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La CAN est-elle encore une grande compétition ?


L’affiche de la finale de la coupe d’Afrique des nations 2013 opposera donc le NIGERIA au BURKINA FASO, ce dimanche à 19h30 au National Stadium de Johannesbourg.

Après environ un mois de compétition, c’est presque dans l’anonymat absolu que va se dérouler cette finale inédite entre deux équipes qui n’étaient pas attendues à ce niveau de la compétition. Alors comment expliquer la perte d’exposition de la plus prestigieuse des compétitions Africaines ? Mais également le manque de ferveur autour d’un événement sportif de plus en plus controversé ? Voici quelques éléments de réponses...


La CAN est-elle encore une grande compétition ?
Pour rappel : La CAF a pris le pari d’organiser deux CAN consécutivement afin d’éviter que la compétition soit disputée la même année que la coupe du Monde de football.
Initialement prévue en Lybie, la compétition a été délocalisée en Afrique du Sud aux vues de l’instabilité politique du pays. Un choix que l’on pouvait pensé raisonnable pour plusieurs raisons : l’Afrique du Sud dispose d’infrastructures sans équivalents en Afrique, aussi bien au niveau sportif qu’au niveau routier et hôtelier. Mais surtout l’AFS jouit d’une expérience à l’échelle mondiale suite à l’organisation de la Coupe du Monde 2010. Ce fut donc le choix de la sécurité avant tout pour la CAF.


De nombreuses têtes d’affiches absentes…

L’essence même d’une compétition de haut niveau est de voir s’affronter les meilleures équipes du continent. Mais lors de cette CAN 2013 – à l’instar de 2012 – de nombreux poids lourds manquent à l’appel. On pense notamment à l’équipe la plus titrée d’Afrique : L’Egypte, froidement éliminée par le Centre-Afrique… Le Cameroun a aussi trépassé en faisant les frais d’une équipe Capverdienne qui confirmera que sa qualification pour la phase finale n’était pas usurpée en atteignant les quarts de finale. Enfin le Sénégal, annoncé par beaucoup comme l’une des meilleures équipes d’Afrique notamment grâce à sa force de frappe offensive, ne parviendra pas non plus à se qualifier. Tout cela avait bien avant le début de la compétition suscité beaucoup de commentaires néfastes, jugeant que le niveau global serait médiocre et que l’intérêt de cette CAN moindre.

… Mais également des stars …

Avec la non-qualification d’équipes phares, les stars Africaines pouvant exporter l’image de la CAN à l’étranger ont pris du plomb dans l’aile… Ainsi les absences des ETO’O , DEMBA BA et autre Alexander SONG ont inévitablement porté préjudice à l’exposition médiatique de la compétition.
Cependant, les absences des stars ne sont pas seulement dues à une non-qualification. L’équipe du Ghana est le cas le plus frappant avec notamment K.P. BOATENG ainsi que M.ESSIEN ne souhaitant plus participer aux joutes internationales avec leurs sélections. Mais également des cas pluridisplinaires : les frères AYEW, ainsi que les marocains TAARABT et CHAMAKH.

De plus, le positionnement de cette compétition en plein milieu de la saison est sans surprise l’une des contraintes majeures. Entre les joueurs évoluant dans des grands clubs, qui ont peur de se blesser ou de voir leur place de titulaire mise en danger et des clubs ne souhaitant pas recruter de joueurs s’ils envisagent d’aller à la CAN. On assiste ainsi à un véritable bras de fer entre club et joueurs mais également à plus de retenue de la part de certains porte-drapeaux censés élever le niveau de la compétition par leurs talents (BELHANDA / FEGHOULI / DROGBA, etc.).

Ajoutez à cela des stades à moitié vides, des arbitres de niveau médiocre (notamment celui de la demi-finale Ghana - Burkina Faso), une retransmission TV (en Afrique) mal répartie… vous obtenez les principales causes de la dévalorisation de la CAN.




La finale qui aura lieu Dimanche, confirme, elle, un constat global qui consiste à privilégier les joueurs du « cru » c'est-à-dire les joueurs ayant été formés dans leur pays d’origine et évoluant pour la plupart dans le championnat local. Étant donné le court laps de temps de préparation, avoir une ossature locale facilite la cohésion d’un groupe et la mise en place d’une identité de jeu.
Compte-tenu de tous les facteurs cités précédemment, le niveau de cette compétition reste globalement faible, et le manque de professionnalisme notamment au niveau des fédérations africaines se transpose sur le spectacle proposé par les sélections sur le rectangle vert.
La CAN 2013 ne fut donc pas une réussite, tant au plan du jeu qu’à celui de la ferveur qui l’entourait… nouvelle chance de redorer le blason de cette compétition en 2015 : rendez-vous cette fois-ci au Maroc.

Riad Chajiddine