Foutebol
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La FIFA va-t-elle déplacer la Coupe du Monde 2022 au Qatar en hiver ? #porteninwouak


Et pourquoi pas les Jeux Olympiques d'hiver en plein mois d'août ?!


Joseph Blatter, le président tout-puissant de la FIFA, a décidé cet été de mettre à l'étude l'éventualité d'un changement de dates pour jouer le Mondial en hiver et non plus, comme traditionnellement en été, afin d'éviter les chaleurs accablantes (près de 50 °C) dans le petit émirat. Jusqu'ici, le dirigeant était resté neutre sur le sujet alors que Michel Platini, le président de l'Union européenne de foutebol (UEFA) militait pour la tenue d'une Coupe du monde en hiver.


En cas de déplacement de l'épreuve en hiver, l'impact sur le foutebol mondial serait sans précédent

Un bordel sans nom ! La Premier League anglaise, par exemple, redoute un "chaos" si on chamboule ses calendriers, normal. Imagine chez nous, la Ligue 1, une Coupe du Monde en plein hiver, le foutoir, inimaginable.

Au-delà du débat sur le calendrier, les révélations, la semaine dernière, du quotidien britannique The Guardian qui rapporte notamment que 44 travailleurs népalais au Qatar seraient morts entre le 4 juin et le 8 août sur les chantiers de construction des stades, devraient épicer les discussions. Lire notre article là-dessus : Coupe du monde 2022 : le mondial de la honte ?

Depuis, soyons équitables, nos amis du Qatar ont catégoriquement démentis les accusations d'esclavagisme ou de travail forcé, parlant d'"informations fausses" et de "chiffres exagérés". Le mouvement syndical international a jugé mardi "faible et décevante" cette réponse qatarie. Une délégation internationale de défense des travailleurs se rendra prochainement sur place pour "constater les conditions de travail des migrants". D'ici là, la FIFA, "préoccupée" - mon œil - va de "nouveau entrer en contact avec les autorités du Qatar". Elle a indiqué que "la question sera également discutée lors de la réunion du comité exécutif".

Une grosse pavasse dans le jardin qatari

Le 19 septembre, Joseph Blatter lâchait une cartouche dans le quotidien allemand Die Zeit. Blatter a reconnu que le choix du Qatar pour accueillir le Coupe du monde de foutebol 2022 avait été "influencé par des intérêts politiques et économiques", ce qui est interdit par le règlement de la procédure de désignation. Une grosse pierre jetée dans le jardin qatari qui pourrait devoir renoncer à l'organisation du tournoi mondial si ces faits étaient prouvés. Pour le savoir, il faudra attendre les conclusions de Michael Garcia, le président de la chambre d'investigation de la commission d'éthique mise sur pied par la FIFA. L'Américain enquête depuis août 2012 sur les processus de désignation des Mondiaux 2018 (Russie) et 2022. Il est annoncé en Angleterre, autre candidat malheureux à l'organisation du Mondial 2022, dans les prochains jours.


Une allusion à peine voilée à une entrevue secrète qui se serait tenue à l'Elysée le 23 novembre 2010

La sortie médiatique de Blatter est également très politique. Car le Suisse pourrait se représenter lors des prochaines élections en 2015 et avoir, comme principal adversaire, notre ami Michel Platini, qui a reconnu avoir voté pour le Qatar. Dans son interview, Blatter s'autorise ainsi une allusion à peine voilée à une entrevue secrète qui se serait tenue à l'Elysée le 23 novembre 2010 et qui, selon plusieurs médias français, aurait réunie le président Nicolas Sarkozy, Tamim Al-Thani, alors prince héritier du Qatar, Michel Platini et Sébastien Bazin, alors propriétaire du PSG. Le rachat du Paris-Saint-Germain et le vote de Michel Platini en faveur du Qatar auraient été évoqués. "Nous venons de charger une nouvelle commission d'éthique indépendante de tout examiner une nouvelle fois, dont l'attribution du Mondial au Qatar", a ajouté Blatter (rires).

On reste sur le dossier, en tout cas.
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Source : LeMonde