Foutebol
Foutebol
Le foot qui s'amuse à réfléchir


Je me souviens


"Je me souviens", c’est la devise du Québec, c’est marqué sur la plaque d’immatriculation des chars.


Je me souviens
En 1989, l’année de mon arrivée, j’avais été étonné du manque total d’intérêts pour le foutebol dans ce pays, personne ne connaissait Maradona, VanBasten et encore moins Platini. Wayne Gretzky jouait depuis une saison au Kings de Los Angeles, Mario Lemieux était la star montante. Les Flames de Calgary les champions de la coupe Stanley aux dépens du Canadien de Montréal, les Expos, eux, frappaient des balles de la Ligue Nationale de Baseball dans le stade Olympique, sinon il y avait le golf, voilà le paysage sportif auquel j’avais droit.

Je me souviens qu’aucune chaîne de télévision publique ne diffusait la finale de la coupe du monde de foot en 1990.
Je travaillais à la campagne et j’étais allé à Valleyfield à bicyclette(35km), la ville la plus proche, parce qu’on m’avait dit qu’il y avait un bar sportif avec des télés via satellites, et que je pourrais peut-être y voir la game de soccer. "Tu vas voir des filles parce qu’ici c’est elles qui jouent au soccer". Je n’avais pas de chance, les "Expos" jouaient ce dimanche après-midi (ils jouent tous les jours au baseball, parfois 2 matchs dans la même journée) Enfin, comme j’avais une p’tite gueule sympathique et que je m’étais tapé plus d’une heure de vélo pour voir le match, la serveuse m’a allumé une petite télé au bout du bar sur un poste américain sans le son parce qu’il y avait les commentaires du match de baseball sur écran géant. J’ai vu l’Argentine de Maradona se faire battre par la Mannshaft puis après un sevrage total de foot pendant 8 ans avec pour reprise le sacre des Bleus (De quoi redonner le goût).
Entre-temps le vide total.

Maintenant quand la saison de hockey est terminée, la ville de Montréal parle foutebol, klaxonne foutebol, les gens affichent leurs couleurs lors des grands événements, les voitures circulent avec leurs petits drapeaux. L’impact, vient de faire son entrée dans la MLS et le nom de joueurs célèbres n’est plus inconnu de tout le monde. J’habite un quartier Italien, dimanche je vais me faire le plaisir de voir la finale au bistro d’à côté, où ça ne parle qu’Italien, où dieu s’appelle Gianluigi, Andréa et en plus le café espresso est d’une rare qualité.

jean-yves larhantec