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Japon: Le football féminin passe de l’anonymat au star-system


L’équipe japonaise de football féminin n’avait jamais remporté de compétition majeure. Avant la Coupe du monde 2011, le meilleur résultat des Nadeshiko Japan était une quatrième place aux JO de Pékin. Le Japon fait aujourd’hui partie des trois équipes favorites pour les JO de Londres, après avoir remporté deux titres majeurs en 2011 et 2012.


Japon: Le football féminin passe de l’anonymat au star-system
Les Nadeshiko Japan étaient certes la meilleure équipe asiatique engagée dans la Coupe du monde 2011 en Allemagne, mais elle plafonnait à la quatrième place du classement mondial Fifa. Au départ vers l’Allemagne, il y avait 10 journalistes et aucun supporter. Au retour, 260 journalistes, 400 fans et tout un pays les attendait. Entre-temps, les joueuses nippones avaient remporté la Coupe du monde face à une équipe américaine qu’elles n’avaient jamais vaincue en 25 matches.

Début mars 2012, les Nadeshiko Japan ont récidivé à l’Algarve Cup de Faro (Portugal), privant les États-Unis d’une dixième finale et d’un troisième titre consécutifs, et remportant la compétition face à des Allemandes pourtant archifavorites.

Ganbaro !

Trois raisons expliquent comment une équipe sans championnat professionnel national ni sponsor de premier plan est parvenue à vaincre successivement les deux géantes du football féminin mondial.

En premier lieu, les joueuses japonaises se sont battues pour leur pays. L’entraîneur des Nadeshiko Japan a montré aux joueuses, avant chaque match de la Coupe du monde, des images de villes japonaises dévastées au moment du séisme et du tsunami. Puis il leur a dit un seul mot : « Ganbaro ! », ce qui en jargon sportif signifie « On ne lâche rien ! »

La deuxième raison est à la fois technique et financière. Les Nadeshiko Japan avaient naguère un complexe d’infériorité face aux équipes étrangères, plus fortes physiquement, techniquement et financièrement. C’est alors que la Fédération japonaise de football féminin a décidé de financer l’expatriation des joueuses, offrant dès 2010 une prime quotidienne de 10 000 yens (90 euros) à toute joueuse engagée dans un championnat professionnel à l’étranger. Ainsi a-t-on vu deux Japonaises à Montpellier, deux à Potsdam et deux autres aux États-Unis, où il existe des championnats de football féminin renommés.
La troisième raison s’appelle Homare Sawa.

La talentueuse Homare Sawa, symbole de discipline et de jeu collectif

La capitaine des Nadeshiko Japan est internationale depuis l’âge de 15 ans. Homare Sawa a construit sa carrière et doit son prestige à un « fighting spirit » hors du commun. Puisqu’il n’existait pas encore de championnat féminin au Japon, elle a commencé sa carrière dans des équipes masculines. La carrière de cette milieu de terrain de 1,64 m a subi deux ruptures majeures dont elle a su faire des tremplins : la disparition de son club japonais, qui l’obligea à s’expatrier dans le championnat américain, puis la disparition de son club aux États-Unis, qui la fit revenir dans le championnat nippon en 2003.

Homare Sawa a été élue meilleure joueuse de la Coupe du monde 2011 (elle y a notamment marqué cinq buts), puis meilleure joueuse de l’année 2011 par la Fifa. Elle était inconnue et ne gagnait pas grand-chose au début de sa carrière professionnelle. Aujourd’hui, elle croule sous les demandes d’interview, les sponsors se battent pour capter son image et le public japonais se lèvera au milieu de la nuit pour la voir évoluer aux JO de Londres. Ses collègues des Nadeshiko Japan ont pour consigne de toujours « regarder [son] dos ». Là où s’inscrit le numéro 10, comme sur le maillot de Michel Platini.
Crédits photo: Reuters, Ledevoir

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