Foutebol
Foutebol
Le foot qui s'amuse à réfléchir


Highway Vairelles


Tony Vairelles est en prison. Grandeur et décadence d'une ex-star du Foutebol lancée à fond de balle sur l'autoroute de l'enfer.


Au-delà du jeu de mot à deux balles - qui me vaudra un carton jaune à la prochaine conférence de rédaction - je ne te cache pas que ça fait du bien de voir qu'un peu de rock'n roll souffle encore sur les braises d'un foot français un peu trop propret sous les aisselles, ami lecteur. A l'heure où les anciennes stars nous gratifient d'une retraite souvent lénifiante (genre consultant Canal en uniforme doudoune branchouille ou "bon père de famille-la-morale" (à la ZizouThuram), on commençait à étouffer de cette dégoulinance bien-pensante. Le foot, y'a pas, c'est aussi de la sueur, du rock, du gaz, des copains et des fiestas et voilà qui est bel et bon qu'une ancienne gloire se retrouve enchristé, en prison, zou. I know, It's only rock'n roll, but I like it.

Livin' easy, lovin' free

"Highway to hell" est le sixième album d'AC/DC. Sorti en 79. Le dernier avec Bon Scott en tant que chanteur. En effet, celui-ci décèdera moins d'un an plus tard. Pas d'une chute de cheval ou d'un accident de golf mais d'une bonne vieille overdose à l'ancienne. Une overdose d'alcool, je précise. Pas banal, pour l'époque. Trop picolé donc et asphyxié par ses propres vomissements dans une voiture (une Renault 5, pour l'anecdote). Highway to hell, c'est l'histoire d'un type dans un rade qui n'a besoin de rien, qui fucke la terre entière et vit libre, à fond les ballons - livin' easy, lovin' free. L'esprit , l'essence, l'âme du rock'n roll irradie cet hymne de toute une génération.

A l'heure où les historiens nous beurrent un peu la raie pour savoir si les vraies origines du rock'n roll sont signées Elvis avec That's All Right (Mama) ou Bill Haley avec son Rock around the clock Foutebol date au carbone 14 l'origine du rock'n roll tendance metal/moderne avec cet hymne reconnaissable entre mille, terreur des dance floor à 3 du mat', premier opus d'un album que l'on peut légitimement aujourd'hui considérer comme la pierre angulaire du metal actuel (et pierre tombale de son chanteur).

BON SCOTT
De son propre aveu, le surnom de « Bon » Scott vient de « Bonny » (osseux) du fait qu'enfant, Bon devait régulièrement se battre dans la cour de l'école pour se faire respecter par les autres élèves qui se moquaient de son accent écossais. Cette période l'avait beaucoup endurci et il était devenu donc « dur comme un os » (Bone, en anglais). Yes ! Pas besoin d'être sorti de Saint-Cyr pour voir l'analogie avec Tony Vairelles, originaire de la communauté gitane. Dans la cour de l'école, ça devait pas être rose tous les jours ! Pour s'en sortir, le petit Tony Vairelles a compris un truc : si t'es bon en foot, tu es moins emmerdé dans la cour de l'école. Et donc, il joue au foot toute la journée, soirée, matinée, et marque des buts, des buts et des buts ! Tonygol is born. Il débute donc sa carrière à Nancy (1991-95). Élu meilleur joueur de D2 en 1995, il explose sous les couleurs du RC Lens. La véritable histoire d'amour avec le stade Bollaert dure quatre saisons (1995-99) au cours desquelles "Tonygol" remporte le titre de champion de France 1998 et la Coupe de la Ligue 1999. Ses grosses perfs lui valent d'être appelé huit fois en équipe de France entre 1998 et 2000. Vairelles inscrit un but sous le maillot Bleu mais il pâtit d'une sévère concurrence (Henry, Trezeguet, Anelka...) et n'est pas retenu pour l'Euro-2000. Il connait ensuite une carrière beaucoup plus hachée (Lyon, Bordeaux et Bastia avant de revenir à Lyon). Lyon où il remporte quand même un second titre de champion de France en 2003.

"HIGHWAY TO HELL"
2009 : Tony et sa famille s'entichent de reprendre le FC Gueugnon. Ils vont y perdre de l'argent. Énormément. Dans un entretien accordé à L'Equipe, Tony explique : "J'étais prêt à continuer si tout le monde me suivait. Mais j'ai été obligé de dire stop. Les collectivités locales n'ont pas tenu leurs engagements. Si je n'avais pas remis 250 000 euros de ma poche l'été dernier, le club n'aurait pas redémarré la saison; J'avais clairement expliqué que je remettrais 250 000 euros de mon argent personnel pour terminer la saison et boucler le budget. J'ai senti qu'on ne me suivait pas et que ce serait à fonds perdus." Tony Vairelles commence sa descente aux enfers. Highway to hell.

Un peu d'écoute

Jeeee sais, tu connais par coeur, mais prends le temps de t'envoyer une nouvelle fois dans les oreilles ce tube en titane expansé.

Bon Scott est mort à 34 ans

Il ne fait donc pas partie du fameux "club des 27". En effet, ami lecteur, une funeste malédiction frappe le rock'n roll à travers les siècles. Le club des 27 est le nom donné à un groupe d'artistes influents du rock et du blues décédés à l'âge de 27 ans (Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin et Jim Morrison entre juillet 1969 et juillet 1971. Kurt Cobain fut par la suite ajouté à la liste à sa mort en 1994. Pour Charles R. Cross, biographe de Kurt Cobain et de Jimi Hendrix, « ce n'est qu'à partir du suicide de Cobain que l'idée du club des 27 s'est imposée dans l'inconscient collectif », en référence à la déclaration de la mère du chanteur de Nirvana : « Maintenant, il est parti et a rejoint ce club stupide. Je lui avais dit de ne pas le rejoindre». La cerise sur le gâteau est le récent décès d'Amy Whinehouse. Amy dont le succès mondial Rehab est extrait de son second album studio Back to Black. Les amateurs d'AC/DC apprécieront.
Let there be rock !