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Debrief Euro 2012 avec Louis Saha


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Debrief Euro 2012 avec Louis Saha

L'Espagne est-elle aujourd'hui sur le toit du monde ?
" Son style de jeu est beau à regarder, elle possède beaucoup de talents, c'est plaisant. D'avoir en plus la constance, c'est extraordinaire. Je n'ai pas souvenir d'avoir vu une plus belle équipe."

Comment est-il possible de passer 4-0 à l'Italie en finale de l'Euro, sans véritable attaque ?
"Déjà, il faut constater que c'est le beau foutebol qui domine et non le physique. Ils sont tactiquement et techniquement en avance, avec leur jeu fait de redoublements de passes. Ça ça fait plaisir. Ça redonne du crédit à ses petits joueurs et ce foutebol de quartier. Que d'espoirs pour ces jeunes, qui ne sont pas aussi costauds que les autres. C'est vraiment une belle image. Ensuite, il faut avoir la bonne philosophie par rapport au foutebol dont on rêve. C'est ce que démontre l'Espagne. Elle adapte sa tactique par rapport aux qualités de ses joueurs. Il existe un véritable équilibre et une rigueur qui permettent à un joueur comme Fabregas, de se retrouver en position avancée. Et donc de pouvoir développer ce jeu qui nous fait rêver."

Qu'est-ce qui est le plus impressionnant dans cette suprématie ?
" C'est déjà d'arriver à confirmer. Ils sont champions du monde, donc attendus partout. Leur foutebol fait rêver,on va essayer de les copier. Malgré cela, ils continuent de maîtriser leur sujet. D'ailleurs, je me souviens d'Iniesta répondre aux journalistes après les quarts, à la question de savoir si le jeu espagnol n'était pas sur le déclin. Et bien pour lui, il n'y avait pas de souci. Ils ont confiance en eux et ça : c'est la base."

Y a-t-il eu un joueur au dessus du lot lors de cette finale ?
" C'est avant tout un collectif, même si Casillas a réalisé des arrêts déterminants. Mais pour moi, c'est Fabregas. Quand on le voit jouer dans la meilleure équipe du monde à un poste d'attaquant qui peut être ingrat, s'armer de patience avant de recevoir le bon ballon et prendre et nous donner autant de plaisir... C'est ce qu'il a compris et s'est adapté très rapidement. Jouer tout seul devant dans un tel système est très éprouvant. Je lui tire mon chapeau."

On peut dire qu'on a assisté à un très bel Euro ?
"Ah oui. Que ce soit en terme de qualité de jeu,d'arbitrage, de respect. Ça amène beaucoup d'émotion. On a découvert également quelques talents. Notamment Jordi Alba et le Tchèque Gebreselassie. Et des confirmations. Moi j'ai adoré Ibrahimovic. L'intensité était également présente, malgré la chaleur. Ce qui n'est pas toujours le cas dans les compétitions internationales où l'on a parfois tendance à s'observer.

L'Espagne est-elle capable de jouer de la même façon quel que soit l'entraîneur ?
" Disons qu'aujourd'hui, on voit rarement Del Bosque se lever pour recadrer ses joueurs. Ils se connaissent par cœur et ont énormément d'expérience. Ils maîtrisent parfaitement la philosophie de jeu. Ça devient facile de devenir sélectionneur espagnol. Il suffirait presque d'aligner onze Espagnols pour devenir champion du monde et d'Europe (rires). Il faut quand même respecter le travail de Del Bosque,mais ne pas oublier Aragones qui a constitué ce groupe. La presse espagnole avait été très critique à l'époque. Tout ce travail réalisé en amont remet bien les choses à leur place aujourd'hui. Ce ne sont ni les journalistes ni les 60 millions de spectateurs qui se prennent pour le sélectionneur qui vont amener cette équipe au plus haut. Mais bien des professionnels qui connaissent leur métier."

Ce 4-0 contre les Italiens minimise-t-il la contre-performance des Français contre l'Espagne ?
"C'était un peu mon sentiment à la fin du match. Je me disais : on a déjoué. A un moment, il faut laisser un peu le respect de côté et croire en ses qualités. On a trop attendu, trop laissé venir et après on est resté sur sa faim. J'avais cette frustration de ne pas avoir lutté. Après, il y avait une tactique mise en place, qu'on a mis un peu de temps à changer. Je reste persuadé qu'il y avait moyen."

Laurent Blanc parti, qui vois-tu lui succéder et pourquoi ?
" Les noms de Deschamps, Le Guen et Giresse circulent. Mais il y a peut-être aussi la carte de l'entraîneur étranger. Pourquoi pas ? Qui amènerait peut-être un peu de respect. Je pense que la décision est déjà prise. L'important est de garder une philosophie de jeu à la française. Espérons que le départ de Laurent Blanc ne déstabilise pas trop les jeunes qui commencent à s'installer. Le choix du sélectionneur va être très important."

Exclusif Live on Google+ TV - Vidéo Bulles diffusée le lundi 2 juillet 2012