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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Best Of Dossier du mercredi


C'est avec cet article qui traite la montée des clubs de national en ligue 1 que la rubrique du mercredi a comptabilisé le plus de lectures avec 570 visiteurs.


C'est le Valenciennes FC qui démarre en 2005. Sous l'impulsion du « druide » Daniel Leclerc et parachevé avec Antoine Kombouaré aux commandes. «Valenciennes possédait un budget conséquent grâce à son environnement socio-économique » nous confesse Philippe Montanier, actuel entraîneur de la Real Sociedad et à la tête du club nordiste de 2009 à 2011. «Déjà, lorsque j'entrainais Boulogne, je me souviens que les Valenciennois, alors en National, effectuaient certains de leurs déplacements en avion. »


Pascal Dupraz : "un état d'esprit "club"."

Un constat plus qu'une explication. A ranger dans la même catégorie que Valenciennes, le Grenoble Foot 38 et Evian Thonon Gaillard Football Club. Les Grenoblois, sans l'arrivée à leur présidence du groupe japonais Index Corporation, auraient certainement eu beaucoup plus de difficultés à atteindre si rapidement l'élite. On constate aujourd'hui les risques que cela comporte - et la chute qui en découle - sans une nécessaire stabilité ! Ce dont convient Pascal Dupraz, directeur sportif du club savoyard, après en en avoir été longuement l'entraîneur. « L'apport de Danone est indéniable dans notre réussite. D'ailleurs notre accession de National en Ligue 2 était tout sauf une surprise. Pour réaliser un tel parcours, il est nécessaire de conserver un état d'esprit "club". Il permet de garder une ossature pour pouvoir travailler sans relâche. Après, il est évident qu'avec les moyens financiers nécessaires, il est plus facile d'effectuer un recrutement de qualité. »

Philippe Montanier :"L'identité club est prépondérante"

Pour contrarier cette logique, Boulogne (qui est resté deux ans en Ligue 2) et Arles-Avignon n'avaient pas à priori le profil pour s'inscrire dans ce mouvement. Ce qui ne les a pas empêché d'atteindre, eux aussi, l'élite pour la première fois de leur histoire (l'AC Avignon y était parvenu lors de la saison 1975-1976). Témoin privilégié de cet exploit, l'ex entraîneur provençal Michel Estevan ne minimise pas pour autant l'influence financière .  « Le National vit avec ce qu'il a. Il doit trouver ses propres ressources qui émanent la plupart du temps des collectivités. Quand on passe dans le monde pro, les choses deviennent différentes. Les apports des droits TV, entre autres, permettent aux clubs de Ligue 2 de présenter des budgets pour le moins attrayants. Cela permet d'attirer de bons joueurs de Ligue 1, pas finis sportivement et revanchards. » Une explication qui, si elle reste incontournable, n'est pas pour autant suffisante. «  Tout l'environnement d'un club sain et bien géré comme Boulogne, complète Philippe Montanier, a permis de conserver une ossature et des joueurs importants comme Grégory Thill. L'identité club devient alors prépondérante, et permet ensuite d'améliorer l'effectif. »

UN RESSERREMENT DE L’ÉLITE ?

On pourrait avancer également un certain resserrement de l'élite. Pas un formatage ou un certain type de joueurs prédisposés à ce genre de performances. « Je ne pense pas qu'il existe un nivelage par le bas, poursuit Michel Estevan. "Mais plutôt un fossé qui se comble petit à petit. La Ligue 2 devient plus attrayante. Il n'y a qu'a regarder le nombre de joueurs ayant évolué en Ligue 1 qui s'y trouvent. Ceci conjugué avec une dynamique de victoires et d'accession, qui permettent ensuite de franchir un nouveau palier. »




Michel Estevan :"L'exemple type, c'est Bastia"

« L'exemple type, poursuit Michel Estevan, c'est Bastia qui a réussi à faire venir Maoulida et Rothen. Des joueurs d'un tel niveau n'auraient pas accepté de jouer en Ligue 2 il y a quelques années, et n'importe où. » Doit-on en conclure que les Corses seront les prochains sur la liste ? On ne veut être ni prémonitoire ni porte-poisse. Mais en surfant sur une dynamique de victoires et de montée, en disposant de joueurs « revanchards et pas finis », d'un passé footballistique européen et d'un budget qui tient la route (9 M d'euros), l'équipe de Frédéric Hantz, actuellement 3ème, affiche un beau profil...

La Rédaction