Foutebol
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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Franck Ribéry, bleus et bavarois


Il aurait pu devenir ambassadeur pour Carglass, il a choisi le football.


Blessé dans un accident de voiture à l’âge de deux ans, sa première sortie de route a lieu hors des terrains. Á 12 ans il tape dans l’œil des recruteurs du Lille OSC. Il se fait virer quatre ans plus tard du centre de formation… à cause de ses résultats scolaires. Un premier signe de sa grande clairvoyance sur le pré vert et en dehors du football. Il part faire ses gammes chez les amateurs, d’abord à Boulogne puis à Alès. Il atterrit enfin au Stade Brestois, alors en national comme ses deux précédents clubs.


JEAN FERNANDEZ, LE MENTOR
Jean Fernandez, entraîneur de Metz le repère et lui fait découvrir la Ligue 1 en 2004 à l’âge de 21 ans. Scarface – qui n’a pas encore compris qu’il doit tout à Jeannot – le lâche 20 matchs et 6 mois plus tard pour remplir son compte en banque à Galatasaray. Il garnit au passage son palmarès avec la coupe de Turquie. Il revient en fin de saison en France. Jean Fernandez pas rancunier pour deux sous vient le chercher pour animer l’attaque marseillaise et soutenir Peguy Luyindula censé faire oublier Didier Drogba. On se dit qu’avec Nasri et Ribéry à la baguette ça peut fonctionner pour l’ex lyonnais. En réalité Peguy enterre sa carrière tandis que celle de Francky décolle. Il termine meilleur espoir de Ligue 1 et s’offre le but de l’année face à Nantes. Á 30 mètres plein axe il envoie une frappe barre rentrante sur laquelle Landreau ne peut rien faire. Á la fin de la saison il peut remercier Jean-Michel Aulas pour sa revalorisation salariale. Le président de l’OL lui fait tourner la tête en sortant le chéquier et tente de l’attirer chez les champions de France. Après avoir rompu unilatéralement son contrat avec Galatasaray pour rejoindre la Cannebière, Carglass veut déjà la quitter et rejoindre les berges du Rhône et de la Saône. Pape Diouf, le président marseillais, ne se laisse pas avoir et prolonge le Ch’ti à grands frais. Entre temps, Domenech le prend dans ses valises pour la Coupe du Monde en Allemagne. Toute la France du foot se prend d’affection pour celui qui passe alors pour un gentil benêt couvé par Zidane himself. Franck Ribéry y va même de son petit but face à l’Espagne en huitièmes de finale. Les médias espagnols avaient déjà enterré « le vieux Zidane » et ses coéquipiers. Il n’en fallait pas plus pour réveiller l’homme au crâne doré qui fait passer Xavi pour un pré pubère. Il plante lui-même son but après ceux de Ribéry et Vieira. La France l’emporte 3-1 et se hisse en finale avec la suite que l’on connaît.


Lunettes et caprices

De retour de la Coupe du Monde, Scarface dispute sa seconde saison avec l’OM. Il récidive face à Nantes. Dans les barres se trouve Fabien Barthez - en pré-retraite - qui regarde sa frappe partir en lunette comme il admirait les centres des italiens en finale du mondial six mois plus tôt. Marseille se hisse ensuite en finale de Coupe de France. Manque de bol c’est une nouvelle défaite pour l’OM. Un an après celle face au PSG et la frappe de Dhorasoo, ce sont les sochaliens qui s’imposent aux tirs aux buts. Á la fin de la saison, Aulas qui ne lâche jamais l’affaire revient à la charge pour le débaucher. La grande amitié qui lie le président lyonnais à son homologue marseillais se révèle alors très utile. Pape Diouf vend Ribéry au Bayern Munich pour 30 millions d’euros. Le transfert le plus cher de la Bundesliga avant celui de Mario Gomez quelques années plus tard. Ribéry s’installe définitivement sur « son » aile gauche qu’il revendique en Equipe de France. Malgré la présence de Malouda et une Coupe du Monde remarquable passée sur l’aile droite, il fait des caprices de gamin, persuadé d’être le patron des Bleus maintenant que Zizou a pris sa retraite. Ses performances s’en ressentent. Si au Bayern il flambe, l’EdF ne retrouvera jamais le Ribéry de 2006. Il remporte le championnat d’Allemagne dès sa première saison et termine second lors de la deuxième. Á la fin de celle-ci, le Bayern réalise un autre gros coup sur le marché des transferts et forme la doublette « Robbery » avec l’arrivée d’Arjen Robben. Le gaucher aime jouer à droite et s’entend donc à merveille avec Ch’ti Franck. Avec ses deux électrons libres – lorsqu’ils ne sont pas blessés – Munich envoie du lourd. En 2009-2010, ils remportent la Coupe d’Allemagne, la Bundesliga et se hissent en finale de la Ligue des Champions. Comme en 1999 et la défaite face à Manchester United, le Bayern rate le triplé en échouant face à l’Inter et un doublé de Milito. Ribéry trouve le moyen de manquer cette finale en se faisant expulser en demi-finale face à Lyon.

Survet’-chaussettes-claquettes

Arrive alors le fiasco sud-africain. Passons sur l’entraînement dans le bus, Patrice Evra, le chrono de Robert Duverne, Patrice Evra, la lettre de l’avocat de Toulalan et Patrice Evra. Car Franck Ribéry aurait mérité un Oscar. En pleine polémique entre les « caïds » de l’Equipe de France et le « Bisounours » Yoann Gourcuff, il débarque à l’improviste sur le plateau de Téléfoot en survet-chaussettes-claquettes. Carglass vient dénoncer l’emballement médiatique et clamer son amour pour son coéquipier et meneur de jeu favori. Bien évidemment personne n’y croit. De nombreuses plaintes pour viol auditif sont déposées après avoir entendu les fautes de français de Ribéry et le gentil benêt se fait autant d’ennemis parmi les supporters français que le pseudo capitaine, Patrice Evra. Cette saison s’il brille toujours avec le Bayern, l’Equipe de France n’a pas eu besoin de lui pour se qualifier pour l’Euro. Pourtant un Ribéry à son meilleur niveau parait indispensable aux Bleus. Mais une fois de plus cette semaine il a montré son talent et sa bêtise. Un match brillant et un but face au Real Madrid en demi-finale de Ligue des Champions, puis une altercation avec son coéquipier Arjen Robben. Soyons honnêtes, le bouillonnant néerlandais ne doit pas non plus être tout rose dans l’affaire. Mais le talent de l’ancien marseillais n’excuse pas tout. Que le Ribéry individualiste, vaniteux et inutile de l’Equipe de France laisse la place au Ribéry altruiste, créatif et décisif du Bayern Munich.