Foutebol
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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Echec émeutes pour le foot à Londres, pas en France


Prise par les émeutes à Londres, la Fédération anglaise a décidé d'annuler la rencontre amicale prévue entre l'Angleterre et les Pays-Bas. Une sage décision qui rappelle que le foot n'est qu'accessoire. Mais aussi qu'en 2005, lors de circonstances similaires en France, le ballon n'avait pas cessé de circuler.


Avant, en Angleterre. les émeutes avaient lieu après les matches. Maintenant elles les annulent.

Comme la rencontre Angleterre-Pays-Bas qui était prévue ce mercredi 10 août à Wembley. La veille, la FA annonçait cette décision logique alors que la capitale anglaise prenait feu depuis trois jours.

« Nous sommes un peu déçus, mais principalement en raison de ce qui est arrivé à Londres. Tout le reste n'est pas si important », livrait mardi Franco Baldini, manager de la sélection anglaise. Point d'amertume quant à l'annulation, logique, la police ayant d'autres chats à fouetter. Mais quelques inquiétudes quant à la situation. Comme dans les appels au calme diffusés via les réseaux sociaux par les joueurs anglais.

« Toute l’équipe aimerait appeler au calme et à la fin du désordre actuel. Aidez nous à faire stopper les violences », délivrait les internationaux sur Twitter dans un communiqué commun. Rooney, pourtant pas avare d'un bourre-pif à l'occasion, versait dans l'incompréhension et l'esprit patriotique sur son compte perso : « Ces émeutiers sont des tarés, pourquoi les gens font cela à leur propre pays. Leur ville. C'est embarrassant pour notre pays. Arrêtez s'il vous plait ». Ajoutant à cette profonde analyse sociologique, Rio Ferdinand en appelait lui à l'armée : « Il semble que ces gens n'ont pas de peur ou de respect pour la police... Peut-être que l'armée obtiendra ce respect ». Peut-être. Mais on n'en est pas encore là. L'Angleterre est à un stade qui ne fait qu'appel aux forces policières et à un maximum de précautions, comme celles d'annuler des rencontres de Coupe de la Ligue prévues mardi et d'envisager le report de matches de Premier League qui doit débuter samedi, notamment les rencontres Fulham-Aston Villa et Tottenham-Everton.

Un France-Allemagne pendant l'état d'urgence

Tottenham, là où tout a commencé, samedi soir. Un jeune, semble-t-il armé, y a été abattu par la police et la ville s'est embrasée, comme le pays, où des points d'affrontements étaient à relever mardi soir dans le Nord, à Manchester et Liverpool notamment. Une situation qui rappelle celle qui avait secoué la France en 2005, la surcouche des manifs anti-CPE en moins mais la récession en plus. Après avoir passé leur après-midi à jouer au foot, deux jeunes de Villiers-le-Bel, Bouna Traoré et Zyed Benn, avaient trouvé la mort dans un local de transformation EDF alors qu'ils voulaient se cacher pour échapper à la police. C'était le 27 octobre. Trois semaines d'émeutes avaient suivi, le mouvement s'étendant à tout le pays.

Mais le ballon rond n'avait pas arrêté de rouler dans l'Hexagone, quasiment toutes les grandes métropoles étant pourtant touchées par ces rixes. Les 13e et 14e journées de Ligue 1, respectivement les 29 et 30 octobre et 5 et 6 novembre, avaient ainsi lieu. Tout comme le match de l'équipe de France le 12 novembre, au Stade de France face à l'Allemagne (0-0), bien que l'état d'urgence eut été décrêté le 8 novembre par le Premier Ministre Dominique de Villepin... La trêve des confiseurs pour le ballon rond semble-t-il. Des caramels mous qui avaient dû bloquer les mâchoires des internationaux d'alors, dont la parole ne s'était pas faite entendre. Certes Twitter et Facebook n'étaient pas encore présents, mais les moyens de communications tout aussi répandus. Zidane avait encore une fois fait valoir l'or de son silence.

Seul Thuram, sous sa casquette de membre au Haut Conseil à l'intégration, avait balancé un os à ronger à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, en réclamant « de la justice sociale ». Ce dernier l'avait renvoyé à ses crampons et son train de vie de millionnaire en estimant qu'il « ne vivait plus en banlieue depuis longtemps ». C'est aussi le cas des internationaux anglais qui se sont exprimés.

Mais dans ce pays de foot s'il en est on pense à autre chose depuis longtemps. Ce qui se traduit dans les paroles et les actes.