explosion musculaire » de joueurs turinois, expression à laquelle il ajoute que le calcio devrait « sortir des pharmacies ». S’en suit l’ouverture d’une enquête qui débute par une perquisition dans les locaux de la Juventus durant laquelle des dossiers médicaux sont saisis. 281 types de médicaments sont trouvés, tout comme une dizaine de produits interdits par le Comité international olympique. D’autres manipulations pharmacologiques auraient aussi laissé des traces indirectes dans certains dossiers médicaux.

En novembre 2004, le jugement est rendu sur base des recherches et témoignages de spécialistes, Giuseppe d’Onofrio, hématologue, en tête de liste, et le pharmacologue Eugenio Muller. L’expertise a porté sur l’étude des paramètres sanguins de quarante-neuf joueurs et a conclu à l’utilisation quasi certaine de l’EPO ou de transfusions pour deux joueurs, Conte et Tacchinardi, et probablement pour six autres, dont Didier Deschamps.

D’autres experts parlent également de médicaments détournés de leur usage classique, comme des stimulants cardiaques ou des antidépresseurs. Il pense également que dans le cas de Zidane, des produits pourtant contre-indiqués à l’égard de sa santé lui auraient été administrés. Le joueur lui-même a avoué avoir pris de la créatine. Un produit pas interdit. Les scientifiques ne sont pas tous d’accords quant à la dangerosité, ou non, de ce produit.

En 2000, il a aussi été dit Juve avait pris sous contrat en 1998 deux "conseillers" pour le moins controversés, qui opéraient auparavant dans l’athlétisme: l’Argentin Guillermo Laich, «spécialiste de l’hormone de croissance, réputé pour ses méthodes plutôt dangereuses», et le Néerlandais Henck Kraajienhof, connu pour avoir soutenu par le passé l’utilité des stéroïdes.

Finalement, la cour d'appel du tribunal de Turin n'a pas remis en cause les conclusions de l'expertise pour blanchir le médecin de la Juventus. Elle a simplement précisé que ni l'usage de médicaments ni l'administration d'EPO n'étaient considérés comme un délit au regard de la loi sur la fraude sportive en vigueur en Italie au moment des faits. Le mercredi 15 décembre 2005, les dirigeants de l’époque de la Juventus de Turin ont donc été "blanchis".

Des faits avérés. Des faits à l’époque pas considérés comme des délits. Quoi qu’on en pense Giuseppe d'Onofrio et Alessandro Donati semblent encore avoir des choses à dire. Pour eux, tous les joueurs de la Juventus ont été préparés à l’EPO, en 1996, avant leur finale face à l’Ajax.

Au-delà de cela, l’affaire avait ouvert de nombreux débats. Beaucoup, ne sont toujours pas terminés. Les joueurs sont-ils des victimes du dopage ? Ou sont-ils tout à fait conscients de ce qui se passe ? Pensent-ils vraiment que certaines injections ne soient que des « vitamines » ? Faut-il les punir ou ? Les punir ne serait pas un frein à la dénonciation du dopage par les sportifs eux-mêmes ? …

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