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France - Angleterre : Dominer n’est pas gagner


Que s’est-il passé dans la tête des instances de l’UEFA d’avoir placer France-Angleterre à 18h ? Entre derniers dossiers bouclés rapidement au bureau, courses dans le couloir du métro pour rentrer à l’heure chez soi, embouteillages en smart sur le périphérique pour les parisiens, les français ne pouvaient pas être chez eux ni au stade expliquant la majorité d’anglais. Travailler plus, pour gagner plus reste ainsi d’actualité.


Guy Georges surgit de prison

Les médias avaient fait de l’équipe de France, le favori du match, le futur vainqueur de ce derby entre amis de longue date. Avec des bons matchs de préparation, certes contre des équipes ayant des résultats aussi clinquants que ceux du Modem aux législatives, la France apparaît solide. Le duo Benzema-Ribéry se devait d’être performant, tout comme lors de leurs soirées chicha. Laurent Blanc avait sous-entendu que les bleus devaient faire le jeu. Car oui, personne ne croit aux anglais. Avec un entraineur nommé depuis 1 mois, des forfaits en cascades (Barry, Lampard, Cahill), Rooney suspendu et Downing dans le groupe, la confiance n’est pas dans le groupe. Ayant observé l’équipe anglaise en match amical face aux Belges, les coéquipiers de Lescott s’appuient sur sa défense, une récupération haute mais surtout une volonté de se propager vers l’avant, utilisant la vitesse de leurs ailiers et Welbeck.

Guy Georges surgit de prison

Pourtant à la Donbass Arena (ou Bombass Arena avec le nombre de WAGS anglaises), les choses ne se passent pas comme prévu. Timidement mais sûrement, les anglais jouent au football. Récupération haute, ouverture dans le dos de la défense française, profondeur tout de suite recherchée, les coéquipiers de Hart ne font pas de cadeau. Dès la 2ème minute, Rami tricote, perd la balle, se recoiffe, et regarde Oxlade-Chamberlain partir vers le but mais perdre la balle. Premier frisson. Tandis que les bleus enchaînent les corners et chauffent Hart, étonnamment fébrile, les anglais vont passer à quelques centimètres de l’ouverture de la marque. Young, placé juste derrière Welbeck, lance dans la profondeur Milner, laissé libre par l’hologramme d’Evra, crochète Lloris mais voit sa frappe passer à coter. Clichy se marre, Laurent Blanc desserre les fesses.

Le match est étonnamment équilibré. Le bloc français est clairement trop bas sur les actions offensives obligeant Benzema à décrocher. Les hommes de Lolo Blanc basent trop leur jeu sur la verticalité et ne passent pas le double rideau anglais parfait pour contre attaquer. Nasri passe même n°10 pendant quelques minutes préférant dézoner et ne pas tomber sur le solide Ashley Cole. Les français trouvent bien quelques solutions par l’intermédiaire de Ribéry et Debuchy, disponibles sur leurs côtés, mais ce sont les anglais qui frapperont les premiers. Sur une faute idiote de Patrice Evra toujours aussi drôle sur un terrain de football, les british obtiennent un coup franc dangereux. Sur le flanc droit, Gerrard adresse un centre parfait pour la tête de Lescott (sosie officiel de Guy Georges), prend le dessus sur Alou Diarra, trompant à bout portant Lloris (30e-). 1-0, break anglais. Néanmoins, pour la défense des français, avoir un front de 30cm aide beaucoup pour planter un but de la tête.

Le jubilé de Samir Nasri ne débute pas sous les meilleurs auspices. Alou Diarra se dit que c’est le match de sa vie. Toujours aussi bon quand il ne touche pas le ballon, il monte au filet tel un Pete Sampras des meilleurs jours. Le coton tige marseillais vient claquer deux coup de boules Zidanesques (35e), l’un détourné admirablement par Joe Hart et l’autre qui passe juste à côté. Les Français se « rebiffent ». Et là le miracle arrive. Malouda touche un ballon, combine avec le melon de Patrice Evra qui sert Ribéry à l’entrée de la surface. Le Munichois décale le ballon au petit prince de Marseille. Celui-ci ne drible pas mais se rappelle aux bons souvenirs du mur qu’il se fait tout seul et décoche une frappe enroulée des 20 mètres du pied droit trompant le dernier rempart anglais sur sa droite (40e). 1-1. Il répond aux critiques et lâche un superbe « Ferme ta gueule ». Non, on ne parlera pas de polémiques. Il répondait juste aux critiques sur les gants de son ex, Tatiana Golovin, tout au long de Roland-Garros. L’arbitre siffle la mi-temps. Les Coqs bleus ont échappé à l’abattoir.

Les Bleus ne savent pas sauter

Le second acte ne sera guerre passionnant. Basé sur un faux rythme, les Bleus se feront des passes, des passes, des passes et encore des passes. Ils se procureront plusieurs corners, sans danger comme d’habitude. Lloris passe un agréable match et tape la discute avec les stadiers. Loin d’être dominateurs, les coéquipiers du lyonnais se procureront quelques occasions par l’intermédiaire de Benzema (65e), interdit de trainer dans la surface sûrement, sur une praline des 28m. Joe Hart la stoppe facilement. Jonhsnon tente de répondre par une frappe visée (68e). Le jeu se passe au milieu de terrain. Cabaye continue à s’imposer comme le taulier. Il passe même à quelques centimètres d’offrir la victoire aux bleus. Sur un corner pour les Bleus, le ballon arrive sur Ribéry qui dévie du dos pour l’ancien lillois. Le Magpie prépare son pied, rappelant aux plus vieux les frappes d’Olive et Tom, et lâche un missile de demi-volée contré de peu par Welbeck en corner (85e).
Le match se terminera ainsi. Laurent Blanc fera rentrée enfin de la chair fraiche avec Martin et Ben Arfa, oubliant sûrement Menez capable de débloquer un match sur une action personnelle et sûrement intéressant face à deux briscards comme Terry et Lescott. Ben Arfa n’aura même pas le temps de faire le show, Marvin pas le temps de délivrer un ou deux caviars (pourquoi ne pas le mettre à la place de Malouda pour apporter du poids offensif ?).


Fini les matchs face à l’Estonie et autres. L’euro a commencé et la France n’a pas fait une super opération. Néanmoins, les Bleus restent invaincus et seront enfin descendus du bus. On avance au fur et à mesure. Courage !

Charles Chevillard