Foutebol
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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Gignac-Fillon : droit au but


Taxer les sodas pour colmater le déficit budgétaire en avançant la caution de la santé publique. Il fallait y penser. L'UMP l'a fait. Fillon l'a annoncé. Objectif ambitieux et contradictoire pourtant réussi par l'OM avec Gignac.


Un déficit qui enfle, une politique économique qui fait Pschit ? Une solution simple : taxer les sodas. Idée balancée comme il replace sa mèche par Monsieur Le Premier Ministre, François Fillon, le 26 août. Bon ça mettera juste une rustine sur un pneu de 4x4 qui vient d'écraser une famille nombreuse de hérissons – une recette estimée à 120 millions d'euros pour un déficit budgétaire attendu à plus de 3,5 milliards cette année – , mais c'est bon pour la santé. Cela permettera au moins de faire maigrir une population qui a pris 3 kilos de poids moyen entre 1997 et 2009. Chiffres OMS diffusés et livrés par Matignon.
Donc c'est bien sûr, Mangez, bougez et colmatez le déficit abyssal en faisant rétrécir le tour de taille de l'homme médian. Un demi-centimètre de tour de taille en plus entre 97 et 2009, tout de même. Chiffres OMS via Matignon. Une solution gagnante-gagnante. On taxe le Coca, ça décourage les gros et on ramène un peu de blé. La simplicité, mère de toutes les grandes idées. Fillon égal de Keynes. Sarko le Roosevelt 2.0.


Aspartame et Obélix

Passé ce moment d'euphorie UMPiste, ça commence à devenir bancal. Quand on commence par exemple à se dire qui si les gens maigrissent parce qu'ils boivent moins de sodas, l'Etat gagne moins d'argent.
Nul besoin d'avoir fait les grandes écoles pour faire le simple calcul. Ca claque plus quand c'est quelqu'un qui les ai faites, lui, les grandes écoles, qui le dit. Alors soit, ouvrez les guillemets. Pierre Combris, économiste et directeur de recherche à l'INRA, dans Le Monde : « Si l'on atteint l'objectif de réduction du déficit, c'est qu'on aura collecté beaucoup d'impôts, parce que les gens auront consommé beaucoup de produits sucrés. Et l'objectif de lutte contre l'obésité sera raté. A l'inverse, si l'on atteint l'objectif de santé publique, cela voudra dire que les Français auront diminué leur consommation de sucres. Et si les gens consomment moins, mécaniquement, l'Etat recueille moins de taxes ».
Autre, petit, bémol à apporter à cette belle idée, les bienfaits pour la santé qui restent à prouver. Gérard Bapt, député PS et rapporteur spécial de l'Assemblée nationale sur le budget solidarités, santé et famille estime que cette taxe « pose un problème » car elle « épargne les boissons adoucies par des édulcorants et peut donc conduire à l'augmentation de leur consommation ». Comprenez que la consommation du « light » n'est pas taxée. Ce qui place l'aspartame, dont les bienfaits pour le corps restent à démontrer, en bonne position dans les rayons.


De l'UMP à ADP

La solution miracle apparaît donc quelque peu « light » à la vue édulcorée de cette perspective. Sauf pour un membre de la majorité, à qui la stratégie n'aura pas manqué de happer le conduit auditif. Jean-Claude Gaudin a pu souffler l'idée. En applicant l'innaplicable. Remplir les caisses en combattant le surpoids. Au niveau local, pour un joueur défendant les couleurs du club de foot de sa ville. André-Pierre Gignac.
Un attaquant débauché pour 20 millions d'euros l'an passé et qui était à deux doigts de partir à la moitié de sa valeur au dernier jour du mercato. La faute à un bilan du dernier exercice comptant autant de buts que de kilos en trop. 300 bâtons par mois pour aller foutre en l'air son outil de travail en l'air au McDo, la puntion s'imposait. Une cure à Merano. Soit la petite tape sur les doigts au barème des sanctions. Une mesure pourtant lancée comme un plan phare par le club. « Cette cure doit lui permettre d'avoir un effet starter pour une perte qui est de l'ordre du réglage », expliquait doctement Christope Baudot, ministre de la Santé de l'OM, le 9 août. Le club a des exigences vis à vis de lui qui sont normales pour un joueur de très haut niveau. Lui même d'ailleurs ne nie pas qu'il doit faire des efforts sur le plan nutritionnel. Il se peut qu'il ait pu un peu rechigner mais il ne s'agit en aucun cas d'une sanction, c'est un challenge à relever avec des objectifs précis. » Soit retrouver la forme et justifier son salaire pour relever sa valeur.


Un dîner presque parfait

Après la frappe en force, ADP s'est exercé pendant une semaine à la fourchette légère. Et même si ses dirigeants n'ont pas réussi à lourder leur attaquant qui pèse sur les finances plus que sur les défenses, la version amaigrie du cousin de Poncho Abardonado semble avoir capter la vision de son gouvernement. Dans l'intérêt supérieur de la maison mère, Gignac acquiescait mardi en conférence de presse la volonté de son club d'avoir « un attaquant apte vite physiquement » mais que comme il « n'avait pas pu le faire (NDLR le signer » cet attaquant en fin de mercato (Gyan était espéré), il était prêt à être l'homme de la situation. A se « bouger le cul pour que ce soit moi l'attaquant qui z'attendent » les pontes. Retenant les leçons d'un séjour où « j'ai appris à mieux manger. J'ai aussi des petites potions magiques pour éviter de trop déborder (NDLR : ?!?!?!?). Je me sens plus léger et j'ai aussi réglé quelques petites choses au niveau de ma vie privée qui me permettent d'être serein aujourd'hui ».
Un bilan qui en ferait chialer un Premier Ministre pour service rendu au bien commun. Reste à faire paraître le décrêt d'application, attendu au Journal Officiel dans les prochaines journées. De championnat.