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Didier Deschamps, un capitaine à la barre du bateau Bleu



Didier Deschamps, un capitaine à la barre du bateau Bleu
Il hérite du chantier déjà bien entamé par le Président mais retardé par les événements que l’on sait à l’Euro. Rien d’insurmontable pour celui qui a été un capitaine et un leader toute sa carrière. Le capitaine de l’OM vainqueur de la Ligue des Champions 93 est aussi l’entraîneur qui lui a amené son premier titre 17 ans plus tard. Celui qui fût le leader de la Juve fin des 90’s reste le coach qui sera retourné les chercher en Série B en 2006. A Monaco on ne présente plus ses exploits et le fabuleux parcours jusqu’en finale de la LDC 2004. Didier Deschamps a réussi partout où il est passé, pourquoi cela ne serait-il pas le cas avec l’EDF ?



Abonné aux finales de Ligue des Champions

Sorti de la Jaunelière en même temps que Marcel « SFR » Desailly, il s’impose dès sa première saison pro dans l’entrejeu des Canaris. C’était en 1985 et en fin de saison, le FC Nantes terminait vice champion de France. Quatre saisons plus tard, il signe à l’OM. Les débuts sont moyens et il file une saison en prêt à Bordeaux pour se refaire une santé malgré le titre remporté en 1990. Il revient en 1992 et s’offre à nouveau la D1. Promu capitaine la saison d’après, il devient le plus jeune joueur avec le brassard à soulever la Ligue des Champions. Il est au premier plan devant Barthez et Boli pour voir ce dernier planter son légendaire coup de boule face au Milan AC en finale. Une saison plus tard, Marseille empêtré dans la tourmente laisse filer son leader à la Juventus. La Vieille Dame cherche un patron pour retrouver la culture de la gagne. Elle l’a trouvé. Avec la Deche, Turin joue trois finales de LDC et en remporte une en 1996. Elle s’offre aussi la Série A en 1995, 1997 et 1998. Fort de son expérience, DD devient en Bleu le relais naturel de Mémé Jacquet sur le terrain. Il lève la Coupe du Monde au Stade de France. Et si chacun d’entre nous connaît par cœur la finale de 98, il faut avouer qu’on a tous ressorti notre coffret France 98 il y a quelques semaines à la mort de Thierry Roland. Merci mon cher Thierry. En 2000, rebelote, l’EDF s’offre l’Euro et la Deche un peu vieillissant se paye la plus belle fin de carrière internationale dont il aurait pu rêver. Lolo Blanc et Bernard Lama s’arrêtent en même temps que lui. La fin d’une époque derrière. Entretemps en club, il a encore garni sa vitrine de trophées avec la FA Cup, remportée à Chelsea. Il n’y reste qu’un an puis dispute sa dernière saison au FC Valence. Il termine sa carrière sur une finale de Ligue des Champions perdue face au Bayern de Lizarazu et Sagnol.


Débuts hésitants

Á peine les crampons rangés, il ressort le survet et le pose sur le banc de l’AS Monaco. Il termine 15ème d’une D1 à 18 clubs en 2001/2002. Une saison de rodage. En 2002/2003, il pose les bases de ce que sera une des plus grandes saisons du club un an plus tard. Il bâtit une équipe solide qui de gauche à droite derrière aligne Givet – Squillaci – Rodriguez – Evra. Rafa Marquez prenant régulièrement la place de Rodriguez avant de quitter le club. Au milieu c’est à l’image du joueur Didier Deschamps. Petit, trapu et besogneux. Bernardi et Zikos étant à peine plus vicelards que l’ex capitaine des Bleus. Devant c’est Shabani Nonda qui pour sa seule saison complète bonifie tous les caviars de Giuly et Rothen pour finir meilleur buteur du championnat. Monaco échoue à la deuxième place derrière l’OL de Paul le Guen. Arrive alors la fameuse année 2004. DD réalise l’un des meilleurs coups de l’histoire du mercato en se faisant prêter Fernando Morientes par le Real Madrid. L’Espagnol arrive et transcende l’équipe monégasque. Elle devient une véritable machine, intraitable derrière et injouable devant. Ibarra est aussi arrivé pour distiller ses coups du foulard et pousser Givet dans l’axe de la défense. L’ASM se balade en championnat et compte même au plus fort de la saison 10 points d’avance sur l’OL. Précisément le soir où Monaco rosse les Gones à Louis II, 3-0 avec un Giuly irrésistible face à son club formateur.


L’épopée monégasque

En parallèle, les rouges et blancs se baladent aussi en LDC. Ils fessent la Corogne 8-3 avec un quadruplé de Dado Prso. Comme quoi celui de Bafé Gomis contre le Dinamo Zagreb n’était pas si farfelu que ça. Et c’est peut-être là le plus grand exploit de Deschamps et Morientes. Pendant une saison, ils ont réussi à nous faire croire que la grande gigasse croate était un redoutable buteur. Mais Monaco ne s’arrête pas là. En ¼ de finale, ce sont les Galactiques madrilènes qui font les frais de la furia rouge et blanche. Morientes plante un but dans les dernières minutes à Bernabeu contre son club. Le but de l’espoir pour les monégasques qui s’inclinent 4-2. Au retour, ils s’imposent 3 buts à 1 et l’emportent grâce à la règle des buts à l’extérieur. Le match créera une légère polémique en raison des propos de Zizou à la mi-temps relayés plus tard dans la presse par Ludo Giuly. ZZ ayant confié à son partenaire en Bleus que les Galactiques étaient plutôt prenables ce soir là. Pour ne pas dire plus. En demies, l’ASM croque les Blues pré Mourinho. Chelsea avait tout de même Claudio Ranieri sur le banc, John Terry, Franck Lampard, Damian Duff et Jimmy Floyd Hasselbaink aux commandes. Mais en finale, conforme à la tradition poissarde du sport français, le rêve de l’ASM se brise. Giuly sort blessé, la belle dynamique des hommes du Rocher se brise et ils sont ramenés à la dure réalité par le FC Porto. Mourinho, Deco, Carvalho, Maniche and co s’imposent d’un 3-0 net et sans bavure. Impitoyables. Monaco termine la saison en roue libre, son avance de dix points fond comme neige au soleil. L’Olympique Lyonnais conserve son titre de champion de France et l’ASM termine même troisième derrière le PSG. Malgré les 22 buts de Morientes, les 18 de Giuly et les 16 de Dado pas trop perso toutes compétitions confondues. Rothen, lui, ne plante qu’une seule banderille mais distribue un nombre incalculable de caviars qui lui valent le surnom de Beckham gaucher. En fin de saison, les dirigeants gèrent très mal leur affaire et laissent leur quatuor offensif quitter le navire. Morientes retourne au Real disputer des Classico face au Barça de Giuly. Rothen file… au PSG. Et Prso dans un club conforme à son niveau, les Glasgow Rangers. Pourtant le capitaine tient la barre. Et avec une attaque Kallon – Adebayor – Saviola, hisse une nouvelle fois le club sur le podium de la Ligue 1. Usé par ces 4 premières saisons d’entraîneur et lassé de l’instabilité qui règne dans le club, DD claque la porte en septembre 2005.


Homme fidèle, homme de défis

Son ancien club, la Juventus, relégué en Série B après le Calciopoli l’appelle au secours en juin 2006. Homme fidèle, la Deche n’hésite pas une seconde et signe un contrat de deux ans. Mission accomplie en une année malgré 9 points de pénalité en début de saison, la Vieille Dame se balade à l’échelon inférieur. Guidée par de glorieux anciens, eux aussi fidèles à leurs couleurs, elle réalise une superbe saison. Del Piero, Buffon, Nedved et Trezeguet se régalent et ramènent fissa leur club en Série A. Derrière ce sont Boumsong, que Deschamps a fait venir, et un p’tit nouveau du nom de Chiellini qui tiennent la baraque. Mais inexplicablement, des tensions naissent entre le coach et sa direction qui ne le retient pas à la fin de la saison. C’est Claudio Ranieri qu’il a dominé deux ans plus tôt en Ligue des Champions qui lui succède sur le banc de la Vieille Dame. DD prend alors une année sabbatique. Homme de défis, il pointe le bout de son nez en 2008 après un Euro catastrophique et une branlée contre les Pays-Bas pour prendre la suite de Domenech à la tête de l’Equipe de France. La Fédé prolonge Raymond pour deux ans supplémentaires. Avec le succès que l’on connaît.


Un trophée à l’OM, 17 ans après

Échaudé, Deschamps revient un an plus tard et 800 kilomètres au Sud de Clairefontaine poser son costard trois pièces à l’italienne sur le banc de l’OM. Et le capitaine qui leva la coupe aux grandes oreilles devint l’entraîneur qui ramena le succès à la Commanderie. 17 ans après l’épopée de 1993, il offre son premier titre à Marseille avec la Coupe de la Ligue 2010. Une fois de plus, il construit une équipe à son image. Travailleuse, solide dans les duels et compacte derrière. Devant il s’appuie sur un Mamadou Niang en pleine bourre et la bonne pioche Mathieu Valbuena. Il laisse Ben Arfa, à l’époque toujours ingérable, de côté et ramène un peu de sérénité sur les bords de la Cannebière. Marseille enchaîne alors les succès. Et Deschamps garnit son CV d’entraîneur qui ne comptait jusqu’ici qu’un titre de champion de Série B et une Coupe de la Ligue. Malgré son brillant passage à la tête de l’AS Monaco, celui-ci s’était au final révélé être une somme de frustrations pour DD avec pour seule fait d’armes cette coupe Banania remportée en 2003. Dans la foulée de la Coupe de la Ligue, la dynamique de victoire permet à l’OM de décrocher le titre de Champion de France 2010. Un titre remporté sur la solidité de son axe Mandanda – Diawara – M’bia. En 2011 et 2012, l’OM, fidèle à son image de club tumultueux connaît des fortunes diverses. Il remplit sa vitrine avec deux nouvelles Coupes de la Ligue et se hisse dans les tours à élimination directe de la Ligue des Champions. Avec notamment l’exploit la saison dernière face à l’Inter Milan suivi d’une défaite en ¼ face au Bayern dans une confrontation où les Phocéens ont été tout sauf ridicules. Tout l’inverse de leur parcours en championnat. L’OM réalise une des pires séries de l’histoire en enchaînant 13 matchs sans victoire pour échouer à la 10ème place de Ligue 1. Deschamps n’est pourtant pas menacé. Mais lassé de ses brouilles avec Anigo, découragé par le peu de moyens financiers promis par Margarita Louis Dreyfus il décide de quitter l’OM à la reprise en juillet. Quelques jours après, il s’engage avec l’Equipe de France. Homme de défis, il est prêt à s’atteler au chantier légué par son Président de copain, Laurent Blanc.