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Espagne-France : Mission Impossible ?


Mondial 2014 : On va oublier le zéro pointé de la bouffonnerie de match face au Japon vendredi dernier. Ramener un point face à une Roja auréolée d 'un triplé historique. Mission impossible ?



La loi du milieu

Xavi, Iniesta, Xabi Alonso, Busquets: la liste des milieux espagnols donne le vertige et permet de mesurer la difficulté qui attend les Bleus à Madrid. Techniquement et collectivement, un monde sépare les deux équipes. Les Bleus doivent s'attendre à courir derrière la chique durant 90 minutes tout en tentant de boucher les espaces pour empêcher ces décalages meurtriers et les passes géniales dans les intervalles que nos amis Espagnols maîtrisent à la perfection.

Mais au-delà de l'aspect tactique, c'est surtout en terme d'expérience internationale que le gouffre est le plus saisissant : les quatre milieux ibériques cumulent 347 sélections en équipe nationale quand la France et son trio Capoue-Cabaye-Matuidi n'en compte que - uhuhu - 28 (dont 18 pour le seul Cabaye).


Bon courage à la défense !

Qu'ils jouent avec un seul "véritable" attaquant de métier (Villa ou Torres) ou qu'ils s'en dispensent (comme à l'Euro-2012), les Espagnols n'auront pas trop de mal à assiéger la défense française. Pour la charnière Koscielny-Sakho, qui n'a qu'une rencontre internationale au compteur, le défi est immense, voire démesuré. Même si les deux joueurs n'ont pas grand chose à se reprocher contre le Japon (défaite 1-0 en amical, vendredi), le déplacement en Espagne apparaît comme un test ultime pour juger de leur capacité à hisser leur niveau sur le plan mondial.

Koscielny, du haut de ses 5 petites sélections, peut se prévaloir d'une place de titulaire en quart de finale de l'Euro-2012 contre les Espagnols où il n'avait pas été ridicule. Mais Sakho (9 sélections) va lui découvrir un contexte totalement nouveau. Même si la concurrence féroce au PSG semble l'avoir endurci, le Parisien joue à 22 ans une partie de sa crédibilité en équipe de France. Sur les côtés, Debuchy et Evra devront avant tout se concentrer sur leurs tâches défensives et n'auront sans doute guère d'opportunités de se projeter vers l'avant.

Le rôle de Lloris, pas vraiment à son aise vendredi, sera également crucial dans les buts alors que le capitaine français traverse la période la plus délicate de sa jeune carrière et fait preuve d'une certaine fébrilité depuis son transfert à Tottenham.


Les chiffres sont têtus mais résument bien le fossé actuel entre Français et Espagnols.

Depuis ce fameux 8e de finale du Mondial-2006 et la magnifique victoire de la bande à Zizou (3-1), les Bleus ont affronté à 3 reprises l'Espagne, s'inclinant à chaque fois sans jamais trouver le chemin des filets.

Il faut donc remonter au 27 juin 2006 pour trouver la trace du dernier but français contre la Roja inscrit par un certain ZZ.
Pour Benzema et son complice Ribéry, qui auront la haute charge de l'animation offensive côté français, la montagne espagnole sera difficile à gravir même si les champions du monde et d'Europe seront privés de leurs deux piliers en défense, Piqué et Puyol, blessés. Benzema n'a plus marqué en bleu depuis le 5 juin et n'a pu qu'afficher sa frustration après avoir beaucoup gâché face au Japon. Son faible rendement actuel n'inquiète pourtant pas Didier Deschamps, l'attaquant du Real Madrid étant aussi capable de délivrer des passes décisives comme en Finlande (1-0) ou contre le Belarus (3-1).

Reste Ribéry, en pleine bourre avec le Bayern Munich et de nouveau rayonnant en équipe de France. «Francky», l'un des rares joueurs de classe mondiale chez les Bleus avec Benzema, est capable de dynamiter une défense espagnole orpheline de ses cadres. Mais il parait aujourd'hui bien le seul.