Foutebol
Foutebol
Le foot qui s'amuse à réfléchir


Colombie mi amor ou mise à mort ?


Cette 43e Copa America s'est montrée funeste à bien des égards la semaine passée. Elle a vu disparaître prématurément les deux monstres continentaux, que sont l'Argentine organisatrice et le tenant et tout puissant Brasil et enregistré l'élimination de la sémillante Colombie.


En conséquence de tout cela, le sympathique général Videla a fait du boudin dans sa geôle, des nuées de supporters de Séléçao ont chu des immeubles de Sao Paulo comme s'il en pleuvait, et l'existence paisible d'un honnête gardien de but s'est salement Salman Rushdisée.
Oui. A l'heure où vous lisez ces lignes, confortablement installé dans votre fauteuil à dossier réglable, un ancien gardien de but plein d'avenir, galope à travers la pampa comme Benny Hill en son temps, poursuivit par une horde de femmes enamourées et de maris jaloux. Lui, Luis Martinez, parce qu'il faut bien le nommer, c'est plutôt une cohorte de moustachus bavant de rage qui lui colle au train.
Vendredi 16 juillet, la Colombie a été battue, par le Pérou. Pourtant assez favoris, plutôt dominateurs mais stériles lors des 90 premières minutes, les partenaires de Mario Yepes ont pris deux pions pendant les prolongations. Sans vouloir incriminer qui que ce soit et abonder dans le sens d'une quelconque chasse à l'homme, il faut bien admettre qu'ils sont un peu pour Luis Martinez quand même.
Bon, bien sûr on ne parle pas ici de bavure à la Arconada. Mais sur le premier, bien que déséquilibré, il se rend coupable d'un relâché de balle fatal à sa défense. Et sur le deuxième, il rate complètement son dégagement du pied, plaçant l'attaque péruvienne dans une position ultra favorable. Et tout ça aux 102e et 112e minutes !

Au moment où la première balle a fait onduler le filet de son but, le bon vieux Luis Martinez a peut-être repensé à celles qui ont interrompu prématurément le destin de son aîné Andrés Escobar. Ce défenseur de l'équipe colombienne avait commis l'insigne erreur de marquer un but contre son camp, face aux États-Unis lors du premier tour de la Coupe du monde 1994. Quelle erreur !
Alors bien sûr, tout cela est de bien triste mémoire et on ferait mieux de ne pas dégoiser avec ce fait tragique, mais on peut simplement en profiter pour rappeler jusqu'où peut aller la connerie. Le gars a été retrouvé avec 12 balles dans le corps, tirées à bout portant à la sortie d'un restau. Le tueur aurait simplement expliqué son geste en prononçant un laconique « Merci pour le but ». (Merci aussi à Hubert Artus et son excellent Don Qui Foot aux éditions Don Quichotte)
Le tueur aurait été libéré en 2005 pour bonne conduite. Et ce n'est pas une bonne nouvelle pour Luis Martinez de savoir ce gars là libre de tout mouvement !


La Rédaction