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Le foot qui s'amuse à réfléchir


JO 2012 : le jour de gloire de Teddy Riner est arrivé ?


Il l'a dit et répété sur tous les plateaux de téloche, la date est cochée dans son agenda depuis des mois : le vendredi 3 août, c'est aujourd'hui.


Interview

On a l’impression que rien ne peut vous atteindre. Que tout est programmé jusqu’à votre victoire. Vous êtes d’un calme… olympien.
Teddy Riner : Je ne viens pas pour décrocher du bronze ou de l’argent. Je viens pour de l’or. Je me suis entraîné pendant quatre ans pour ça et rien ne m’a surpris depuis que je suis ici. Tout se passe comme prévu.

Vous avez planché sur votre parcours ?
Je sais à qui je devrai faire super-attention. Au premier tour, je prends un Polonais de 170 kg, voire plus, qui est vif mais que j’ai déjà battu. Mais aux Jeux, ça n’est pas pareil, il faut être un cran au-dessus. Ensuite, ce sera le Kazak ou le Tunisien. Puis au troisième tour, je pense que ce sera le Cubain. Dans l’après-midi en demi et en finale, je ne sais pas qui je vais prendre, je n’ai pas regardé l’autre moitié du tableau. Et en finale, il n’y a plus besoin de se poser de questions. Les informations que j’ai besoin de savoir de mon adversaire, c’est s’il est gaucher ou droitier et ce qu’il fait comme prise.

Un combat se gagne-t-il dès l’entrée sur le tatami ?
On me dit que j’ai un ascendant psychologique sur mes adversaires, mais je n’y pense pas, sachant que je suis le numéro 1 de la catégorie. Moi, je vois le numéro 1, j’ai envie de lui rentrer dedans. L’ascendant, je ne vois pas où il est. Les adversaires vont essayer de tenir debout. Je le sais, j’en suis persuadé. Mais dans ma tête, je suis déjà rodé. Je me dis que j’ai plus la caisse qu’eux. S’il y a une compétition où il faut se mettre minable, c’est bien aujourd’hui.

Vous repensez à votre défaite en 2008 ?
Ce fut une déception, mais elle est loin derrière. Cela m’a juste permis d’avancer. D’avoir une plus grosse palette technique et un peu plus confiance en moi. J’ai acquis beaucoup d’expérience. J’ai pris du poids et de la masse physique. En 2008, je n’étais pas prêt pour des combats tels que celui des quarts de finale. Pour moi, un combat, on fighte, on y va, on se livre. On m’avait programmé pour que ce soit dur, mais on s’est regardé, et je ne m’y attendais pas. Là, je me suis entraîné à ça aussi, j’essaie de tout contrôler. J’anticipe. Si je n’ai pas la manche de l’adversaire, je prends le revers. Si je n’ai pas le revers, je prends un bout de tissu et j’attaque. Les pénalités, on les fera monter quoi qu’il arrive. Aujourd’hui, si je dois gagner avec un shido, je serai fier de l’avoir, ce shido.

Vous ressentez le poids de cet événement ?
Honnêtement, en vrai, je ne ressens aucune pression. Ce qui me fait me sentir bien, c’est que j’ai fait ce qu’il fallait à l’entraînement. Et il y aura la famille et les amis dans les tribunes. Juste le fait de savoir qu’ils sont là, je n’ai pas envie de les décevoir. Ça me lance, ça me met dans une bonne dynamique. Je suis dans ma bulle, je sais ce que je dois faire.

Source + interview intégrale : Ouest France