Foutebol
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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Clochardes



Marie Debray
Marie Debray
Ma petite clocharde

On te laisse là

Oh oui toi la chou à la crème

On peut t’écraser de nos grosses chaussures

Esclave tu n’existes pas

Ta peau avec les traces des pneus

Elle pour ses cheveux détachées

Elle pour refuser de se faire violée

Elle pour sa liberté à exhaler

Elle pour ses doigts sur la peau de l’autre

Elle pour ces lèvres rouges

Ma clocharde au coeur moelleux

"Moelleux", il se demandait ce que ça signifiait

Revenue de la guerre

Ils détournèrent le regard

Des centaines de dizaines de siècles d’apprentissage au silence

Ne pas voir les plaies, ne pas voir les cadavres, ne pas voir !

Juste ne pas voir

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Pourraient-ils lui expliquer pourquoi eux prennent

Ce qu’ils ne donnent pas

Leur façon du sens unique

Oh non tu n’as pas besoin d’être rassurée

Pas toi

Tout le monde sauf toi

Le mal les fascine

Leurs regards sur les ombres dans le mythe de la caverne

Oh tu peux t’en aller

ils ne remarquent pas ton départ

Alors tu gambades dans les champs

Les bras en l’air

Leur gloire est d’être devenus Zombis

Ou si envahis de leurs nombrils

Comprends pas !

Quand tu saignes dans les draps

ils ne savent pas que c’est du sang

Ils ne voient pas

Le mot “privilège” claque comme les cordes du fouet

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En catimini

Prends ma main

Loin des suceuses

Comment veux-tu qu’elles comprennent tes tempêtes ?

Savent-elles ce que c’est la vie de celles qui ne sucent pas ?

Non !

Et garde comme ça brille le joli dans la paume de tes mains

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Tes haillons

La lueur de ton regard

Ma rescapée

Ecorchée, mmmhhhhh tu mouilles

Sa tête sur mon épaule

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Tout ce qui n’accepte pas leur domination c’est l’ennemi

Alors je suis l’ennemie

Ce sont eux qui ont décidé

Dès l’enfance sur la potence

Parce que je suis fille

Poings en l’air

Je ne marche plus

J’avance

Ma tendre clocharde

Ne claque plus d’allumettes

Ma guerrière

Te souviens-tu de ses mots : “Précis, net et noble” ?

Ils te tuent au dedans

C’est la nouvelle technique de la violence moderne

On te détruit dedans

Ca passe mieux auprès du peuple

On est dans ce qu’ils appellent la démocratie

Les esclaves décident de l’être

L’hygiénisme des temps modernes

Nous nous étions souvent demandés pourquoi

ils nous parlaient comme si nous étions débiles

Mais parce qu’une femme est débile dans leur schémas

Et je n’arrive toujours pas à imprimer

Puisque nous ne sommes pas débiles

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C’est pour ça les balles dans le dos

Pas de pitié

Car eux n’ont jamais eu pitié

Les zombie fabriquent des monstres

La prison a été inventée avec la démocratie

Je lui avais offert le cadeau du plaisir

Mmmhhhhh…

Que te dire maintenant ?

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Ce que j’ai écrit en écoutant Booba

La tarétitude des dominants

Décadence dégénérés

La maladie dont Nietzsche parle

Les modernes sont malades

Ils se sont construits sur les cadavres de leurs congénères

Ma clocharde

On n’avait pas le mode d’emploi

Et ainsi tu penches ta tête

Et sois en silence

Ne leur dis pas

Le prendre par-derrière

Pas de pitié

Quand on n’a plus rien à perdre…

Maintenant la belle clochard

N’a plus rien à perdre

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Ma petite clocharde

Tout a été fait pour que tu te jettes par la fenêtre

Ou que tu renonces à ton intégrité

Y’en a des milliers derrière

Des suceuses

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A ta souveraineté

A ta jouissance

Prends l’ourson par la patte

Et cours

Dans le ventre de l’ourson

Y’a le joyau

Serre-le fort contre toi

"L’histoire de mon peuple est triste"

Si tu savais…

Ma clocharde

Porte le regard vers les étoiles

Souviens-toi de cette plage

Tu lui as donné une chance

"Desengano" :

C’est sortir du rêve

Voir les charniers

De ce que l’humain fait à l’humain

Chaque jour

Pour son confort

Ils ont besoin de massacrer des autres

La violence leur fait du bien

Dixit Imitation Game

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Ma clocharde, digne

Tu as respecté le contrat

Booba dit : “Prends les armes avec moi si t’es mon poto,

je ne vais pas chez le docteur, je vais chez le véto”

Oui, traitée en animal

Je n’ai pourtant rien fait de mal

Mais c’es tel destin des negros et femmes

Ils ont besoin de nous lyncher pour se sentir vivre

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J’ai pris les armes

Pour mon poto

Rien de pire que la trahison du poto

Fin d’un monde

Je l’ai regardé dans les yeux,

en me retournant vers lui

Signifiant

Il y a un monde où il y a des valeurs, où les mots ont un sens

Booba dit : “Prends les armes avec moi si t’es mon poto”

Je sens le carquois sur le flanc de ma cuisse

Et quand je t’ai dit le mot “poto”

C’était dans ce monde des valeurs….

Marie Debray