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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Comment vit le rugby sur les terrains de Ligue 1 ?


Hormis à Toulouse, Montpellier ou Paris, où le rugby fait jeu égal voire surpasse le foot, dans toutes les autres villes de Ligue 1, l'Ovalie déclenche moins d'enthousiasme que le sport roi. Mais vit plutôt bien à en croire ses dirigeants, bienveillants auprès de leurs homologues du ballon rond qui semblent bien leur rendre.


Foutebol - © Eric Isselée - Fotolia.com
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Le Havre, 1870

Mourants d'ennui, des Anglais venus courir le cachet dans le négoce sortent de leurs bagages une "combinaison" magique. Sorte de mix entre le rugby et le foot, l'activité venue de l'autre côté de la perfide Albion s'implante gentiment. Deux ans plus tard est créé Le Havre Atlethic Club et avec ses deux sections de sports qui deviendront majeures : foot et rugby. Les Marine (pour les étudiants d'Oxford) et Bleu (pour ceux de Cambridge) jettent les bases d'une cohabitation entre les deux frères ennemis, qui perdure aujourd'hui dans les 20 villes qui accueillent une équipe de Ligue 1 à des niveaux très variés (voir ci-dessous). Dans ces cités, le pacte havrais a été brisé. Chacun joue aujourd'hui des pieds ou des mains (au choix) seul pour exister face au compagnon originel.




« On ne joue pas dans la même cour »

Ou plutôt pour se complémenter à l'heure du professionalisme si l'on en croit Yvan Patet, président du Lyon olympique universitaire, le LOU, qui fête cette saison son accès dans l'élite du rugby, le Top 14. « Le foot est un sport mondial. Le rugby, non. Il n'y a pas la même résonnance. On ne joue pas dans la même cour mais il peut y avoir une complémentarité ». Qui permet par exemple au foot et au rugby de ne pas chevaucher leurs évènements. Ainsi, alors que le LOU décrochait dimanche sa première victoire de la saison face au Stade français devant 20 000 personnes, 33 000 spectateurs étaient présents à Gerland la veille pour saluer le retour de Gourcuff et le triomphe face à Nancy. Une situation exceptionnelle dans la capitale des Gaules, qui n'arrivera aux Lyonnais que quatre fois cette saison. « Il y a une étroite collaboration avec l'OL et la ville pour ne pas superposer des grandes affiches », souligne Yvan Patet. Histoire que chacun goûte sa part du gâteau dans une agglomération de deux millions d'habitants. Où les intérêts sont communs. Si le LOU a quitté cette saison son désuet stade Vuillermet pour le tout nouveau Matmut stadium, c'est en attendant de voir sortir de terre le projet porté avec énergie par Jean-Michel Aulas, OL Land. « Nous avons investi 15 million d'euros dans cette structure modulaire car nous devons récupérer Gerland d'ici cinq ans », livre le pragmatique président du LOU.




La moutarde ne monte pas au nez à Dijon

Installés dans leur nouveau stade qui tarde à sortir de terre, les joueurs de l'omnipotent JMA délaisseront ainsi leurs vestiaires historiques au profit des rugbymen, qui transformeront alors leur Matmut stadium en centre de formation et d'entraînement. Et si le voisin olympique septuple champion de France a pu un temps faire de l'ombre aux gentlemen qui pratiquent un sport de brutes, l'écart a été gommé par l'accès à l'élite. « Les résultats de l'OL nous ont mis dans l'ombre d'une certaine manière mais lorsque nous avons accédé au Top 14, ils nous ont plutôt mis dans la lumière car les gens nous regardaient différement », détaille Yvan Patet.

Un cercle vertueux également décrit du côté du Stade dijonnais, vénérable institution qui pointait dans l'élite du rugby français il y a 15 ans et qui défend aujourd'hui les couleurs de la Bourgogne en Fédérale 1, troisième division nationale. « Nous avons d'excellentes relations (avec le club de foot) », témoigne Daniel Gonthier, sécrétaire général du club depuis près de 30 ans, qui rappelle qu'à l'époque dorée du rugby local, « le foot était encore amateur. Les présidents de tous les sports ont bien compris que l'on était plus fort ensemble ». Lui qui vise l'accession à la Pro D2, souligne la force de l'Ovalie dans la région « avec Le Creusot et Chalon-sur-Saône hier ; Nevers et Mâcon aujourd'hui » qui partage l'affiche avec le foot, mais aussi la basket et la JDA Dijon, présent en Pro A. Son budget de 2 millions d'euros n'a pas souffert de la montée en division et donc en puissance des hommes de Carteron.




Buvette, stade et argent pour tout le monde

L'argent. Le nerf de la guerre qui ne semble pourtant pas un sujet de discorde. « On ne touche pas la même cible et on retrouve très peu de partenaires communs au foot et au rugby», évacue Yvan Patet. « Ça a été une interrogation lors de la montée du club de foot, mais le volume de partenariat ne souffre pas car ceux qui mettaient de l'argent hier au DFCO n'ont plus les mêmes retombées pour les mêmes sommes », abonde Daniel Gonthier.

Une donnée financière moins présente au Stade caennais RC, émargeant en Fédérale 3, 5e division nationale. « Nous ne sommes même pas dans les quatre sports majeurs de la région que sont le foot, le hockey, le tennis de table et le basket », estime Dominique Barthélémy, son président. Avec 280 000 euros de budget, il prétend tout juste « au maintien » sportif mais aussi financier. « Si on reste en Fédérale 3 cette saison (NDLR de 240, le nombre de clubs de Fédérale 3 passera la saison prochaine à 160) on peut espérer aller plus haut d'ici deux ou trois ansde manière sereine ». Ses relations avec son homologue du foot sont maigres. « Je ne le connais pas mais nous avons de bonnes relations lorsque nous leur demandons quelque chose ». De la même manière que le LOU a pu disputer des rencontres de Pro D2 à Gerland l'an passé en bénéficiant du savoir-faire de l'OL pour optimiser les retombées, le Stade caennais s'est assis sur l'expertise des footballeurs en avril dernier. Choisi pour accueillir un match du Tournoi des Six Nations moins de 20 ans, Dominique Barthélémy a pu bénéficier de l'aide du Stade Malherbe, version ballon rond. « Ils nous ont mis à disposition le stade de Venoix, utilisé par les jeunes avec la buvette et des bénévoles ». Avec en commun les couleurs, le Rouge et Bleu, celles de Malherbe « qui réunissent tous les clubs de Caen ».


rugby



Nom du club de rugby
Niveau
Ajaccio RC Ajaccien Fédérale 2
Auxerre
RC Auxerrois Fédérale 3
Bordeaux 
Union Bordeaux-Bègles Top 14
Brest 
Brest UCR Honneur
Caen 
Stade caennais RC Fédérale 3
Dijon
Stade dijonnais Fédérale 1
Evian-Thonon-Gaillard
RC Thonon-Chablais-Léman Honneur
Lille
Lille métropole rugby Fédérale 1
Lorient
Rugby Lanester Lorient Honneur
Lyon
LOU Top 14
Marseille
Stade phocéen Fédérale 1
Montpellier
Montpellier HR Top 14
Nancy
Nancy-Seichamps Rugby Honneur
Nice
RNCA Fédérale 1
Paris
Stade Français et Racing-Métro Top 14
Rennes
REC Fédérale 2
Saint-Etienne
CASE Fédérale 1
Sochaux
RC Belfort-Montbéliard 2e série départementale
Toulouse
Stade toulousain Top 14
Valenciennes Rugby Club Valenciennois Honneur


La suite de notre dossier samedi : "Comment vit le football sur les terrains du Top 14 ? "