Foutebol
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Le foot qui s'amuse à réfléchir


JO 2012 : Imagine


Les Jeux olympiques de Londres se sont terminés en apothéose avec une cérémonie de clôture 100% pop/rock, privée de la Reine mais avec la légende du football brésilien Pelé, pour un passage de relais en samba aux Jeux de Rio 2016. Le portrait de John Lennon reconstitué au centre du stade Olympique + la musique d'Imagine résonnent dans ma tête. Pour longtemps, je crois.


You may say, I'm a dreamer, but I'm not the only one

Imagine, dans les compétitions les plus dures, gagner avec modestie et perdre de bonne grâce.

Imagine, comme Michael Phelps, être le nageur le plus titré de l'histoire et garder une réserve d'étudiant timide.

Imagine, comme Usain Bolt, faire rire et faire vibrer en même temps, sans tomber dans le cabotinage arrogant.

Imagine faire preuve d'un talent unique et monter sur dix podiums sans insulter la terre entière à la moindre anicroche avec le public ou la presse.

Imagine jouer des matchs de handball plus haletants que le meilleur thriller sans te livrer aux simagrées mussoliniennes qui ponctuent le moindre but sur les stades de football.

Imagine, comme le Français Mahiédine Mekhissi, arriver second et porter en triomphe ton vainqueur, Ezekiel Kemboi, le surhomme maigrelet venu des hauts plateaux kenyans.

Imagine faire profession d'un sport sans voir derrière chaque performance les chèques qui viennent gonfler les poches des rois méprisants du ballon rond.

Imagine lutter dans des courses féroces et respecter ton adversaire, faire preuve d'un patriotisme joyeux sans déraper dans le chauvinisme.

Les footballeurs, gladiateurs du fric
Les Français à Londres ont fait une belle moisson de médailles. Le plus souvent, cet or et cet argent, au lieu de remplir un compte en Suisse, iront décorer une étagère de la gloire dans un salon sobre.

En adoptant la morale mafieuse des marchés financiers, avec ses tricheries permanentes et son obsession fiscale, le foutebol a ravalé ses joueurs au rôle de gladiateurs du fric. Pour eux, l'important n'est plus de participer mais de toucher.

Au moment où l'argent a dégradé jusqu'à l'âme du sport, la fête de Londres vient corriger - un peu - les lois de la jungle de la modernité sponsorisée. Or, en ces temps de crise financière, grave et lourde, la question des valeurs liées au sport se pose, plus fortement que jamais.

Tu peux dire que je suis un rêveur, m'en fous, I'm not the only one.
;)

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Texte largement inspiré de l'Edito de Laurent Joffrin partagé sur FB par Marion Aydalot