Foutebol
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Le foot qui s'amuse à réfléchir


El Niño Torres retrouvé


Le buteur espagnol a fait parler la poudre hier soir conte l'Eire. Résurrection ?


Fernando Torres - Flickr - CC - choonming
Fernando Torres - Flickr - CC - choonming
La première fessée de cet Euro 2012 a été infligée par les champions du monde. Le postérieur gaélique en est sorti de l'Arena Gdańsk tout rouge. Un scoop ? Non bien sûr. Même le profane aurait parié sur une victoire de la Roja. Les Irlandais n'avaient qu'à opposer un courage surdimensionné et les chants remplis d'émotion de leurs supporters. Malheureusement pas suffisant. A ces derniers, il faut tirer un grand coup de chapeau. Identiques, fidèles et entiers dans la victoire comme dans la défaite, ils ont donné une leçon d'humilité et d'amour au monde entier. Car la supériorité des Espagnols n'a souffert d'aucune contestation jeudi soir. La bonne surprise, c'est qu'elle a été déclenchée par un Fernando Torres retrouvé.

Encensé puis décrié

Décrié, montré du doigt depuis deux saisons, El Niño a fait taire tous ses détracteurs. Peut-être avait-il trop gâté ses fans. Transperçant toutes les défenses et inscrivant des buts autant surréalistes que décisif ? Alors ce gros passage a vide dont il a été victime lui a valu d'être la cible de toutes les critiques. Un buteur, tout talentueux qu'il soit, a besoin de confiance, de réussite et aussi d'un peu de chance. Et quand ces trois ingrédients se font la poudre d'escampette, il faut un mental en fer forgé pour s'en remettre. N'est pas non plus Mario Gomez qui veut,. Imprégné de cet esprit germanique insensible au doute. Jeudi soir Fernado Torres a retrouvé le chemin des filets et c'est bien pour le football... mais aussi pour la Roja.

Pas de frappes de loin

Dominatrice de la planète Foutebol depuis quatre ans, l'équipe espagnole base sa force sur un jeu court, rapide, souvent à une touche et très mobile : El Toque. Jusqu'à présent ça a porté ses fruits. Si l'on devait y trouver une faille infime, ce serait cette propension à vouloir arriver à cinq mètres du but avant de frapper. On a commencé à le remarquer face aux Italiens, rompus à tous les systèmes de jeu du monde. Cela pourrait également devenir problématique face à des Allemands sachant avec la même aisance, conserver le ballon, ou attendre leur adversaire pour mieux le contrer. Dans de pareilles circonstances, le profil de Torres semble le plus approprié pour débloquer les situations, si peu que la Roja se trouve en difficulté. Nul doute que l'Espagne aura besoin d'el Niño pour conserver son titre.