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Dédé Gignac : Un pont entre nous et eux

Une fois n’est pas coutume, je m’aventure sur les terres de mon ami Titus, auteur des Pas Nini sur Foutebol.com dont je vous recommande vivement la lecture puisque c’est drôle.


En dressant le portait d’un joueur dont il me semble qu’il incarne à merveille tout ce qui ressemble à s’y méprendre à un footballeur amateur.
Non pas que je remette en cause ses qualités techniques qui restent celles d’un joueur professionnel. Buteur il est, buteur il restera et si, malheureusement pour lui, il devait descendre d’un échelon dans la hiérarchie nationale, nul doute qu’il remplirait allègrement les filets de bon nombre d’équipes de Ligue 1.


A l’entraînement, par exemple, il est content

Non. Ce qui me frappe chez ce joueur, c’est qu’il est diffèrent de ses collègues, Dans son attitude, dans sa dégaine, dans son discours sans filtre. C’est un peu comme si il s’était retrouvé professionnel par hasard, sans qu’il ne le veuille vraiment.
A l’entraînement, par exemple, il est content, et ça se voit. Il court dans tous les sens, et il n’a qu’une envie, envoyer des énormes boulets dans le but, même si le gardien est à deux mètres. Comme nous. Comme n’importe quel avant centre de niveau départemental. Autre exemple : Hier matin, il portait des socquettes noires, oui oui, des socquettes et cette dégaine tranchait avec l’ensemble de ses partenaires, élégamment vêtus. Comme nous. (Pas l ‘élégance, les socquettes)

Voilà le paradoxe du joueur amateur 

On lui a longtemps reproché ses excès diététiques, coca, cacahouètes et cie. Comme nous, il aime bien l’apéro Dédé et il a raison, c’est chouette l’apéro. Et comme il ne fumait pas et ne buvait pas, il ne voyait pas en quoi c’était grave de manger des cacahouètes. Après tout… Bon, maintenant qu’il sait qu’il vaut mieux manger du dos de cabillaud, il se dit qu’il va retrouver le niveau international et même si rien n’est moins sûr, il aura au moins le mérite d’y croire.
Voilà le paradoxe du joueur amateur : il joue au foot par passion mais il ne met pas tous les atouts de son côté. Par fainéantise, parce qu’il aime faire la fête ou par manque d’ambition. Parfois parce qu’il est lucide aussi.

Dédé Gignac, un gars qu’on paye pour jouer au foot

On pourrait facilement deviner le niveau d‘une équipe de football rien qu’en observant le look de ses joueurs à l’entraînement. Et leur physique. Le footing démarre, le plus vieux est devant, les tempes déjà grisonnantes, un maillot bleu Décathlon en « satin » à 15 euros. Puis suivent les petits gros, en général arrières latéraux, les cuisses solides, le poil abondant. A la traîne, les plus jeunes, maillot du PSG ou de l’OM sur les épaules. Au début, ils vannent à tout va, et puis au retour du footing, au même endroit où on les a vu passer la première fois, ils sont toujours les derniers, mais cette fois, ils ne déconnent plus du tout. Le visage est rouge, boursouflé par l ‘effort et une hygiène de vie douteuse, le souffle court. En gros, ils crachent les clopes et les vodka pamp’ du week end passé.
Si vous ne savez pas quoi faire l’été prochain, amusez-vous à ce petit jeu : Si vous avez l’occasion de voir passer devant vous le peloton d’une équipe de football en train de faire son footing, imaginez le niveau du club rien qu’en observant la dégaine de ces joueurs. C’est rigolo. « Tiens, ce matin, j’ai vu passer une PH ».
Attention, parfois, il y a des pièges. Comme Dédé Gignac, un gars qu’on paye pour jouer au foot. Si ça c’est pas le bonheur !

Posté par le Vendredi 9 Septembre 2011
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